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Gravures anciennes

 

La porte St Bernard à Paris vers 1700

Paris - Pont Notre-Dame vers  1750 - reproduction © Norbert Pousseur

Le pont Notre-Dame, vue d'optique, gravure de Jacques Chereau, vers 1750
A noter que le pont est couvert de maisons - à droite, la tour St Jacques

 

Extrait du Magasin pittoresque, année 1846

 

Entrée du Roi Charles IX à Paris par le pont Notre-Dame en 1571.

Recueil de ce qui a été faict, et de l'ordre tenue à la joyeuse et triomphante entrée de très puissant, très magnanime et très chrestien prince Charles IX, etc., etc., le mardy seizième jour du mois de mars M. D. LXXI. — Bibl. royale de Sainte-Geneviève.

Charles IX avait épousé, au mois de novembre 1570, Élisabeth, fille de Maximilien II. On célébra sa rentrée à Paris le 16 mars suivant. Une des plus remarquables stations du cortège fut celle du pont Notre-Dame, aux deux extrémités duquel un arc de triomphe avait été élevé. Sur le premier arc on avait inscrit beaucoup de devises latines ou (i) grecques.
« Lorsqu’on entrait sur le pont, il semblait, dit la relation (1), que ce fussent les Champs-Elysées, tant abondaient partout les ornements les plus magnifiques. À chaque maison se voyait une nymphe ou naïade relevée en bosse. Parmi ces statues, les unes étaient chargées de fruits, les autres de fleurs, d’autres de raisins, d’autres enfin d’épis de blé : ces dernières paraissaient offrir et présenter le blé au roi, pour montrer que l'abondance en toutes choses avait repris en France depuis son édit de pacification. Entre chacune des statues se trouvaient des festons de lierre, et de grandes armoiries du roi, de ses frères, de la reine-mère et de la ville de Paris, le tout dressé et couché avec une symétrie complète.»

Pont Notre-Dame en 1571 - reproduction © Norbert Pousseur
Le pont Notre Dame, avec, tout au long, les façades des maisons décorées
pour l'entrée de Charles IX à Paris

Le dessus, c’est-à-dire le plafond qui couvrait le pont, était un double compartiment de lierre disposé en plateforme ; on y voyait des armoiries, des devises, des ornements de toute sorte.
Au haut du second arc, pour représenter la bonté et la clémence du roi Charles IX, on avait élevé une statue tenant une palme, symbole de la victoire. Cette figure était attachée contre un grand olivier ; elle indiquait allégoriquement comment l’occasion du mariage de Charles IX avec Élisabeth d’Autriche assurait le bien et le repos des sujets. De l’autre côté se montrait le dieu Mars avec un visage félon et cruel : ce Dieu était attaché par une grosse chaîne de fer contre le pied d’un très beau laurier ; il avait son épée, sa cuirasse, toutes ses armes près de lui, ce qui voulait dire qu’elles lui devenaient maintenant inutiles, à cause de la piété, de la douceur et de la débonnaireté du roi. Il faut se rappeler, en effet, que ce prince avait en ce temps accordé une amnistie générale et terminé la guerre en France (édit de Saint-Germain, août 1570). Au milieu de l’arc étaient inscrits les vers suivants :

Charles victorieux, au plus fort de sa gloire,
S’est montré doux, dément et gracieux guerrier,
Ayant attaché Mars et sa grande Victoire,
L’un à un olivier et l’autre à un laurier.

Et pour faire entendre, continue la relation, que cette Victoire retenue et que l’édit de pacification étaient des choses fermes et stables que Sa Majesté voulait garder inviolablement et observer à l’égard de ses sujets, il y avait un tableau dans l’un des côtés, où se trouvait un autel. Sur cet autel on remarquait une pierre carrée signifiant stabilité et fermeté très assurée ; une coupe de vin était répandue sur cette pierre. Au-devant de l’autel paraissait un pontife ayant une mitre en tète et vêtu d’habits sacerdotaux, tenant en l’une de ses mains un agneau prêt à être immolé, et en l’autre un gros caillou dont il était prêt à frapper l’agneau. Cela voulait dire que, tout ainsi que le vin de cette coupe était répandu en terre et que cet agneau était près d’être immolé, de même pouvait être répandu le sang et immolé le corps de celui qui contreviendrait, de quelque façon que ce fut, aux ordres de cet édit de pacification.

Aux quatre coins de l’autel il y avait des boucliers que quatre hommes armés tenaient, parce qu’il n’était pas permis anciennement aux profanes de mettre la main sur la table de l’autel. Ces quatre hommes armés représentaient les quatre maréchaux de France commis et députés pour l’exécution et pour le maintien de cet édit. Au bas de l’autel était écrit :

Fœdus immortale (Pacte immortel).
Et au bas du tableau on lisait deux vers d’Homère,
traduits au-dessous en quatre vers français :
Tout ainsi que ce vin est respandu en terre,
Puisse estre respandu le sang et le cerveau.
Et le corps immolé au lieu de cest agneau,
De celui qui vouldra renouveler la guerre.

De l’autre côté se voyait un château double, dans lequel étaient force corselets, morions, gantelets, rondaches, et autres sortes d’armes, parmi lesquelles les abeilles faisaient leur cire et miel. Gela signifiait qu’on n’avait plus besoin d’armes en France, du moment que l’on observerait bien l’édit de pacification.

Dessous étaient deux vers d’Ovide qui signifient :

Voyez comme tout se réjouit d’une paix heureuse :
Le sang a teint les armes ; maintenant elles sont humectées de miel.

Et plus bas, à même fin, on apercevait pareille sorte d’armes sur lesquelles les araignées faisaient leurs toiles. Dessous, il y avait des vers de Théocrite, et leur traduction :

Là les aragnes font dans les armes leurs toiles,
Signe de seure (sûre) paix et oubli de querelles.

À part cette décoration du pont de Notre-Dame, la fête ressemblait beaucoup à celle qui avait été célébrée lors de l’entrée de Henri II, même dans les détails.

Voir la fiche biographique de Charles IX, sur un de mes autres sites.

 

Pont Notre-Dame vers 1750 - reproduction © Norbert Pousseur
Le pont Notre-Dame au 18ème siècle,
extrait de Paris à travers les siècles, d'Henri Gourdon de Genouillac, édition 1882
Ne subsiste plus qu'un corps de maison.

 

Extrait du Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs
de Pierre Thomas Nicolas Hurtaut, édition de 1779.

Le Pont Notre-Dame. L’an 1412, les Religieux de S. Magloire, Seigneurs Propriétaires de la place qu’occupe ce Pont, permirent à la Ville de le faire large de douze toises (~22m), et d’élever des maisons dessus. Charles VI lui donna le nom  de Pont-Notre-Dame. Ce Prince, le Duc de Guyenne son fils aîné, les Ducs de Berry et de Bourgogne ses oncles, y mirent la première pierre. On stipula dans l’acte de fondation, qu’aucun Orfèvre, ni Changeur n’y pourraient demeurer, de que le Roi  aurait toute Justice et Seigneurie, mère, mixte, impère, et les lots et ventes. Les Religieux de S. Magloire s’opposèrent à l’enregistrement des Lettres du Roi à la Chambre des Comptes ; mais nonobstant leur opposition, elles y furent enregistrées. Ce Pont tomba le 25 de Novembre de l’an 1499, par la faute du Prévôt des Marchands et des Échevins. Il n’y périt que quatre ou cinq personnes : le Prévôt des Marchands et les Échevins furent mis en prison, et condamnés à dédommager les Intéressés. On prit sur l’amende, cent livres parisis, pour être employées à faire dire un Service solennel en l’église de Paris, pour le repos de l’âme des quatre ou cinq personnes qui avaient péri. Les Prisonniers moururent en prison, n’ayant pas assez de bien pour réparer le tort fait aux autres.

En sa place de cet ancien Pont, on commença celui qu’on voit aujourd’hui, et Guillaume de Poitiers, Seigneur de Clérieu, pour lors Gouverneur de   Paris, en posa la première pierre le 28 Mars, que l’on comptait encore 1499, selon l’ancien calcul, et il fut achevée en 1507, ainsi que nous l’apprend une inscription qu’on mit à une des arches de ce Pont : elle était ainsi conçue  :

Soit mémoire que Samedi 10 de Juillet 1507, environ sept heures du soir, par noble homme Dreux-Raguier, Prévôt des Marchands ; Jean de Lièvre, Pierre Paulmier, Nicolas Seguier et Hugues de Neuville, Échevins de la Ville de Paris, fut assise la dernière pierre de la sixième et dernière arche du Pont-Notre-Dame de Paris, et à ce était présent quantité de Peuple de ladite Ville, par lequel, pour la joie du parachèvement de si grand et magnifique œuvre, fut crié Noël et grande joie de menée, avec trompettes et clairons qui sonnèrent par long espace de temps.

Malgré ce témoignage si précis, le Maire et Sauval ont assuré que ce Pont ne fut commencé qu'en 1507, et qu’il ne fut achevé qu'en 1512. Il est chargé dans toute sa longueur de trente maisons d’un côté, et de trente-une de l’autre ; mais ces maisons ne furent finies que quelques années après. Elles sont toutes également élevées et de même structure. Elles étaient ornées sur le devant de grands thermes d’hommes et de femmes, composés à l’ordinaire d’un demi-corps et d’une gaine à trois faces, de laquelle pendaient autant de festons attachés à un grand cartouche, qui servait comme de ceinture à ces thermes. Ces figures portaient sur leur tête des corbeilles remplies de fleurs ou de fruits. Dans les entre deux, on voyait des médaillons relevés en couleur de bronze, qui représentaient nos Rois, et ils étaient accompagnés d'inscriptions qui marquaient leurs noms et leurs caractères. Toutes ces maisons furent ainsi décorées l’an 1660, pour l’entrée de la Reine Marie-Thérèse d'Autriche. Aujourd’hui il en reste à peine quelques vestiges. Aux quatre maisons qui sont aux extrémités de ce Pont, l’on a construit des niches, où l’on a placé, d’un côté, les statues de Louis XIII et d’Henri IV ; et de l’autre, celles de Saint Louis et de Louis XIV.

Au milieu de ce Pont, sont deux pompes qui élèvent de l’eau de la rivière, pour la distribuer à plusieurs fontaines de la Ville. L’une est de l’invention de Joly, et donne trente pouces d’eau ; et l’autre a été inventée par de Manse, et en donne cinquante.
En cet endroit du Pont est une porte d'architecture d’ordre ionique : on voit sur cette porte le bandeau de l’arc, de deux figures en bas-relief, dont l’une représente un Fleuve, et l’autre une Naïade. Ces deux chefs-d’œuvre sont de Jean Gougeon, Sculpteur, dont la réputation est généralement connue. Ces figures étaient autrefois à un édifice du Marché-Neuf, qui a été démoli depuis, pour agrandir la place de ce marché. Au-dessus de cette porte, par laquelle on va à ces deux pompes, est un médaillon où est le portrait du Roi Louis XIV, etc.

Le Pont Notre-Dame est admirable, tant par la solidité, que par la beauté de l’architecture. Sannazard, Vazari, et tous les Écrivains qui sont venus depuis, ont tous assuré qu'il avait été construit sur les dessins de Jean Juconde, ou Joconde,  en François Joyeux, né à Vérone, sur les dessins duquel avait été construit, peu de temps auparavant, le  Petit-Pont de Paris ; ce qui donna lieu à Sannazar de faire cette mauvaise épigramme en l'honneur de Juconde.
Jucundus geminum posuit tibi Sequana Pontem Hunc tu jure poces dicere Pontificem.
Sauval a fort bien remarqué que Sannazar a fait allusion à l'inscription du Pont de Trajan.
Prudentia Augusti vere Pontificis.
Ici Sauval contredit ouvertement tous ceux qui ont dit que le Pont-Notre-Dame avait été bâti sur les dessins de Juconde, et nous assure que les registres du Parlement, ceux de la Chambre des Comptes, et ceux de la Cour des Aides, dirent que ce fut Didier de Felin, Maître des œuvres de maçonner l'entreprise de ce Pont, et que Juconde n’en eut que le contrôle, et la conduite de la pierre qu'on employait à sa construction. Cependant quelle apparence qu’un homme du mérite de Juconde eût été assujetti en France, à suivre les idées et les dessins d’un Maître des œuvres de maçonnerie de la Ville de Paris, alors que, quelque-temps après, il fut appelé pour prendre, conjointement avec Raphaël d'Urbin, et Julien de Saint-Paul, la conduite de la superbe église de Saint Pierre de Rome, en la place de Bramante qui venait de mourir.

Ce fut sur ce Pont que l'lnfanterie Ecclésiastique de la Ligue passa en revue devant le Légat, le 3 de Juin 1590. Capucins, Minimes, Cordeliers, Jacobins, Carmes, Feuillants, tous, la robe retroussée, le capuchon bas, le casque en tête, la cuirasse sur le dos, l’épée  au côté, et le mousquet sur l’épaule, marchaient quatre à quatre, le Révérend Évêque de Senlis à leur tête, avec un esponton ; les Curés de Saint-Jacques- de-la-Boucherie et de S. Côme, faisaient les fonctions de Sergents-Majors. Quelques-uns de ces Miliciens, sans penser que leurs fusils  étaient chargés à balles, voulurent saluer le Légat, et tuèrent a côté de lui un de ses Aumôniers. Son Éminence,  trouvant qu’il commençait à faire trop chaud à cette revue, se dépêcha de donner sa bénédiction, et s’en  alla. Saint-Foix, tom. 2, page. 46.

 

Paris au 16ème siècle - reproduction © Norbert Pousseur
Le pont Notre-Dame au 16ème siècle,
extrait de Paris à travers les siècles, d'Henri Gourdon de Genouillac, édition 1882
Sur cette vue générale de Paris, J'ai marqué en bleu le Pont Notre-Dame,
qui n'est pas, comme on pourrait le penser, celui qui mène à Notre-Dame


 

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Paris - Pont Notre-Dame vers  1750 - reproduction © Norbert Pousseur Pont Notre-Dame en 1571 - reproduction © Norbert Pousseur Pont Notre-Dame vers 1750 - reproduction © Norbert Pousseur Paris au 16ème siècle - reproduction © Norbert Pousseur

 

 

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