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Pékin au 18 et 19ème siècle
(18和19世纪的北京)

 

 

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Plan de Pékin en 1860 - Gravure de 1864 reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Plan de Pékin en 1860, dessiné par le Capitaine de génie Bouvier
gravure publiée en 1864 dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton

Ville impériale ou ville rouge Ville jaune Ville mandchoue Ville chinoise Lac, canaux, fossés
Légende du plan de Pékin en 1860 - gravure reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur

Et en clair :
01 Palais impérial. 02 Temples. 03 Montagne de charbon. 04 Mer du Milieu. 05 Le Peh-Ttang.
06 Pagode impériale(Kwang-min-Tien). 07 Couvents des bonzes. 08 Pagode des examens.
09 Peï-tha-Sse. 10 Grande place. 11 Pont de marbre. 12 Port de Tat-Sing. 13 Porte du Tong-hona. 14 Porte de Hao.
15 porte de Si-houa. 16 Légation française. 17 Légation russe. 18 Légation anglaise.
19 Hôpital des missions de Londres. 20 Ancien observatoire des Jésuites. 21 Yamoun des affaires étrangères.
22 Mission catholique de l’Est. 23 Grenier d’abondance. 24 Mission religieuse russe. 25 Temple de Confucius.
26 Couvent des mille Lamas. 27 Yamoun des Lettrés. 28 Tour de la Cloche. 29 Mission catholique du Nord.
30 Bonzerie et tour. 31 Évêché catholique. 32 Écurie des Éléphants. 33 Temple de Fa-qua ou de Tao.
34 Mer du Nord. 35 Mer des Roseaux. 36-37 Arcs de triomphe de l’Ouest et de l’Est. 38 Magasins des charbons.
39 Temple de l’agriculture. 40 Temple du ciel. 41 Le grand pont. 42 La grande avenue. 43 Passage des Bimbelotiers. 44 Carrefour des exécutions. 45 Terrains en culture. 46 Tong-Tche. 47 Tchi-Koua. 48 Porte de Tong-Pien.
49 Porte de Hai-tai. 50 Porte de Tien. 51 Porte de Chouen-Che. 52 Porte de Pin-Tse. 53 Porte de Si-tche.
54 Porte de Toa-chang. 55 Porte de Ngan-Ting. 56 Porte de Cha-coua. 57 Porte de Tiang-tsu.
58 Porte de Houng-Ting. 59 Porte de Nan Si. 60 Porte de Couan-tsu. 61 Porte de Si-Pien.
62 Grand canal de Toung. tcheou.


Carte en relief de Pékin - Gravure de 1864 reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Pékin d'aptrès un plan un relief
gravure publiée en 1864 dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton


 

extrait de : Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères (des Jésuites)
Lettes écrites à partir de 1701
.../...
Pékin est composé de deux Villes : la première, au milieu de laquelle est le Palais de l’Empereur, s’appelle la Ville des Tartares ; et la seconde, la Ville des Chinois. Elles sont jointes l’une à l’autre, et ont chacune quatre lieues de tour. Il y a une si grande multitude de Peuple, et tant d’embarras, qu’on a peine à marcher dans les rues, quoiqu’elles soient très larges, et que les femmes n’y paraissent point.
Nous allâmes voir la fameuse cloche de Pekin, qui pèse, à ce qu’on nous assura, cent milliers. Sa forme est cylindrique, et elle a dix pieds de diamètre. Sa hauteur contient une fois et demi sa largeur, selon les proportions ordinaires de la Chine. Elle est élevée sur un massif de briques et de pierres de figure carrée, et couverte seulement d’un toit de nattes, depuis que celui de bois a été brûlé.
Nous vîmes aussi l’Observatoire, et tous les instruments de bronze, qui sont beaux et dignes de la magnificence de l’Empereur. Mais je ne sais s’ils sont aussi justes qu’il faudrait pour faire des observations exactes, parce qu’ils sont à pinnules, que les divisions en paraissent inégales à l’œil, et que les lignes transversales ne joignent pas en plusieurs endroits.
Les portes de la Ville ont quelque chose de plus grand et de plus magnifique que les nôtres : elles sont extrêmement élevées, et enferment une grande cour carrée, environnée de murailles, sur lesquelles on a bâti de beaux salons, tant du côté de la Campagne que du côté de la Ville. Les murailles de Pekin sont de briques, hautes d’environ quarante pieds, flanquées, de vingt en vingt toises, de petites tours carrées, à égale distance, et très bien entretenues. Il y a de grandes rampes en quelques endroits, afin que la cavalerie y puisse monter.

Temple de l'agriculture à Pékin - Gravure de 1864 reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Le temple de l'agriculture à Pékin, dessin de Thérond
gravure publiée en 1864 dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton

Temple du Ciel à Pékin - Gravure de 1864 reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Le temple du Ciel à Pékin, dessin de Thérond
gravure publiée en 1864 dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton

Temple de Confucius à Pékin - Gravure de 1864 reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Temple de Confucius à Pékin, dessin de Thérond
gravure publiée en 1864 dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton

 

Description de Pékin tiré du Dictionnaire de géographie universelle de Ennery et Hirth, édité en 1841

PE-KING – (ou Pékin, cour du Nord) ou Chun-thian, chef-lieu de la province de Tchy-li, capitale de tout l'empire chinois, résidence de l'empereur et siège de toutes les autorités centrales, est situé sous 39° 54' latitude Nord dans une plaine sèche, nue, mais fertile sur le Yu-ho, petit affluent du Pé-ho. De loin ses hautes murailles, ses bastions, ses tours lui donnent un aspect imposant, et du coté de l’Est une superbe avenue, pavée sur une longueur de deux lieues, de magnifiques dalles de granit et un arc de triomphe en pierres d'un style grandiose et riche, annoncent dignement l'entrée dans l'immense ville où réside ordinairement le chef du céleste empire.
Pékin, selon le dire des voyageurs, est la plus grande ville du monde ; elle se compose proprement de deux villes : Laotching (vieille ville) ou Wai-lotching ou ville chinoise et King-tching, la ville impériale dite aussi ville tartare ou mandchoue, et de douze vastes faubourgs dont chacun a près d'une lieue détendue.
Les rues de Pékin, surtout celles de la ville tartare, sont droites, très larges, tirées au cordeau, se coupant à angle droit et ont quelquefois plus d'une lieue de longueur. La nuit elles sont fermées par des chaînes et gardées par de nombreux soldats qui les parcourent aussi pendant le jour et maintiennent l'ordre au milieu d'une foule active qui va et vient sans cesse. Les rues ne sont pas toutes pavées, mais soigneusement arrosées pendant les chaleurs, pour abattre la poussière ; elles sont très boueuses pendant la mauvaise saison.
Les maisons sont en général basses et sans fenêtres donnant sur le dehors ; mais le rez-de-chaussée qui soutient l'unique étage, est presque partout une boutique brillamment décorée et ornée de sculptures dorées, dont M. Ellis vante l'habile exécution. Les marchandises les plus précieuses sont étalées avec un goût rare dans ces boutiques.
Les maisons de la ville chinoise ne sont ni aussi brillantes, ni aussi bien bâties que celles de la ville impériale ; du reste, tous les appartements riches et pauvres sont revêtus de papier sur lequel sont peints les sentences les plus remarquables des philosophes et des moralistes. Le papier remplace aussi partout le verre. Les appartements des grands et des riches se distinguent de ceux des autres par leur construction particulière ; ils s'ouvrent tous sur une longue galerie à colonnes et sont brillamment ornés de meubles délicatement sculptés et vernis.

La grandeur de Pékin, qui devint la capitale de la Chine en 1125, sous la dynastie des King, est près du double de celle de Londres, mais elle renferme, dans ses différentes enceintes, des jardins magnifiques et beaucoup de champs cultivés dans la ville chinoise. D'après le père Gaubil, Macartney et Timbowski, sa population élève à 2 millions d'habitants ; quelques géographes, entre autres Malte-Brun, ne lui en accordent que 700,000 ; M. Balbi adopte le chiffre de 1,300,000. On compte à Pékin 33 grands temples, 8 autels consacrés au culte public, un grand nombre de petits temples, plusieurs couvents, dont deux portugais habités par des franciscains, et deux russes dans lesquels résident l’archimandrite et huit moines pris parmi les élèves des séminaires russes et changés tous les quatre ans, 4 mosquées, un hospice des enfants trouvés, 6 grands cimetières et plus de 10,000 palais.

Le King-tching, ou ville tartare, forme un carré presque parfait ; il est entouré de murailles élevées en briques, couvertes de tuiles et assez larges pour que 12 cavaliers puissent y passer de front. On y entre par 9 portes, garnies chacune de deux tours élevées, dont le rez-de-chaussée sert de corps de garde, le premier étage de batterie ; devant chacune de ces portes est une esplanade ou place d’armes. La ville tartare est divisée en trois quartiers également entoures de murs ; le quartier impérial est le quartier central ; il a la forme d'un quadrilatère et se fait remarquer par sa haute muraille recouverte de tuiles jaunes, son fossé garni de pierres de taille, les pavillons qui ornent les quatre angles de son enceinte et les quatre portes qui y donnent entrée.

Le palais impérial, ou Tsu-king-cheng, est immense ;il se compose d'une enfilade de cours ornées de colonnes et de salles magnifiques, et l'on y admire surtout la demeure impériale, appelée demeure du ciel serein, entourée de jardins ; la salle du Taïo-tian (de la grande unité), véritable salle du trône où l'empereur reçoit, lors des grandes solennités, les grands de l'empire et les ambassadeurs étrangers, et qui est précédée d’une cour magnifique, où l'on a accumulé tout ce que l'architecture offre d'ornements riches et splendides ; le portique, nommé Touan-men, les deux temples Thai-miao, dans lesquels on vénère les ancêtres des empereurs mandchous, le temple de Che-tsu-than, consacré au dieu qui préside à l'agriculture. Dans la seconde enceinte du King-tching on voit des jardins et des cours qui servent également à l'empereur, et où la main des hommes a creusé des lacs artificiels; un superbe temple, consacré à Fo (Bouddha), dans lequel on révère ia statue du dieu, haute de 60 pieds et coulée en bronze doré ; le temple de Soung-tchou-za, destiné au culte lamaïque et habité par le Koutoukhtou, qui est le premier des trois grands-prêtres de cette religion résidant à Pékin et a sous sa surveillance l'imprimerie des livres de prières tibétains, dont le bâtiment se trouve à côté du temple ; on y voit encore cinq collines artificielles, dont la plus élevée est appelée montagne resplendissante, plusieurs palais, des salles de spectacles et de concert, bâties par l’empereur Khianloung, et un pont de jaspe noir jeté sur un large canal qui a, dit le père Magalhaens, la forme d’un dragon dont les pieds forment les piles. Le quartier dont nous parlons est appelé Houang-tching ; il est habité presque exclusivement par des gens au service de la cour et par des marchands privilégiés auxquels on a concédé le droit d’y ouvrir boutique. Dans cette enceinte, ainsi que dans la troisième, se trouvent un grand nombre de temples, de tribunaux, de palais et d'autres édifices publics très remarquables. Le plus fameux de ces temples est celui de Tiwang-miao où sont religieusement déposées les tablettes des plus illustres empereurs qui, depuis Fou-hi, ont régné sur la Chine ; son entrée est décorée de deux grands arcs de triomphe. Enfin nous devons encore citer le temple élevé dans le collège impérial à Confucius, auquel on rend des hommages et fait des sacrifices au nom de tout l'empire. Son entrée est également flanquée de pay-sang ou d'arcs de triomphe, constructions destinées à honorer tous ceux qui ont rendu des services éminents à l'État. La salle principale de ce temple est précédée d'un grand nombre d'autres où l'on rend hommage à 97 sages et philosophes de la Chine ; dans une salle plus rapprochée sont déposées les tablettes de dix illustres savants ; puis l'on arrive dans celle où sont les tablettes de Meng-tseu et des trois principaux disciples de Confucius, et enfin l'on entre dans le sanctuaire qui contient les tablettes du grand réformateur chinois et où on lit cette inscription : « Lieu où l'on honore l'ancien et très sage maître Confucius. »

Le Wai-lo-tching, ou ville chinoise, a la forme d’un carré oblong et est entouré de hautes murailles. Son principal édifice est sans contredit le temple du ciel ou Thian-chan, dont le mur extérieur a plus de 5000 mètres de circonférence. Il se compose de plusieurs parties aussi grandioses que richement ornées et qu'on regarde comme les plus belles constructions de l'architecture chinoise. Ces différentes parties sont : le temple circulaire qui représente le ciel, dont l'intérieur est une vaste salle couverte d’or et d’azur, ornée de 82 colonnes et surmontée d’un triple toit, dont le premier est couvert de tuiles vertes, le second de tuiles jaunes et le toit supérieur de tuiles bleues. On conserve dans un autre temple, appelé la salle ronde, la tablette sur laquelle est inscrit le nom du dieu supreme ; dans un troisième qui a la forme d’un massif rond à trois étages, est exposée tous les ans, le jour du solstice d’hiver, la tablette de l'empereur Chang-ti, devant laquelle l'empereur vient offrir un sacrifice au ciel. L'empereur se prépare à ce sacrifice par trois jours de jeûne qu’il passe dans un quatrième temple appelé Tchaï-koung, ou palais de retraite et de pénitence, auquel est attachée une troupe de 500 musiciens. A l'Ouest du Thian-chan est situé un autre temple, également fameux dans les traditions chinoises : c’est le Siang-non-than ou temple de l’inventeur de l’agriculture ; l'empereur vient au printemps de chaque année dans son enceinte étendue sacrifier au ciel et satisfaire à l'ancienne tradition chinoise en labourant lui-même un champ. Enfin citons encore le temple de Ti-than, situé dans un des faubourgs de Pékin et où l'empereur vient sacrifier à la vertu de la terre.

L'industrie de Pékin est très active et très variée ; la ville renferme des manufactures de toutes espèces, mais surtout des fabriques d’objets de luxe à l'usage de la cour et des hautes classes de l'empire. Ses ouvrages en or, en argent, en plumes, sa bijouterie, ses meubles sont très recherchés, et son commerce, bien que ce ne soit qu'un commerce intérieur, aussi considérable qu’étendu. Le grand canal impérial qui traverse la capitale favorise ce commerce, ainsi que l'approvisionnement de la ville, qui est exemplaire et auquel le gouvernement porte la plus grande attention. Il existe à cet effet d'immenses magasins de riz, approvisionnés, dit-on, pour 8 années, et rarement une famine, qui désole quelques provinces de l'Empire, réagit sur la capitale. La police, à la tête de laquelle se trouve un mandarin portant le titre de Général des neuf portes, est très active, et les crimes rares. Comme nous l'avons dit plus haut, les rues sont fermées la nuit et gardées par des soldats, que le son d'un grand nombre d’immenses cloches, sur lesquelles on frappe de temps en temps avec des marteaux, tient en éveil. Malgré la foule qui se croise en tous sens, il y a peu d’accidents dans les rues, où l'on ne rencontre ni cheval ni voiture, car tous ceux qui ne vont pas à pied se font porter en palanquin. Ce n’est qu’aux portes de la ville qu'il existe un autre mode de transport ; ce sont des ânes qu'on y loue à très bon marché et qui vous transportent, ainsi que les légers fardeaux, d’une porte à l’autre.

Les institutions de Pékin : De même que la Chine se distingue avantageusement des autres états asiatiques par sa forte organisation, sa centralisation active et la vigilance gouvernementale qui embrasse jusqu’aux moindres détails de l’administration, de même la capitale se distingue des autres grandes cités de l’Asie par une foule d’institutions publiques qu’on ne retrouve pas ailleurs.
Ainsi nous citerons le han-lin-yuan ou tribunal de l'histoire et de la littérature chinoises, institué du temps des Thang et ayant à la fois un but littéraire et politique. C'est une académie nationale, composée des hommes les plus instruits dans toutes les parties des sciences, mais principalement en littérature, qui nomment les juges et les examinateurs des compositions des lettrés, qui sont chargés de la rédaction des livres utiles, de celle de l'histoire générale de l'Empire et auxquels on confie l'éducation de l'héritier du trône.
Le koue-tsu-kian ou collège impérial est une haute école, où l'on enseigne la littérature chinoise et mandchoue. Dans la tour qui sert d'observatoire impérial sont des instruments assez bons, confectionnés sur les dessins du père Verbiest, qui était au dix-septième siècle président du tribunal mathématique ; on y conserve également les beaux instruments que le roi d'Angleterre a envoyés, en 1793, à l'empereur Khian-loung.
Il existe encore à Pékin une imprimerie du gouvernement, qui publie presque tous les livres utiles et d'histoire, que les libraires de l'empire achètent au taux fixé par l'administration ; elle fait encore paraître tous les deux jours une gazette renfermant les nouvelles des différentes parties de l'Empire, les ordonnances, les promotions, les faveurs accordées par l'empereur, etc.
A côté de cette imprimerie doivent être mentionnés : la bibliothèque impériale, qui, selon Abel de Rémusat, renferme environ la matière de 300,000 de nos volumes in 8° ; les cabinets d'histoire naturelle, où, à côté des objets qui y sont renfermés, est placée la peinture de ces mêmes objets, exécutée avec cette fidélité scrupuleuse qu'on a déjà reconnue aux artistes chinois ; le tribunal des médecins, la maison des enfants trouvés, l'hospice pour l’inoculation de la vaccine, les nombreuses écoles publiques ouvertes dans la capitale, les théâtres permanents, divisés en plusieurs étages, sur lesquels différents acteurs jouent en même temps une même pièce avec un étonnant accord de musique et de paroles. Les autres théâtres ne sont que des espèces d'échoppes ; très souvent même les pièces sont jouées dans une cour ou un jardin ; elles attirent toujours beaucoup de monde, car les Chinois sont, comme l'on sait, grands amateurs de spectacle.
Dans les environs immédiats de Pékin est la superbe résidence d'été de l'empereur, appelée Yuan-ming-yuen (jardin rond et resplendissant).

 

Un enterrement à Pékin vers 1860 - Gravure de 1864 reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Enterrement à Pékin dessin de Janet Lange d'après l'album de Mme Bourboulon
gravure publiée en 1864 dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton

 

 

Porte de Pékin - Gravure de 1864 reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Pékin, une porte et ses murailles, dessin de Lancelot
gravure publiée en 1864 dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton

 

extrait de : Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères (des Jésuites)
Lettes écrites à partir de 1701
.../...
Après qu’on a passé la rivière de Fuenho, qui est à l’orient de la ville de Kiam-tcheou, on trouve pendant dix lieues un Pays plat, couvert d’arbres et fort bien cultivé, avec un grand nombre de Villages de tous côtés, et terminé, a l’horizon, par une chaîne de hautes montagnes. On passe par deux villes du troisième ordre, et l’on entre ensuite dans des montagnes, où, en cinq jours de marche, je fis quarante lieues. Je montai presque toujours, et souvent avec peine. Ces montagnes, dans l’endroit où je les ai passées, étaient quelquefois stériles ; mais le plus souvent elles étaient de bonnes terres, et cultivées jusque sur le bord des précipices. On y trouve quelquefois des plaines de trois ou quatre lieues, environnées de collines et d’autres montagnes, de sorte qu’on croirait être dans un bon Pays.
J’ai vu quelques-unes de ces montagnes, coupées en terrasse depuis le has jusqu’au haut.
Les terrasses, au nombre de soixante et de quatre-vingt, sont les unes sur les autres, à la hauteur seulement de trois ou quatre pieds. Quand les montagnes sont pierreuses, les Chinois en détachent des pierres, et en  font de petites murailles pour soutenir les terrasses : ils aplanissent ensuite la bonne terre, et y sèment du grain. C’est une entreprise infinie, qui fait voir combien ce Peuple est laborieux. Je n’ai vu qu’une Ville du troisième ordre dans ces montagnes, mais j’ai trouvé partout beaucoup de Villages et des hameaux sans nombre. J’y ai vu de la faïence comme la nôtre ; on y fait en plusieurs endroits de la poterie, qui se transporte dans les Villes et dans les Provinces voisines. Je me trouvai un jour dans un chemin étroit et profond, où il se fit en peu de temps un grand embarras de charrettes. Je crus qu’on allait s’emporter, s’entredire des injures, et peut-être se battre, comme on fait souvent en Europe ; mais je fus surpris de voir des gens qui se saluaient, et qui se parlaient doucement, comme s’ils se fussent connus et aimés, et qui ensuite s’entraidaient mutuellement à se débarrasser, et à passer. Cet exemple doit bien confondre nos Chrétiens d’Europe, qui savent si peu garder la modération dans de pareilles rencontres.
Quand on vient à la fin de ces montagnes, dont la descente est fort rude, quoique taillée dans le roc, on découvre la province de Honan et le Hoam-ho, c’est-à-dire, le Fleuve Jaune, qui serpente fort loin dans la plaine. Le cours de cette rivière est marqué par des vapeurs blanches, ou par une espèce de brouillard que le soleil attire. Les blés étaient déjà fort hauts dans ces plaines, et les épis tout formés, au lieu que dans les montagnes, et à cinq ou six lieues au-delà, ils étaient en herbe, et six doigts seulement hors de terre,
Je fis quatre-vingts lieues dans cette Province, en marchant toujours dans un Pays plat, mais si bien cultivé, qu’il n’y avait pas un pouce de terre perdu. J’y vis des blés semés à la ligne comme le riz ; il n’y avait que cinq ou six pouces entre chaque ligne. J’en vis d’autres qui étaient semés indifféremment et sans ordre, comme nous faisons en France. Leurs Campagnes n’avaient pas de sillons comme les nôtres.

 

 

La Chine et le Monde en 1800 ? - Gravure reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur
Carte générale du Globe (de la Chine), imprimée à Pékin
(vers 1800 ?)

Plan de la Chine en 1800 ? - Gravure reproduite puis restaurée par  © Norbert Pousseur

1 - PE-TCHI-LI. Pe-King, / 2 - CHAN-SI. Taï-Yuen. / 3 - CHEN-SI. Si-ngan. / 4 - KAN-SOU. Lan-tcheou.
5 - KOUANG-SI. Koueï-lin./ 6 - KOUANG-TONG. Kouang-tcheou (Europ: Canton.) & Fou-kan.
7 - SSE-TCHUEN. Tchuen-fou. / 8 - YUN-NAN. Yun-nan.
9 - FO-KIEN. Fou-tcheou, Tchang - tcheou. Tai-ouan. d'île Formose / 10 - TCHE-KIANG. Hang-tcheou. & Ning-po
11 - KIANG-SOU. Kiang-ning (Europ. Nan-King.) Fou-tcheou, Soung-kiang, Yang-tcheou.
12 - CHAN-TOUNG. Tsi-nan / 13 - HO-NAN. Kaï-fong ; ko -nan. Ville qui est regardée comme le centre de la Chine
14 - YAN-HOEI. An-king & Foun-yang. / 15 - HOU-PE. Ou-tchang. / 16 - KIANG-SI. Nan-tchang.
17 - HOU-NAN. Tchang-cha / 18 - KOUEÏ-TCHEOU. Koueï-yaug / 19 - MOUKDEN. Chin-Yang ou Moukden.
20 - HONG-KONG. aujourd'hui VICTORIA TOWN. (Victoire-Ville) / 21- ILE DE CHUSAN / 22 - ILE FORMOSE

n

extrait de : Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères (des Jésuites)
Lettes écrites à partir de 1701
.../...
La route depuis Pekin jusqu’à la province de Chan-Si, est une des plus agréables que j'aie vues. On passe par neuf ou dix Villes, et entr’autres par celle de Paotim-fou, qui est la demeure du vice-Roi. Tout le Pays est plat et cultivé, le chemin uni et bordé en plusieurs endroits d’arbres, avec des murailles pour couvrir et garantir les Campagnes. C’est un passage continuel d’hommes, de charrettes et de bêtes de charge. Dans l’espace d’une lieue de chemin on rencontre deux ou trois villages, sans compter ceux qu’on voit des deux côtés à perte de vue dans la Campagne,. Il y a sur les rivières de beaux ponts à plusieurs arches : le plus considérable est celui de Lou-ko-kiao, à trois lieues de Pekin. Les garde-fous en sont de marbre et on compte de chaque côté cent quarante-huit poteaux, avec des lionceaux au-dessus en différentes attitudes, et aux deux bouts du pont quatre éléphants accroupis.

 

 

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