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Article sur Chaumont du Dictionnaire de toutes les communes de France - 1851
Augustin Girault de Saint Fargeau - collection personnelle.
CHAUMONT-EN-BASSIGNY, Calvus Mons in Bassiniaco, ancienne et jolie ville, chef-lieu du département de la Haute-Marne (Champagne), chef-lieu du 2e arrondissement et d’un canton. Tribunaux de 1ère instance et de commerce. Société d’agriculture, sciences et arts. Collège royal. Cure. Gîte d’étape. Bureau de poste. Relais de poste. Population 6,347 habitants
Terrain jurassique, étage inférieur du système oolitique.
À 93 km de Troyes, 253 km Sud-Est de Paris. Latitude 48° 6' 13" Nord, longitude 2° 50' 0" Est.
L’arrondissement de Chaumont est composé de 10 cantons : Andelot, Arc-en-Bar rois , Bourmont, Châteauvillain, Chaumont, Clefmont, Suzannecourt, Nogent-le-Roi, St-Blin, Vignory.
Brêve Histoire
Autrefois diocèse de Langres, parlement de Paris, intendance de Châlons, chef-lieu d’élection, bailliage, présidial, justice royale, gouvernement particulier, collégiale, collège, un couvent.
L’origine de cette ville est inconnue. On sait seulement qu’elle portait le nom sous lequel on la connaît aujourd’hui dès 961, époque où Lothaire, roi de France, y passa à son retour de Bourgogne ; ce n’était alors qu’un bourg fortifié par un château. La mort du sire de Chaumont, tué en Terre sainte, fit réunir cette châtellenie au domaine des comtes de Champagne.
En 1190, une chartre du comte Henri II accorda aux habitants de Chaumont la coutume de Lorris. En 1202, une prévôté fut établie dans celte ville , qui commença dès lors à prendre quelque importance. Plusieurs fois les évêques de Langres élevèrent la prétention d’étendre leur suzeraineté sur Chaumont, el l’un d’eux obtint même, en 1214, que la comtesse Blanche, veuve de Thibaut III, lui prêtât hommage pour cette seigneurie.
Le château de Chaumont, qui était alors séparé de la ville et portait le nom de Haute-Feuille, devint une des maisons de plaisance des comtes de Champagne, et fut transformé en un rendez-vous de chasse. Du temps de Belforest,
«On y voyait encore des chambres et salles bien bâties, et qui ressentent leur grandeur, et entre autres il y a encore une chambre qu’on nomme des Demoiselles, et près du donjon on voit une chapelle de Notre-Dame qu’on nomme la chapelle du Roi. On n’habite point de présent dans ce château, si ce n’est les concierges et geôliers, d’autant que ce lieu sert à tenir l’audience des Mrs. présidiaux. »
Il ne reste plus de ce château que les débris d’une tour carrée, bâtie de grosses pierres.
La ville qu’il protégeait augmenta en richesse et en population. Louis XII l’environna de murailles ; François Ier et Henri II y ajoutèrent quelques bastions presque entièrement détruits et de larges fossés aujourd’hui à peu près comblés.
Cependant Chaumont n’est pas tout à fait une ville ouverte ; une porte du côté de Langres et quelques débris de ses vieilles fortifications restent debout. En 1814, les puissances étrangères y conclurent un traité pour renverser Napoléon. Ce traité fut signé le 1er mars 1814, dix-neuf jours avant la rupture du congrès de Châtillon. Jusque-là l’instinct de la peur et une haine commune contre la supériorité de Napoléon étaient les seuls liens qui unissaient les rois coalisés ; à partir du traité de Chaumont, il y eut entre eux une ligue offensive et défensive, cimentée par la foi des serments. Ce fut une ébauche du pacte impie auquel ils osèrent plus tard donner le nom de Sainte-Alliance. Leurs plénipotentiaires étaient : lord Castlereagh, pour l’Angleterre ; le prince de Metternich, pour l’Autriche ; le baron, depuis prince de Hardenberg, pour la Prusse, et le comte de Nesselrode, pour la Russie.
Au terme de l’article 1er, chacune des grandes puissances s’engageait à tenir en campagne contre l’ennemi commun une armée de cent cinquante mille hommes, total six cent mille hommes.
Art. 2, chaque allié s’engageait à ne pas traiter séparément avec l’ennemi commun.
Art. 3 et 4, un subside de cinq millions de livres sterling, fourni par l’Angleterre pour le service de l’année 1814, devait être réparti par portions égales et en termes mensuels entre les trois autres puissances. Les secours fournis ultérieurement par l’Angleterre devaient être convenus le 1er janvier de chaque année, et elle devait payer encore, après la conclusion de la paix, au prorata du subside convenu, deux mois à l’Autriche et à la Prusse, et quatre mois à la Russie, pour le retour des troupes.
Art. 5 et 8, si l’une des puissances était menacée de quelque attaque de la part de la France, chacune devait envoyer immédiatement à son secours un corps de soixante mille hommes, dont dix mille de cavalerie.
Enfin, aux termes de l’art. 16, la quadruple alliance était conclue pour vingt années.
Les armes de Chaumont sont : mi-parti, au premier de gueules à une demi-escarboucle pommelée et fleurdelisée d'or, mouvante du flanc à senestre de la partie ; au deuxième d’azur à la bande d’argent accompagnée de deux cotices potencées et contre-potencées d'or ; au chef d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or.
Situation
Chaumont est une ville généralement bien bâtie, dont les rues sont larges et propres ; quelques-unes sont d’un accès difficile. Pendant longtemps et en raison de sa position, elle manquait d’eau, et on y était réduit à boire celle des citernes ; maintenant douze bornes-fontaines et quatre fontaines jaillissantes, alimentées par une machine hydraulique de l’invention de l’ingénieur mécanicien Cordier (de Béziers), distribuent dans la ville les eaux limpides de la Suize.
Chaumont renferme plusieurs édifices publics, parmi lesquels on remarque :
l’église St-Jean, classée au nombre des monuments historiques, où l’on voit un beau morceau de sculpture de la fin du XVe siècle, représentant le Christ au tombeau, entouré de dix personnes qui l’ensevelissent ou qui le pleurent ; le collège et sa jolie chapelle ; l’hôpital; l’hôtel de ville ; ce dernier bâtiment, d’architecture moderne, est d’une élégante construction.—Celte ville possède un cabinet de physique et une bibliothèque publique, renfermant 35,000 volumes. La partie la plus élevée est entourée de jolies promenades ; celle qui est bâtie en amphithéâtre sur le penchant de la colline, se présente sous un aspect agréable et pittoresque.
On voit, dans la ville haute, une espèce de porte ou d’arc de triomphe assez joli, commencé sous Napoléon et achevé sous Louis XVIII.
A 4 kilomètres de Chaumont, sur le territoire de la commune de Luzy, existait avant la révolution la célèbre abbaye du Val-des-Écoliers , fondée en 1212 par quatre docteurs de Paris, que l’esprit de retraite et de perfectionnement conduisit dans une affreuse solitude ; elle conserve encore aujourd’hui quelque chose-de sombre et de pittoresque.
Industrie. Fabriques de bas de laine drapés à l’aiguille, de gants de peau recherchés, de serges, droguets, draps communs, bougies. Filatures de coton et de laine. Blanchisserie de cire. Tanneries, corroieries et mégisseries. Raffinerie de sucre de betteraves (à Jonchery). — Commerce de fer, coutellerie, gants de peau , bougies, eau-de-vie de marc, etc. — Foires les 14 janvier (3 jours), mardi après Pâques, mardi avant la St-Jean et 1er octobre.
Biographie.
Patrie du célèbre sculpteur Bouchardon.
De l’ex-ministre de la marine Decrès.
Bibliographie.
- Privilèges de la ville de Chaumont-en-Bassigny, contenus en une charte de Thibault, comte de Champagne, de 1228, et par Philippe de Valois, en 1338 (imprimés à la suite du commentaire de Housset sur la coutume de Chaumont, 1722).
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Quelques heures à Chaumont, en septembre 1828, etc. (récit du passage de Mme la Dauphine), in-8, 1829.

Chaumont depuis sa plaine vers vers 1830, gravure par Couché, dessin de P Leury (ou Pleury)
publiée dans La France pittoresque - Abel Hugo - 1835
(collection personnelle).
Article du Dictionnaire universel géographique et historique de 1708 de Thomas Corneille
(collection personnelle) - Il s'agit donc d'une description de la fin du 17ème siècle, vu la date d'édition.
CHAUMONT. Ville de France dans le Bassigny. On l’appelle Chaumont à Calvo monte,et Chaumont en Bassigny, pour la distinguer de Chaumont en Vexin, et de Chaumont en Rethélois. Elle est située sur le penchant d’une colline qui s’étend jusques au bord de la Marne, et il y a Bailliage et Siège Présidial, auquel ressortissent le Bailliage de Bar-sur-Aube, et d’autres Juridictions subalternes. L’audience ordinaire du Bailliage s’y tient, et les Assemblées de la Noblesse s’y font au Ban et Arrière-ban, Il y a aussi Grenier à Sel, avec les Officiers Royaux pour la Gabelle ; des Lieutenants Particuliers aux Sièges des Eaux et Forêts, et des Consuls pour le fait des marchandises. L’église principale dédiée à Saint Jean-Baptiste, est desservie par douze Chanoines et par un Doyen, sans les Chapelains. Ces Chanoines ont été élus de toute ancienneté par le Chapitre et par les habitants, dans les seules familles de la ville, où sont un Hôtel-Dieu pour les malades, et l’église de Saint Michel pour Paroisse.
Sur la rivière de Marne qui coule assez loin des murailles, est la Chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ; la Maladerie ; l’église de Saint Aignan ; et de l’autre côté du mont, la Chapelle de Notre-Dame de Bruxoreilles ; sur le sommet deux autres Chapelles de Notre-Dame, appelées, l’une de Lorette, et l’autre de Recouvrance.
Chaumont n’était autrefois qu’un bourg fortifié d’un Château, qui a eu des Seigneurs particuliers, jusqu’à ce qu’il ait été uni au Comté de Champagne, et depuis au Domaine de nos Rois avec la Champagne. Louis XII entreprit d’agrandir ce bourg, ce qui fut continué par François I et par Henry II qui le munirent de grosses tours, et le fermèrent de fortes murailles. Les Comtes de Champagne ont eu autrefois leur Palais en ce Château, comme le marquent les salles et les chambres magnifiques qu’on y voit, et sur tout celle qu’on surnommé des Demoiselles, et la Chapelle de Notre-Dame, dite la Chapelle du Roy, parce que les Comtes de Champagne étaient anciennement Rois de Navarre. Aussi ce Château est-il fort d’assiette, et si bien pratiqué dans le roc, qu’outre les fossés qui le défendent de toutes parts, on y découvre encore un Donjon et une Tour appelée de Hautefeuille élevée du côté de l’0rient, qu’elle le met à couvert de toute surprise.
André du Chêne, Antiquité des Villes de France.

Chaumont et son viaduc, vers 1880
publiée dans La France illustrée - Malte Brun - 1855 / 1883
(collection personnelle).
Histoire de Caumont
article de 1859 de Félix Bourquelot
in 'Histoire des villes de France' - Aristide Guilbert

Chaumont est situé sur un plateau élevé entre la Marne et la Suize, à une demi-lieue du confluent de ces deux rivières. Il suffit de connaître la situation topographique de cette ville, qu’entoure une contrée de l’aspect le plus sévère et le plus triste, pour comprendre l’étymologie de son nom Mons calvus, Mont chauve.
Au Xe siècle, on ne voyait encore sur ce plateau qu’un bourg défendu par une forteresse ; les chroniques nous apprennent que Lothaire y passa en 951, après la prise de Dijon. Soumis à des comtes particuliers, Chaumont fut une des seigneuries de la maison de Choiseul, et releva des évêques de Langres. Les comtes de Champagne, lorsque Chaumont fut réuni à leurs domaines, lui accordèrent des privilèges auxquels cette ville dut un rapide développement.
Déjà, en 1182, le roi Philippe-Auguste y avait établi une commune, sur le modèle de celle que Louis VI avait concédée aux habitants de Mantes ; les pairs, pares communitatis, occupaient la principale place dans cette organisation. En 1190, Thibault V comte de Champagne, donna aux Chaumontois la coutume de Lorris, concession qui fut confirmée en 1228 par Thibault VI, en 1259 par Thibault VII, en 1292 par le roi Philippe IV, et en 1338, avec quelques modifications, par Philippe VI.
Les comtes de Champagne avaient fait du château de Chaumont, alors situé hors de la ville, une maison de plaisance dont ils aimaient beaucoup le séjour ; la tour de Hautefeuille, qui s’y trouvait comprise, s’élevait à quatre-vingts pieds au-dessus du sol ; il y avait des salles magnifiquement décorées, et une chapelle qu’on appelait la chapelle du roi. Aujourd’hui il ne reste plus de cet édifice qu’une tour carrée. Louis XII entoura la ville de murailles ; François Ier et Henri II la fortifièrent de fossés et de bastions. Presque tous ces ouvrages ont été détruits ; on ne voit plus qu’une porte du côté de Langres et quelques fragments de murs.
Au XVe siècle, l’administration intérieure de la ville de Chaumont, qui avait jadis une prévôté et un bailliage, fut profondément modifiée ; on confia le pouvoir à quatre personnes, dont l’une, sous le nom de procureur, et les trois autres, sous la dénomination de commis, remplissaient les fonctions municipales, avec l’assistance et les conseils d’une assemblée de notables. Les quatre magistrats élus par les habitants exerçaient pendant une année. Cette constitution, qui date de l’an 1469, dura jusqu’au commencement du XVIIe siècle; les noms seulement des magistrats furent changés au XVIe.
Les Chaumontois prirent une part très active aux affaires de la Ligue. Toutes les communes du bailliage qui tenaient pour les Guise formaient une espèce de république, dont Chaumont était le centre d’action : les officiers municipaux de cette ville faisaient assiéger et abattre les châteaux, établissaient des contributions, confisquaient les biens de leurs adversaires politiques ou religieux, et entretenaient une correspondance suivie avec les cités voisines. On a conservé le procès-verbal du serment que les députés de Chaumont prêtèrent à la sainte Union lorsqu’ils se rendirent à Paris en 1558, et diverses lettres écrites au sujet de quelques démêlés qui survinrent entre Langres et Chaumont. Du reste, le fameux Guillaume Rose, évêque de Senlis, avait puissamment contribué à entraîner les Chaumontois dans le parti des Guise. Né à Chaumont en 1542, il était devenu un des prédicateurs les plus fougueux de ces temps de troubles ; aucun peut-être n’exerça, par la fanatique exaltation de son esprit et de son langage, une plus longue et plus funeste influence sur l’esprit des Parisiens.
Au mois de mai 1594, Henri IV rendit un édit portant l’abolition de ce qui s’était passé à Chaumont et la confirmation des anciens privilèges de cette ville. En 1604, il y établit une mairie, et ses lettres patentes furent confirmées en 1610 et 1611 par Louis XIII. En 1710, Louis XIV transféra à Langres la juridiction consulaire qui, en 1564, avait été concédée à Chaumont.
Sous l’ancienne monarchie, Chaumont avait disputé à Langres le titre de capitale du Bassigny : la révolution parut lui donner gain de cause en l’érigeant en chef-lieu du département de la Haute-Marne, et en n’accordant à Langres que le titre de chef-lieu de district. Les Langrois eurent beaucoup de peine à supporter la suprématie d’une ville en réalité moins considérable que la leur ; et, espérant reconquérir leurs droits par la force, ils se présentèrent en armes devant Chaumont, au nombre de deux ou trois cents. Les Chaumontois leur ouvrirent leurs portes et les reçurent dans leur ville ; mais ils ne les laissèrent sortir qu’après les avoir désarmés. La troupe expéditionnaire revint un peu confuse à Langres, où la campagne de Chaumont est restée proverbiale.
Le 1er mars 1814, les souverains alliés, maîtres de Chaumont, y signèrent le traité d’alliance par lequel l’Autriche, la Prusse, l’Angleterre et la Russie s’engageaient à réduire la France à ses anciennes limites : c’était précisément vers le temps où les rois coalisés prenaient cette décision, que leurs plénipotentiaires, réunis à Châtillon, s’y jouaient de la confiance de l’empereur Napoléon en paraissant discuter avec ses ministres les bases d’un traité plus favorable à la France.
Le département de la Haute-Marne renferme 268,398 habitants, l’arrondissement de Chaumont 88,571 et son chef-lieu 6,374.
Chaumont était autrefois le siège d’un présidial et d’un bailliage fort étendu, que régissait une coutume particulière. Deux tribunaux, l’un de première instance, l’autre de commerce, un collège communal et une société d’agriculture, des sciences et arts, sont aujourd'hui les institutions les plus importantes de cette ville.
Chaumont a des fabriques de draps, de bas de laine drapés, de droguets, et des filatures, des tanneries, des corroieries assez considérables.
Ses rues sont bien bâties, larges et propres, mais généralement escarpées. L’église principale est dédiée à saint Jean. L’espèce d’arc de triomphe commencé sous Napoléon et terminé sous Louis XVIII, l’hôtel de ville et l’hôpital, méritent de fixer l’attention. Une machine hydraulique fait monter les eaux de la Suize et alimente les fontaines publiques. De très belles promenades couronnent les hauteurs de la montagne sur laquelle Chaumont est bâti.
Cette ville a donné naissance
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à Jean de Montmirel, évêque de Vaison et référendaire secret du pape Sixte IV ;
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à Guillaume Rose, évêque de Sentis ;
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au père Lemoine ; au sculpteur Bouchardon.
Un auteur y fait naître aussi le vice-amiral Denis Decrès ; mais cet ancien ministre de la marine impériale était de Château-Vilain, commune de l’arrondissement de Chaumont.
De Mangin, Histoire ecclésiastique et civile. — Expilly, Dictionnaire des Gaules. — Quelques heures à Chaumont en septembre 1828. — Montrai, Résumé de l'histoire de la Champagne.
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