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Les villes à travers les documents anciens

Les églises de Lyon au 19ème siècle

 

Lyon comme toute ancienne grande ville de France possède un grand nombre d'églises.
Les voici décrites ci-dessous dans le Guide pittoresque du voyageur en France telles qu'elles étaient alors dans ces années du début de 1800, la publication du guide étant de 1834.

Outre cette page sur le Lyon des temps anciens, voir aussi :

et aussi la carte du département du Rhône en 1883

 


Vue générale de Lyon avec ses églises - Gravure de 1771 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
La ville de Lyon vers 1770, Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
Gravure extraite du Nouveau voyage de France - Georges-Louis Le Rouge MLR) - 1771
Cette gravure montrent les très nombreuses églises implantées dans Lyon
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L'église-cathédrale Saint-Jean

Façade de la cathédrale de Lyon avec colporteur - Gravure de 1834 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur Façade de la cathédrale de Lyon avec cavalier - Gravure de 1855 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
À gauche, gravure de la cathédrale de lyon vue par (Charles ?) Rauch, zoomable en bas de page,
publiée en 1834 dans le Guide pittoresque du voyageur en FranceCette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition,
et à droite, une autre vue par Bareste (?) dans La France illustrée de Malte-Brun, 1855

À noter d'un côté, le colporteur ou voyageur avec son sac, et de l'autre, le cavalier

 

Cathédrale St Jean de Lyon - Gravure de 1855 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
La cathédrale de Lyon dessiné par F.A. Pernot Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
in 'Les beautés de la France" de Girault de Saint-Fargeau - 1855
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Cathédrale Saint-Jean. La cathédrale de Lyon doit son origine à un baptistère fondé par saint Arège au commencement du VIIe siècle, et dédié à saint Jean-Baptiste. Ce baptistère n’était primitivement que l’accessoire de l’église Saint-Étienne, bâtie par saint Patient dans le Ve siècle ; dans la suite, il devint l’église principale, et vers le Xe siècle l’église métropolitaine et primatiale des Gaules. L’église Saint-Jean fut ruinée et rétablie plusieurs fois. Sous Charlemagne, l’archevêque Leyderade la fit réparer. Trois siècles après, on entreprit de la rebâtir telle qu’on la voit aujourd’hui. On y employa plusieurs blocs de marbre et de pierre de choin, tirés des ruines du forum construit par Trajan sur la montagne de Fourvière. Le cloître Saint-Jean fut environné d’épaisses murailles et de tours comme une citadelle.
Le sanctuaire et la croisée sont fort anciens ; mais la grande nef paraît postérieure au siècle de saint Louis. Le portail n’a été achevé que sous le règne de Louis XI ; il présente, au-dessus des deux marches qu’il faut monter pour y arriver, trois portiques de forme semblable et de hauteur différente ; celui du milieu est surmonté d’une vaste rose circulaire. Quatre tours carrées, richement sculptées, flanquent cette basilique : trois sont désertes et entièrement vides ; la quatrième sert de clocher et renferme une cloche du poids de 35,000 livres, qui passe pour la plus grosse qu’il y ait en France.  Deux galeries à balustrades en pierre, et taillées à jour, règnent dans toute la largeur de la façade ; les ornements y sont peu prodigués ; le fronton triangulaire qui la termine en haut offre seul des détails un peu compliqués.
L’intérieur de l’église est d’une grande simplicité ; mais la longueur des nefs, l’élévation des voûtes, la multiplicité des colonnes, la richesse des sculptures, la beauté des vitraux, qui ne laissent pénétrer qu’un jour sombre et mystérieux, donnent à cet édifice un grand caractère de majesté. La grande nef a 79 mètres de longueur dans œuvre, sur 11 mètres 30 centimètres de largeur entre les piliers. Le maître-autel s’élève presque au centre de l’embranchement de la croisée ; il n’est remarquable que par deux croix, qui rappellent que ce fut au concile œcuménique de Lyon, tenu dans cette basilique en 1274, que s’opéra la réunion momentanée de l’église grecque à l’église latine. Autour des petites nefs, règne une suite de chapelles, fondées à diverses époques par les archevêques et par les chanoines de cette église : la plus remarquable est celle fondée dans le XVe siècle par le cardinal de Bourbon ; c’est un des ouvrages gothiques les plus remarquables en ce genre, par la richesse, la variété et la délicatesse de ses ornements.
Dans le bras gauche de la croisée, on remarque une fameuse horloge, chef-d’œuvre de mécanique pour son temps, qui offre un système complet d’astronomie en mouvement. Elle est construite en forme de tour terminée par un dôme, et chargée des ornements de mauvais goût du XVIIe et du XVIIIe siècle. Depuis plusieurs années le mécanisme de cette horloge est dérangé, et sa réparation exigerait, dit-on, des dépenses considérables.

 

La cathédrale de Lyon devant la Saône avec pont suspendu - Gravure de 1834 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Lyon, avec à drpite, la cathédrale St Jean, tableau de (Charles ?) Rauch, publié en 1834 Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
dans le Guide pittoresque du voyageur en France
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La cathédrale de Lyon devant la Saône - Gravure de 1835 reproduite puis restaurée par © Norbert PousseurPresque la même vue que ci-dessus, un peu plus proche, sans le pont suspendu, Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
avec l'église-cathédrale St Jean de Lyon, dessin de Buttura, publié dans La France pittoresque d'Abel Hugo, 1835

 

Intérieur de la cathédrale de Lyon - Gravure de 1841 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Intérieur de la cathédrale de Lyon, depuis la chapelle St Louis - Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
in La France au XIX siècle illustrée par Thomas Allom - 1841
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Lyon, horloge de la cathédrale - Gravure de 1771 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
L'Horloge de la cathédrale St Jean de Lyon, Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
Gravure extraite du Nouveau voyage de France - Georges-Louis Le Rouge MLR) - 1771
Lire aussi l'article sur l' horloge astronomique de lyon
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L'Horloge placé au côté droit du Chœur est une pièce rare dont on fait grand cas, c'est la plus machinale et la plus curieuse qui ait jamais été faite. Elle marque exactement le cours des Astres, et peut servir en même temps de Calendrier perpétuel et d'Astrolabe ; la figure ci-jointe en donnera une juste idée. Quant au dessin du tout, quoiqu’elle soit d'un moindre volume que celle de Strasbourg, elle la surpasse en beauté et en perfection. La première chose qu'on y remarque, c’est un grand Astrolabe selon le système de Ptolémée, dans lequel les mouvements des Cieux sont si bien représentés, que l'on y peut distinctement reconnaître le cours des Astres, et généralement l’état du Ciel à chaque heure du jour. Le Soleil y parait sur le Zodia­que dans le degré du Signe où il doit être, et marque journellement son lever et son coucher, la longueur des jours et des nuits, et même la durée des crépuscules, avec une justesse surprenante. La Lune qui n’y paraît jamais éclairée que du côté qui regarde le Soleil, marque par-là aussi bien que par l’aiguille, son âge ; son accroissement et décroissement insensible, et enfin sa plénitude. Non-seulement les, douze Maisons du Soleil y sont très nette­ment distinguées, mais aussi la division des jours en douze parties égales, qui sont les heures inégales des Juifs, par lesquelles ils avaient coutume de compter. Une grande Alidade qui traverse tout cet Astrolabe, donne le mouvement du Soleil dans l’Écliptique, et marquant de ses extrémités les vingt-quatre heures du jour, indique en même temps le mois et le jour courant, aussi bien que le degré du Signe que le Soleil parcourt ce jour-là. Ce qu’on admire le plus, c’est que pendant que cette Alidade, achevé en vingt-quatre heures son mouve­ment d’Orient en Occident, tout le système et chacune de ses parties conserve ses mouvements particuliers, et toutes les révolu­tions particulières s’achèvent chacune en fon temps sans confusion. La plupart des Etoiles fixes sont posées tout à l’entour selon leur véritable situation ; de sorte qu’on peut voir à toute heure celles qui se trouvent dessus et dessous de l'horizon. Au-dessous de ce merveilleux Astrolabe il y a un. Ca­lendrier pour soixante-six ans, qui marque les années depuis la naissance de Notre- Seigneur, le Nombre d’or, l'Épacte, la Lettre Dominicale, les Fêtes mobiles ; et le tout change en un moment à minuit le dernier jour de l’année.
On y voit aussi un Almanach perpétuel fort ingénieux, qui marque les jours du mois, les ides, les nones, les calendes, la fête du jour, l'Office qu’on doit dire dans l'Église, et le Cycle des Épactes. Dès que le Coq qui est au haut de cette Hor­loge a battu des ailes et chanté, des Anges qui sont dans la frise du petit Donjon, en­tonnent l’Hymne de Saint Jean, Ut queant Iaxis, en sonnant de petites cloches que l'on y a exposées exprès, ce qu’ils font avec une justesse qui donne beaucoup de plaisir.
Les sept jours de la semaine sont représentés par des figures humaines, placées dans une niche ou elles se succèdent les unes aux autres, précisément à minuit, La première figure qui parait le Diman­che, est. un Christ ressuscité, avec ce mot au-dessous, Dominica. La seconde, une Mort, Feria secunda. La troisième, un Saint Jean-Baptiste Ferla tertia. La qua­trième, un Saint Etienne, Feria quarta. La cinquième, un Christ qui tient une hostie, Feria quinta. La sixiéme, un enfant qui embrasse une Croix, Feria sexta. Et la septième,une Vierge parce que ce. jour est consacré à la Mère du Sauveur, Sabbatum.
Au côté gauche de cette Horloge il y a un autre Cadran pour les heures et les minutes, dont la forme étant tout à fait ovale, il faut que l’aiguille qui les indique s’al­longe et se raccourcisse de cinq pouces à chaque bout, et cela deux fois par heure. Cette Horloge fut achevée par Guillaume Nourrisson, et mise en sa place en 1660 par l’ordre du Chapitre. Nourrisson n’en a pas été l’inventeur, il n’a fait que l’enrichir de quelques nouveaux mouvements. C’est un Mathématicien de Bâle, nommé Lippus, qui l’a inventée et faite. On dit que Messieurs de Lyon lui avaient fait crever les yeux, pour l’empêcher d’en faire une pareille, ce qui est une fable débitée pour rendre son Horloge plus admirable ; mais bien loin qu’on l’ait traité si indignement, il  eut une pension considérable jusqu’à sa mort.
La Chapelle des Bourbons d’une sculpture gotique,  est à voir. Elle a été bâtie par le Cardin I Charles de Bourbon, Archevêque de Lyon, qui y est enterré dans un tombeau de marbre. Il a aussi fait bâtir le Palais Archiépiscopal.
On conserve dans le Trésor de cette église une très précieuse Relique, qui lui fut don­née par Jean de France, Duc de Berry ; c’est une mâchoire inférieure de Saint Jean-Baptiste, que l’Évêque de Chalons y porta par l’ordre de ce Prince. On garde dans le même Trésor le Chef de Saint Irénée, Évêque de Lyon, et celui de Saint Cyprien, Évêque de Carthage, outre quantité d’autres Reliques considérables.
Texte extrait du Nouveau voyage de France de Georges-Louis Le Rouge MLR) - 1771

 

Église Saint-Paul. Cette église, située rue de la Poterie, derrière le quai de Flandre, fut fondée vers l’an 549 par saint Sacerdos, archevêque de Lyon ; elle fut ruinée par les Sarrasins, et restaurée sous Charlemagne par l’archevêque Leyderade. On reconnaît le goût de cette époque dans la partie supérieure de l’édifice éclairée par un dôme octogone. Hugues Ier y fit aussi faire quelques réparations en 1200.
On voit dans le cloître un bas-relief en marbre, exécuté, à ce que l’on croit, dans le IXe siècle ; il représente le comte Richard à genoux, demandant miséricorde par ces paroles, gravées en caractères carlovingiens : Christe, rei miserere mei, medicina reorum. Le Sauveur est au-dessus, tenant un livre de la main gauche et bénissant de la droite le prince.

Église Saint-Pierre. On fait remonter la fondation de cette église aux premiers temps du christianisme. Dans le IXe siècle, elle fut reconstruite par les soins de l’archevêque Leyderade : la porte d’entrée, qui n’a rien de remarquable, est tout ce qui reste de cette époque. Le sanctuaire consiste dans un ordre de pilastres ioniques, couronné d’un entablement, au-dessus duquel sont placés deux anges aux extrémités. Derrière l’autel, formé de marbres précieux, est une vaste tribune qui servait autrefois de chœur aux religieuses. Le retable, sur lequel on a représenté l’enterrement de Marie, est un assez beau morceau de sculpture, ainsi que celui de la chapelle de la Vierge.

Église d’Ainai. L’église d’Ainai fut construite sous le règne de Constantin, sur l’emplacement du temple célèbre élevé à Auguste par soixante nations gauloises. Au commencement du Ve siècle, des solitaires s’y réunirent et y fondèrent un monastère qui fut ruiné par les Huns. Salone, évêque de Gênes, le fit rétablir ; mais il fut encore ruiné par les Vandales qui dévastèrent la Bourgogne, et ensuite par les Lombards.
En 612, la reine Brunehaut fit bâtir à Ainai une nouvelle abbaye, qui, peu de temps après, fut brûlée par les Sarrasins. En 859, l’abbé Aurélian la fit rétablir, et Amblard réédifia l’antique église bâtie par Salone. Aujourd’hui, Ainai forme une des paroisses de Lyon.
Cette église présente dans sa construction le caractère de l’architecture qui s’introduisit en France, du temps de Charlemagne, et qui est connue sous le nom d’architecture grecque moderne. Le dôme, la voûte du chœur, le clocher pyramidal, sont des ouvrages moins anciens que le reste de l’édifice. Au-dessus du portail, on remarque un bas-relief antique en marbre, représentant trois déesses : celle du milieu porte une corne d’abondance et deux pommes ; les deux autres tiennent chacune une pomme au-dessus on lit ces mots : MAT . AVG . PIE . EGN . MED.
Suivant l’opinion la plus vraisemblable, ce monument représente les déesses-mères qui veillaient au salut des provinces, des princes et des particuliers.
La chapelle qui est à gauche du chœur est décorée d’ornements de la plus grande délicatesse ; on en fait remonter la fondation au temps de saint Anselme. Les quatre colonnes en granit qui soutiennent le dôme sont de beaux restes du temple d’Auguste ; leur diamètre est de 3 pieds 4 pouces, et leur hauteur individuelle de 12 pieds 11 pouces, de sorte que dans leur premier emploi chacune avait 25 pieds 10 pouces sans les bases et les chapiteaux : chacune de ces colonnes supportait dans le principe une statue de la Victoire.

 

Notre-Dame de fourvières de Lyon - Gravure de 1870 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Notre-Dame de fourvières ) Lyon, signature illisible, Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
gravure publiée dans la Géogrphie illustrée de la France de Jules Verne - 1870

Église de Fourvière. Cette église, dont on fait dériver le nom de Forum vetus, occupe l’emplacement du Forum ou marché, construit par Trajan à l’imitation de celui qui l’on voyait à Rome. Au milieu du XIIe siècle l’archevêque de Cantorbéry ayant cherché un asile à Lyon contre les persécutions dont il était l’objet, la vénération des Lyonnais pour les vertus de ce prélat, qui, dans la suite, fut placé au rang des martyrs, porta le doyen du chapitre de Saint-Jean à lui élever une chapelle. L’an 1192, l’église métropolitaine de Lyon fonda un chapitre et une église paroissiale à Fourvière, sous l'invocation de la Vierge. Cette église fut ruinée en 1562, rétablie peu de temps après, et beaucoup agrandie en 1740.
La chapelle de Fourvière est bâtie sur le point le plus élevé de la colline de son nom. Tous les samedis, et aux principales fêtes de l’année, elle est le rendez-vous d’une affluence considérable de pèlerins ; quelques-uns attirés par la dévotion, le plus grand nombre par la beauté de sa situation : l’intérieur est tapissé d'ex-voto. A côté de l’église se trouve une terrasse délicieuse qui domine les deux fleuves, d’où l’on découvre toute la ville de Lyon, les plaines fertiles et les charmants paysages qui l’environnent, bornés à l’horizon par l’immense chaîne des Alpes.

Église Saint-Nizier. Le premier oratoire consacré à la Vierge dans les Gaules, par saint Pothin, fut élevé à l’endroit où existe aujourd’hui l’église Saint-Nizier ; ce n’était dans le principe qu’une crypte, sur laquelle on bâtit dans le IVe siècle une église sous l’invocation de saint Pierre et de saint Paul, qui, au VIe siècle, reçut le nom de Saint-Nizier, en mémoire de cet archevêque qui y avait été inhumé. Cette église fut détruite par les Sarrasins et réédifiée sous le règne de Charlemagne par les soins de l’archevêque Leyderade ; mais elle perdit alors le titre d’église cathédrale et le siège épiscopal, qu’elle avait possédés pendant longtemps. Les sectaires de Pierre de Vaux la brillèrent en 1253.Cinquante-deux ans après, elle fut érigée en collégiale.
La construction du bâtiment aujourd’hui existant date du commencement du XIVe siècle. Un négociant, nommé Renouard, entreprit de refaire l’ancienne crypte, où l’on déposa dans la suite (en 1528) le corps de saint Ennemond. Le clocher ne fut commencé qu’en 1463. C’est une belle pyramide, supérieure en élévation à tous les autres édifices de la ville. Le portail a été élevé sur les dessins de Philibert Delorme ; quatre colonnes doriques cannelées, supportant un  entablement denticulaire que couronne une coupole sphérique, forment l’entrée principale ; malheureusement, le frontispice n’a pas été achevé. L’avant-corps méridional est postérieur de plusieurs années au reste de l’ouvrage.
L’intérieur de l’église est remarquable par l’élévation et la hardiesse des voûtes, par la forme des piliers qui les soutiennent, par l’étendue de l’édifice, par la clarté qui y règne, et surtout par un certain caractère de sévérité imprimé à tout l’ouvrage. A gauche du chœur est la chapelle de la Vierge, décorée d’une statue de la mère du Christ ; c’est un chef-d’œuvre du célèbre Coysevox, qui l’avait faite pour orner la maison qu’il habitait à l’angle de la rue Bât-d’Argent, d’où elle a été transférée à Saint-Nizier. A la suite de cette chapelle, on en remarque une autre décorée d’après les dessins de l’architecte Gay ; on voit sur l’autel un beau tableau de Revoil, représentant Jésus mourant sur la croix. A droite du maître-autel, et vis-à-vis de la chapelle de la Vierge, on remarque une autre chapelle nouvellement décorée, dont l’autel est surmonté d’une statue en marbre blanc, due au ciseau de Chinard, représentant saint Pothin.
L’église Saint-Nizier, une des plus étendues de Lyon, a été restaurée récemment ; le maître-autel est remarquable par de belles statues en marbre blanc, représentant les apôtres, exécutées par M. Legendre-Hérald.

Église Saint-Bonaventure. Cette église, qui a son entrée sur la place du Méridien, doit son origine à un couvent de franciscains ou de Cordeliers, fondé en 1220, et que saint Bonaventure rendit célèbre. Jacques Grolée en jeta les fondements au commencement de 1325, et Simon de Pavie, médecin de Louis XI, la fit achever vers la fin du XVe siècle ; l’un et l’autre y eurent leur tombeau.
Les Lyonnais, ayant choisi saint Bonaventure pour leur patron spécial, l’église fut consacrée sous l’invocation de ce saint en 1484. Dans la suite, elle devint une des plus somptueuses de Lyon par la richesse des ornements intérieurs. Pierre de Bourbon, régent du royaume en l’absence de Charles VIII, l’enrichit de ses libéralités. Mais les excès des calvinistes, en 1562, et les dévastations de 1793, l’ont entièrement dépouillée de ce qu’il y avait de remarquable.
L’église Saint-Bonaventure est vaste et très spacieuse ; mais elle n’est pas élevée à proportion de sa longueur. L’architecture, quoique dans le style gothique, est d’une simplicité remarquable. La nef est accompagnée de bas-côtés où l’on voit un grand nombre de chapelles fondées par différents corps de métiers, qui y avaient établi leurs confréries.
Saint Bonaventure, ce père de l’Église si célèbre par ses profondes connaissances, mourut à Lyon, en 1274, pendant la tenue du second concile œcuménique ; il fut inhumé dans le monastère qui portait son nom et dont il portait l’habit. La magnificence de ses obsèques surpassa celle des rois et des empereurs, et fut digne du deuil général que causa sa mort. Le pape avec toute sa cour, les cardinaux, les évêques, et tous les prélats du concile y assistèrent. On fit mention de sa mort dans les actes de cette assemblée, comme d’un événement mémorable pour tous les peuples et pour la postérité.
C’est dans le cloître des Cordeliers, transformé aujourd’hui en une petite place et en plusieurs habitations particulières, que Henri IV découvrit au maréchal de Biron qu’il était instruit de ses projets de trahison. Ce dernier reconnut ses torts. Henri lui pardonna, sous la condition qu’il romprait de suite ses liaisons avec l’Espagne. On sait que Biron oublia ses promesses, fut arrêté à quelque temps de là, livré aux tribunaux et exécuté.

Église Saint-Polycarpe. L’église Saint-Polycarpe a été bâtie en 1760, sur les dessins de Loyer, par les Pères de l’Oratoire. Elle est décorée de colonnes d’ordre corinthien, fort petite, mais très jolie. Le maître-autel est orné d’un beau tableau de la Nativité, peint par Blanchet, de chaque côté duquel s’élèvent deux belles colonnes de marbre de Savoie. L’architecture de la façade est riche de détails, et produirait un bel effet, si elle était dégagée de vieilles maisons qui la masquent en partie.
Dans cette église repose le corps du célèbre abbé Rozier, savant agronome, tué à l’époque du siège de Lyon, par une bombe partie des Brotteaux, qui l’écrasa dans son lit, la nuit du 28 au 29 septembre 1793.

Église des Chartreux. Le monastère des Chartreux fut fondé en 1585, par Henri III, qui lui donna le nom du Lys-Saint-Esprit, sur remplacement de la vieille citadelle de Lyon. L’église, commencée en 1590, a été agrandie et réparée dans le siècle dernier ; elle est surmontée d’un dôme d’une grande beauté, construit en partie d’après les dessins de Servandoni. Le chœur mérite une attention particulière, par sa grandeur, ses belles proportions, et la manière dont il est éclairé. L’autel, composé des marbres les plus rares, est surmonté d’un baldaquin d’une forme imposante et majestueuse. Les deux tableaux qu’on voit sous ce dôme sont les derniers et les meilleurs ouvrages de la Tremollière. Les statues de saint Jean-Baptiste et de saint Bruno, remarquables par leur correction, sont de Sarrazin, ainsi que deux bas-reliefs, dont l’un représente de petits anges jouant ensemble, et l’autre un saint Jean-Baptiste couché.
La position de l’église des Chartreux est superbe : le dôme est aperçu de toutes parts, Si la façade de cet édifice était achevée, il serait un des plus remarquables de Lyon,

Église du Collège. La construction de celle église date de 1617 ; c’est l’ouvrage du frère Martel Ange, à qui l’on doit l’église  du Noviciat des Jésuites de Paris.
Cet édifice, dont la porte d’entrée est surmontée d’un observatoire, est d’un style lourd et manque d’ensemble dans ses parties ; mais tous les ornements intérieurs sont riches et d’assez bon goût. Le chœur est décoré de grands pilastres ioniques, et la nef formée d’arcades fort élevées. L’autel, le sanctuaire et les chapelles sont revêtus de marbres de toute espèce ; les niches placées entre les pilastres sont copiées d’après les plus belles de Rome ; les tribunes qui règnent  autour de l’église font un très bel effet ; la chaire, construite en marbres choisis, est remarquable par les marbres et les bronzes dont elle est ornée. La voûte est peinte à fresque.

 

Intérieur de la cathédrale de Lyon - Gravure de 1841 reproduite puis restaurée par © Norbert PousseurLa chapelle souterraine de l'église St Irénée de Lyon, gravure de Bourgeois, Cette gravure peut être transférée, sur demande, en haute définition
publiée dans Nouveau voyage pittoresque en France' chez Ostevald -1827

Église de Saint-Irénée. Cette église est située à l’extrémité du faubourg de son nom presque au sommet de la montagne où fut bâti l’ancien Lyon, qu’un affreux incendie anéantit sous le règne de Néron. Elle occupa l’emplacement de l’ancienne église des Machabées, l’un des premiers monuments du christianisme dans les Gaules, élevé sur les tombeaux de saint Épiloy et de saint Alexandre, martyrisés lors de la persécution que les chrétiens de Lyon éprouvèrent sous Marc-Aurèle. Selon la coutume de ce temps, les fidèles construisirent une chapelle souterraine, qu’ils consacrèrent à Dieu sous le nom de Saint-Jean ; dans la suite, elle fut dédiée à saint Irénée. Lorsque le culte catholique fut devenu dominant, on éleva sur cette crypte une église magnifique, que les calvinistes ruinèrent en partie en 1562. L'église actuelle est peu spacieuse et n’a rien de bien remarquable ; les nombreuses réparations qu’on y a faites, en ont fait disparaître la plupart des restes d’antiquités qui s’y trouvaient en assez grand nombre, et d’intrépides badigeonneurs, sous les ordres d’une fabrique ignorante, ont effacé plusieurs inscriptions qui attestaient la piété des premiers chrétiens. Le portail de la cour qui précède l’église est le premier ouvrage du célèbre Soufflot, à son retour d’Italie. L’église Saint-Irénée est divisée en deux  parties situées l’une au-dessus de l’autre.
Le pavé de l’église haute présente quelques restes d’une mosaïque, dont la grossièreté annonce un ouvrage du IXe ou du Xe siècle ; on y aperçoit quelques vestiges des signes du zodiaque, des emblèmes des vertus théologales, et des fragments d’une inscription en vers latins, destinée à perpétuer la mémoire des dix-neuf mille chrétiens massacrés avec saint Irénée sous Septime-Sévère. L’église inférieure renferme une crypte d’un aspect sombre, dont la voûte offre encore des vestiges d’une ancienne fresque : au milieu est un puits où, selon la tradition, on recueillit les ossements des martyrs. Cette crypte paraît être de la plus haute antiquité et a été plusieurs fois restaurée.
Derrière l’église, sur une esplanade d’où la vue domine tous les environs, on remarque une représentation du Calvaire, élevé par quelques habitants de Lyon en 1815. Dans le fond d’une cour terminée en rond-point, sont placées trois croix de fonte, supportant les statues du Christ et des deux larrons : au pied du Sauveur, on voit cinq figures, représentant Marie-Madeleine, saint Jean-Baptiste, Marie-Salomée, et deux anges en adoration : toutes ces figures sont en marbre blanc. Autour de la cour, douze petits autels uniformes, ornés chacun d’un tableau d’albâtre en relief, représentent les différents traits de la Passion. Le dessous de ce Calvaire est occupé par une chapelle souterraine, dans laquelle on voit le Christ au tombeau.

Église des Antiquailles. L’église des Antiquailles, qui tient à l’hospice de ce nom, fut consacrée en 1639, sous le vocable de Notre-Dame et des Saints martyrs lyonnais. Elle est assez jolie quoique petite. Au-dessous est un cachot que la tradition assure avoir servi de prison à saint Pothin, dont la voûte est soutenue par un pilier près duquel on a élevé un autel.

Église de la Charité. L’architecture de cette église est régulière et d’une noble simplicité ; elle consiste en de simples montants élevés entre de doubles arcades qui séparent la nef des ailes. Les arcades supérieures forment de grandes tribunes où les pauvres viennent assister aux offices. Dans la chapelle de la Vierge, à droite du grand autel, on remarque l’épitaphe du cardinal Alphonse de Richelieu, et près de l'entrée principale le buste du baron de Saint-Trivier. Le clocher qui joint l’église a été exécuté d’après les dessins du cavalier Bernin ; il est de forme octogone et décoré de pilastres des ordres dorique et ionique.

Église de Saint-François de Sales. Cette église, construite en 1688, n’était dans le principe qu’une chapelle commune entre la maison des Filles pénitentes et celle des Recluses. Elle est petite et n’offre rien de régulier ni de remarquable.

Église Saint-Just. L’église paroissiale et collégiale de Saint-Just était dans son origine un oratoire dédié aux Macchabées, où l’on déposa le corps de saint Just, mort en Égypte. Vers la fin du Ve siècle, saint Patient remplaça cet oratoire par une superbe basilique qui fut dédiée sous l’invocation de saint Just. Attenant à cette église, on construisit dans la suite un vaste cloître dont tous les dehors ressemblaient à une forteresse ; son enceinte était environnée de murailles épaisses de quatre pieds et hautes de six toises, flanquées de grosses tours carrées, placées à quinze pas de distance les unes des autres. Les bâtiments de ce monastère formaient une espèce de petite ville, séparée des autres quartiers de Lyon. Dans le temps des troubles civils qui armèrent les habitants de cette ville contre le chapitre de Saint-Jean, il se retira à Saint-Just et soutint un siège contre les bourgeois, qui avaient réuni une armée de plus de vingt mille hommes. Ce monastère était assez vaste pour y recevoir les souverains ; c’est là que logea Louis VIII, lorsqu’il vint à Lyon ; Innocent IV y séjourna sept années, à la suite du concile général tenu à Lyon ; Clément V y fut couronné en présence des rois de France, d’Angleterre et d’Aragon, qu’il avait invités à cette solennité.
Le monastère et l’église de Saint-Just furent démolis de fond en comble par les protestants en 1562. Cent ans après, le chapitre entreprit la construction de l’église qui existe aujourd’hui, que l’on plaça dans l’enceinte de la ville, beaucoup au-dessous de sa situation ancienne. Cette église fut commencée en 1661 et achevée en 1747. Le portail est composé de quatre grands pilastres ioniques couplés et cannelés, élevés sur des piédestaux qui supportent un entablement couronné d’un fronton. Les faces des ailes qui accompagnent cet avant-corps, sont décorées d’un entablement d’ordre dorique à triglyphes, soutenu de pilastres. La porte du milieu est ornée de montants d’un profil régulier, et de consoles qui servaient à supporter autrefois les armes du chapitre ; au-dessus est un grand vitrail de forme ovale. Toute cette façade est élevée sur un perron de sept marches, d’un contour figuré, qui contribue à lui donner une grande apparence. On remarque à l’entrée du chœur un groupe de marbre représentant l’incrédulité de saint Thomas, et au-dessus du portail les statues de saint Just et de saint Irénée, beaux morceaux de sculpture que l’on doit au ciseau de M. Legendre-Hérald.

Église Saint-Louis. Cette église, située sur le quai des Augustins, a été fondée en 1759 Par les augustins ; elle est remarquable par sa noble et élégante construction. La façade est élevée sur un perron de treize marches, qui lui donne beaucoup de majesté.

Église de l’Hôpital. L’église de l’Hôtel-Dieu, située sur une petite place, est petite, mais solidement construite en pierres de taille. La façade, d’un genre d’architecture assez noble, est terminée par un fronton qu’accompagnent deux clochers qui produisent un bon effet. Les décorations en sont faites avec goût. La chaire est un joli ouvrage qui décorait avant la révolution l’église des Carmes déchaussés ; la rampe de celte chaire, le tambour, les stalles et les boiseries du chœur sont des chefs-d’œuvre de menuiserie et de serrurerie. Le chœur est décoré de beaux tableaux.

Archevêché. La construction du palais de l’archevêché est due au cardinal de Bourbon, qui le fit bâtir dans le XVe siècle, sur les ruines d’un autre palais qui remontait, dit-on, à Charlemagne : plus tard, le cardinal de Tencin le fit restaurer sur les dessins de Soufflot ; la terrasse a été construite au commencement du siècle dernier. Ce palais prend son entrée par la rue à laquelle il a donné son nom, où il se lie au bâtiment neuf de la Manécanterie, affecté aujourd’hui au mont-de-piété. Deux portails uniformes, construits aux deux angles nord-est et nord-ouest d’une vaste cour carrée, conduisent, l’un dans les appartements, et l’autre à l’église cathédrale. En général, la façade n’offre rien qui puisse donner l’idée que l’on se forme d’un palais ; mais l’intérieur est vaste et beau. Les appartements y sont bien distribués, et l’on y remarque quelques pièces fort belles, où l’on a malheureusement prodigué les ornements de mauvais goût du siècle de Louis XV. La salle en entrant est d’une étendue considérable ; c’est par elle que l’on parvient aux différentes chambres qui ont leur vue soit sur le quai, soit sur la place à l’issue du pont. La salle à manger, d’une construction singulière, est éclairée par un dôme en forme de lanterne. La salle de réception est ornée de plusieurs portraits de prélats distingués, parmi lesquels on distingue ceux de Bossuet et du cardinal de Bissy. Le salon à la suite est remarquable par ses dimensions et par sa régularité ; il communique à une terrasse découverte qui termine le bâtiment du côté du nord. De cet endroit on jouit d’une vue délicieuse sur le cours de la Saône, qui décrit une courbe dont deux ponts bornent les extrémités ; le grand nombre de barques de toute forme et de toute grandeur qui montent et descendent cette rivière, la multitude de piétons, de chevaux et de voitures qui circulent sur les ponts et sur les quais, forment une suite de tableaux variés et pleins de mouvement, qu’embellissent encore les gracieux paysages des environs.
C’est dans la cour du palais de l’Archevêché que furent massacrés en 1572 un grand nombre de protestants par suite de la Saint-Barthélemy. A cette époque d’odieuse : mémoire, le bourreau ayant refusé son ministère, en disant qu’il ne travaillait que judiciairement, on y employa des bouchers, qui se livrèrent à des excès inouïs.

 

 


 

 

Vue générale de Lyon avec ses églises - Gravure de 1771 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur   La cathédrale de Lyon devant la Saône avec pont suspendu - Gravure de 1834 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur   Intérieur de la cathédrale de Lyon - Gravure de 1841 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

Façade de la cathédrale de Lyon avec colporteur - Gravure de 1834 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur   Cathédrale St Jean de Lyon - Gravure de 1855 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur   Lyon, horloge de la cathédrale - Gravure de 1771 reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

 


 

 

 

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