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Les villes à travers les documents anciens

 

Le canton de Lucerne en 1830

 

Serment du Grütli - reproduction © Norbert Pousseur
Lucerne, vue de l'église des jésuites vers 1830

 

Extrait de "La Suisse pittoresque"
ouvrage édité vers 1830, d'Alexandre Martin,
extrait d'un des très rare exemplaire (hélas incomplet) illustré en couleur (aquatinte)
Voir son article sur 'Une brève histoire de la Suisse', avec la liste des cantons publiés sur ce site.


TOPOGRAPHIE.

Situation, étendue, climat.— Le canton de Lucerne est borne au nord par le Canton d’Argovie, à l’orient par les Cantons d’Argovie, de Zug et de Schwytz, au midi par celui d’Ünterwald et par l’Oberland bernois, et à l’occident par le canton de Berne. Il est situé presqu’au centre de la Suisse, et l’emporte en fertilité sur la plupart des autres cantons : c’est là, que commence la Suisse intérieure. Il est le troisième en rang dans la confédération helvétique, et le premier des cantons catholiques : l’acte de médiation de 1803 lui a fait éprouver quelques légères modifications par des échanges avec le canton d'Argovie. Sa plus grande longueur, du nord au sud, et sa plus grande largeur, de l’orient à l’occident, sont également d’environ onze lieues, sa surface est de soixante-douze lieues carrées. On ne saurait le compter parmi les cantons montagneux de la Suisse : cependant il s’en rapproche autant que possible,et, quoique aucune de ses montagnes ne se couvre de glaces éternelles, il n’est presque pas de mois, même en été, où il ne tombe de la neige sur leurs hautes sommités ; aussi le climat y est plutôt froid que chaud, et les habitants sont exposés à de grandes variations de température. Du reste, le canton est situé sur un plan élevé ; et le lac des Waldstetten est à 1,320 pieds au- dessus du niveau de la Méditerranée.
Montagnes. — Les principales montages du canton sont le mont Pilate qui lui sert de limite du côté du canton d’Unterwald (voir Curiosité naturelles), l’Eigenthal qui se compose d’environ trente Alpes et les montagnes de l’Entlibouch.
Rivières. — Les rivières les plus remarquables sont : la Reuss, qui sort du glacier de Luzendro, partage Lucerne en deux parties, traverse les cantons de Zug et d’Argovie, côtoie celui de Zurich, grossit ses eaux de celles de plusieurs torrens considérables et d’une foule de ruisseaux moins importants, se jette à Seedorf, dans le lac des Waldstetten, et va tomber dans le Rhin après avoir mêlé ses ondes à celles de la Limmat et de l’Aar.
L’Emmen,qu’on appelle aussi Wald-Emmen pour la distinguer de l’Emmen bernoise qui donne son nom à l’Emmenthal ; elle a son cours entier dans le canton de Lucerne, qu’elle traverse en grande partie ; elle charrie de l’or, dont on a souvent frappé des ducats à Lucerne ; elle reçoit un grand nombre de petites rivières et de ruisseaux avant de se jeter dans la Reuss.
L’Entlen, qui se jette dans l’Emmen, et qui donne son nom à l’Entlibouch ; elle offre plusieurs chutes et cascades pittoresques. Les deux Wigger qui parcourent la partie occidentale du canton près de Willisau, reçoivent ensuite les eaux de la Lu- theren, et s’éloignent près de Mehlstecken pour se jeter dans l’Aar auprès d’Aarbourg. La Vina ou Vinon, qui coule au nord du canton du côté de l’Argovie par Neudorf et Munster. La Sur, qui sort du lac de Sempach à Oberkirch, passe auprès de la petite ville de Sursée, et se jette dans l’Aar au-dessous d’Arau. L'Eschembach, la Rumlig, le bas et le haut Kuimsbach ou Rengbach qui descend du mont Pilate, et coule vers le nord : pour le contenir, on a construit à grands frais sur une longueur de 1,500 pas, une digue qui le contraint à se jeter dans l’Emmen ; on admire dans ce travail le Rengloch ouverture fort large qui s’enfonce à 234 pieds de profondeur entre les deux montagnes de Sonnenberg et de Blatterberg ; il a fallu beaucoup de temps et de dépenses pour mettre cette espèce de canal dans l’état où il est aujourd’hui.
Lac. — Le lac des Quatre-Cantons. Lucerne, Alpnach, Stantz, et le canton d’Uri donnent leurs noms aux parties du lac qui les avoisinent. Sa profondeur varie de 50 à 150 toises. Il offre une si grande diversité d’aspects, qu’il se divise en quelque sorte en plusieurs lacs différents les uns des autres (Voir Curiosités naturelles). Le joli lac de Sempach, de deux lieues de longueur sur une petite lieue de largeur : ses eaux sont claires et nourrissent d’excellents poissons. Le lac de Sempach est de quarante toises plus élevé que le lac des Quatre-Cantons, et est encadré par un amphithéâtre de charmantes collines ; la ville de Sempach est située sur le bord nord-est, et celle de Sursée sur une colline à l’ouest. Les lacs de Mauen et d’Egolzwiler ; le premier, situé à une lieue à l’ouest de celui de Sempach, renferme l’île et le château auxquels il a donné son nom, et les petits lacs de Roth, de Durten, de Soppen, et de Baldeker.

 

HISTOIRE.

On a beaucoup disputé sur l’étymologie de Lucerne. Quelques archéologues prétendent que ce mot est dérivé du latin Lucerna. S’il faut les croire, un fanal ou lanterne aurait été placé à l’endroit où depuis a été construite la ville, pour guider les bateliers dans leurs courses nocturnes sur le lac.
Quelques monnaies romaines qu’on a trouvées à peu de distance de Lucerne, sembleraient établir l’existence d’une ville sur le sol qu’occupe de nos jours cette cité. Vers la fin du VIIe siècle, nous voyons l’abbé Wickard qui bâtit le couvent de Saint- Léodegard ou Saint-Léger, sur la colline où s’élève la ville. Il en est le premier abbé. L’an 768, Lucerne porte déjà dans les chroniques le titre de Ville. A cette époque, Pépin-le-bref la donne en toute propriété aux abbés de Murbach, en Alsace, qui en restent possesseurs jusqu’à la fin du XIIIe siècle où ils la vendent, à leur tour à Rodolphe de Habsbourg. Lucerne tombe dans la domination autrichienne. Bientôt ce joug lui pèse, elle veut le secouer et elle contracte alliance avec les trois cantons d’Uri, de Schwytz et d’Un- terwald. C’est ce qu’on nomme dans l’histoire de la Suisse la ligue des Quatre-Cantons ou des Waldstetten. La noblesse autrichienne prend les armes, déclare la guerre aux insurgés, pille, ruine leurs propriétés. Les habitants se soulèvent, s’arment à leur tour et tentent de défendre leur indépendance. Quelques familles patriciennes vendues à l’Autriche veulent arrêter ce noble élan, et forment le projet d’exterminer les chefs du parti populaire. C’est dans la nuit qu’a lieu le conciliabule ; de là le nom de Mordnacht (nuit de mort). Heureusement un enfant a surpris l’affreux secret ; il va le dévoiler aux chef patriotes, et la ville est une seconde fois sauvée du joug de l’oligarchie. Mais la liberté n’était point encore assurée : de nouveaux flots de sang devaient couler pour l’affermir. En 1386,1e 9 juillet, les bannières de Lucerne flottent dans les champs de Sempach. Léopold d’Autriche, le fils de ce même duc qui, soixante-et-onze ans auparavant, avait perdu la bataille de Morgarten, est venu pour prendre sa revanche. Il amène avec lui 6,000 hommes d’une cavalerie magnifique, l’élite des chevaliers d’Argovie, de Souabe, du Tyrol, de l’Autriche, de l’Alsace, de la Franche-Comté. Tous ces chevaliers mettent pied à terre, relèvent les longs becs de leur chaussure, et armés de pesantes cuirasses, de longues lances, forment une phalange qu’ils croient impénétrable, 400 Lucernois, 900 hommes des cantons l’Uri, de Schwytz et d’Unterwald composent l'armée des Suisses. On donne le signal : tous se jettent à genoux, lèvent les mains au ciel et adressent une prière fervente au Tout-Puissant. Ils se relèvent et se précipitent en colonne triangulaire sur l’ennemi en poussant des cris et des hurlements. Mais leur courage vient échouer au pied de cette phalange qui les arrête comme une muraille. Déjà Gondoldingen et Moos, tous deux avoyers de Lucerne et 60 autres braves ont expiré. Les Autrichiens poussent des cris de joie, et la phalange va se déployer sur deux ailes pour entourer les confédérés. C’est à ce moment que Winklried s’élance au milieu des siens : « Amis, dit-il, voici le chemin, je vais vous le frayer ; je vous recommande ma femme et mes enfants! » A l’instant il se précipite sur l’ennemi, saisit de ses deux bras une forêt de lances qui vont lui percer le sein et qu’il entraîne dans sa chute. Les confédérés entrent dans les rangs des ennemis comme par une porte, les rompent et en font un horrible carnage : tout fuit. Léopold, 650 comtes et chevaliers, la fleur de la noblesse, perdirent la vie dans cette terrible journée. Leurs corps furent transportés et enterrés à Ronigsfelden. Gondoldingen, tout meurtri, tout sanglant, allait mourir ; un Lucernois s’approche : « N’as-tu rien à dire à tes parents?
— Non, répond le héros ; mais recommande à
mes concitoyens de ne jamais souffrir qu'un avoyer reste plus d’une année en charge. » Et il meurt. On peut voir encore, dans l’arsenal de Lucerne, la bannière qu’il portait, la cotte d’armes de Léopold et le collier garni de pointes de fer dont le duc prétendait se servir pour le supplice de Gondoldingen. Cette victoire assura à jamais l’indépendance de Lucerne. L’Autriche, quelques années plus tard, fut obligée de renoncer formellement à toutes ses prétentions sur le canton.

Depuis cette époque reculée, l’histoire de Lucerne n’offre plus aucun événement important. Echappée au joug autrichien, elle tombe un instant dans l’oligarchie. Quelques nobles familles patriciennes sont à la tête du gouvernement. Cette oligarchie contre laquelle se révolte en 1764 une partie des citoyens l’emporte sur les efforts des patriotes. En 1798 elle expire. Les représentants du peuple provoquent à cette époque l’établissement d’une constitution basée sur l’égalité des droits politiques. Vers le même temps, les Français s’emparent de Lucerne .Pendant huit mois elle est le siège du gouvernement unitaire helvétique. Plus tard elle est deux fois le quartier général des troupes françaises, et l’un des points centraux de la guerre civile qui éclate en 1802. En 1813 elle recouvre tous ses droits anciens. Depuis 1830, nous voyons ce canton travaillé par des mouvements intérieurs, secouer une nouvelle fois encore le joug des anciennes familles et tomber dans une sorte de pure démocratie. Une nouvelle constitution a été promulguée. Avant de l’analyser, nous attendrons pour ce canton comme pour les autres, que le pacte fédéral qui doit les régir ait donné une forme stable à ses institutions.

 

MOEURS. — CARACTÈRES. — COUTUMES.

Les Lucernois des deux sexes se font remarquer par la régularité de leurs traits et par leur taille élégante »Les habitants de l’Entlibouch sont aussi attachés à leurs anciens usages qu’à leur liberté. Halder les représente comme pleins d’honneur, mais participant un peu du gascon, aimant à se vanter.
Ils ont une vivacité dans l’esprit qui se manifeste par de petites compositions que des poètes rustiques chantent le lundi-gras devant le peuple de chaque commune, en passant en revue la conduite que les habitants ont tenue dans le cours de l’année précédente. Ces satyres souvent originales plaisent infiniment à l’assemblée et sont écoutées avec un vif intérêt.
Dès que le service divin est terminé, on plante, dans le village, un drapeau devant la maison de justice. La foule s’assemble. On voit bientôt arriver le poète à cheval, affublé d'un costume bigarré, et la tête couverte d’un chapeau orné de fleurs et de petits miroirs. Il se rend à la maison commune et s’arrête devant le drapeau, où il est complimenté par les magistrats. On lui présente ensuite le vin d’honneur. Sans descendre de cheval, il tire de son sein un grand papier sur lequel est apposé le sceau de l’Entlibouch ; ce
papier contient une satyre contre les habitants du village qui se reconnaissent ou que la foule reconnaît, sans qu’il soit besoin de les nommer. L’exagération est précisément ce qui amuse la multitude. L’épitre est divisée en plusieurs parties, entre lesquelles le poète se repose et boit un verre de vin. La fin est ordinairement destinée à faire rire aux dépends de tous ;
La lecture achevée, le poète est régalé par les magistrats, puis il se retire dans son village, où il reçoit les mêmes honneurs. Il ne manque jamais, dit-on, de s’en retourner avant la nuit, de peur de s’exposer à la vengeance de quelques uns de ceux aux dépens desquels il a fait rire son auditoire.
Les entrevues nocturnes des jeunes amants continuent, dans l'Entlibouch, comme autrefois. A la nuit, le jeune homme fait la prière, et puis, lorsque son père se retire dans la chambre conjugale, il s’esquive aussitôt pour se rendre auprès de l’objet de son amour, dont l’impatience n’est pas moins vive.
Souvent les deux habitations sont éloignées de plusieurs lieues, mais l’amour a bientôt franchi les distances. Au printemps le jeune berger a soin d’apporter quelques fleurs qu’il à cueillies sur les parois de quelque rocher abrupte ; mais il est encore bien mieux reçu, s’il se présente avec ces confitures et ces pâtisseries dont sont friandes les jeunes filles de l'Entlibouch. Arrivé le jour du mariage : d’abord c’est une troupe de musiciens, puis vient un cortège de jeunes filles et de jeunes garçons. Les premières avec une double couronne de fleurs ; les garçons avec des chapeaux ornés de rubans. Puis on aperçoit le fiancé dans son costume national, et la jeune fiancée avec sa couronne virginale, son tablier blanc plissé, son corset violet, ses bas rouges et son bouquet au coté : ce bouquet est énorme. Sur sa robe sont indiqués en gros caractères ses noms, ses prénoms, son âge. Près du couple marche le garçon d’honneur, vêtu d’un manteau noir, et à ses côtés la femme jaune portant une corbeille où sont des bouquets. Enfin, suivent les parents et le reste de la noce. Au sortir de l’église et après la bénédiction, le cortège, dans le même ordre, gagne l’auberge du lieu. On se met à table, on boit, on danse. Puis pendant le refrain de vieilles chansons qu’on chante ici depuis plusieurs siècles, deux des conviés feignent de se disputer, la possession de la jeune mariée qu’on met à une sorte d’encan ; elle échoit comme au plus offrant enchérisseur à son mari ; alors les autres acteurs de cette scène naïve exécutent une vieille danse suisse aux applaudissements de tous les spectateurs. La femme jaune se lève, prend la couronne de la jeune mariée, le bouquet du nouvel époux et les jette au feu. Si la couronne et le bouquet ne pétillent pas, les vieilles femmes disent que c’est un heureux augure, et présagent un bon ménage. On se remet à la danse avec une nouvelle vivacité, puis l’on gagne la demeure de l’époux. Alors viennent les soupes, le ris, le miel, le fromage, les viandes, et les vins ; la gaîté anime tous les cœurs, on se livre à la joie, on chante, souvent il y en a pour plusieurs semaines ; les pauvres ne sont jamais oubliés. Le jour de la noce on les régale dans quelque pré voisin, et la plupart du temps on leur permet d’emporter chez eux les débris du festin.

Lutteurs de l’Entlibouch - reproduction © Norbert Pousseur
Les luttes gymnastiques sont en honneur dans l’Entlibouch. On choisit ordinairement un vaste champ exposé à tous les regards ; puis au jour convenu les jeunes gens s’assemblent et on forme un cercle autour d’eux.

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L’habitation du paysan de l'Entlibouch est propre, construite avec goût ; elle renferme des chambres spacieuses, presque toutes avec de gros poêles. Dans quelques parties du canton, surtout à Marbach et dans les environs, les maisons sont couvertes en tuiles et aussi élégantes, au moins, que les demeures des plus riches paysans Bernois.
Le voyageur qui parcourt ce pays, est émerveillé de la riche culture des campagnes, de la beauté des troupeaux, de Pair de santé qui brille sur la figure des pâtres, et surtout de la fraîcheur et du coloris des femmes. Elles rappellent en général, par leurs formes un peu masculines, leur haute taille, leurs yeux noirs, les belles paysannes de la vallée de Hasli dans l'Oberland Bernois.
Les habitants de l'Entlibouch ont donné de tout temps des preuves de leur valeur. Dans leurs glorieux combats, ils n’étaient jamais plus redoutables qu’armés de leur pesante massue garnie de pointes de fer ( morgenstern. ) A la bataille de Morat, la bannière de l'Entlibouch et celle de Thun « qui aiment à combattre ensemble,» dit un poète du temps, se distinguèrent à l’avant-garde et commencèrent le succès de cette mémorable journée. Quand Enguerrand de Coucy vint, en 1375, se jeter sur la Suisse avec une armée formidable d’Anglais, de Flamands et de Bourguignons, les bergers de l'Entlibouch osèrent les attaquer les premiers à forces inégales. 600 d’entre eux, joints à quelques braves de Lucerne, de Schwytz et d’Unterwald, tombèrent à l’improviste sur 3000 de ces étrangers cantonnés à Buttisholz, en tuèrent une partie, dispersèrent l’autre et revinrent chez eux couverts
de gloire et charges de butin. Le lieu du combat en a pris le nom Engellaender Hügel (colline des Anglais) Comme ils s’en retournaient, l'un d’entre eux, monte sur un superbe cheval, portant une durasse dorée et un casque couronné, passa devant le château de Torrenberg, dont le baron lui cria du haut de ses tours :
— Faut-il que je voie un vilain comme toi couvert des armes d’un seigneur de noble sang!
— Gentilhomme ! lui cria à son tour le paysan vainqueur, nous avons aujourd’hui tellement mêlé le sang des nobles et le sang des chevaux qu’on ne peut plus distinguer l’un de l’autre,.. Puis il alla rassembler ses camarades et revint avec eux détruire le manoir féodal dont le seigneur s’était prudemment éloigné.

 

VILLES. VILLAGES.

Lucerne vers 1830 - reproduction © Norbert Pousseur
Lucerne.— Ainsi que toutes les anciennes villes de la Suisse, Lucerne, chef-lieu de canton, porte dans l’architecture et les ornements de ses maisons les traces de son origine et du goût du siècle où elle a été bâtie. On y trouve, comme dans les vieilles cités, des rues étroites, tortueuses, et quelques fontaines avec des ornements caractéristiques de l’époque, entre autres celle qui existe sur la place du Marché au Vin. De nos jours, cette ville s’est singulièrement embellie. Elle a des places vastes, des rues larges et bien pavées, quelques beaux édifices. La plupart des maisons en bois ont disparu.

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CURIOSITÉS NATURELLES. MONUMENTS.

Le lac de Lucerne.— Ce lac est plus généralement connu sous le nom de lac des Waldstetten ou des Quatre-Cantons. Ses rives ne sont point ornées d’une multitude de villes, de villages, de jardins, de vergers, de vignobles ; des coteaux couverts d’une végétation riche et vigoureuse, ne s’élèvent pas sur ses bords, et cependant l’aspect qu’il offre est d’un attrait irrésistible ; il laisse à l'âme des souvenirs ineffaçables. A mesure qu’on pénètre dans les golfes de Küsnacht, de Lucerne, de Winkel, d’Alpnach, de Buochs et de Flüelen dont l’aspect est tantôt gracieux, tantôt sublime, tantôt mélancolique et tantôt effrayant, on voit, pour ainsi dire, à chaque coup de rame, changer les formes des montagnes
qui s’élèvent du sein de ses ondes jusqu’à la région des nues ; les vues, les sites pittoresques qu’on aperçoit, et depuis ces golfes, et depuis le milieu du lac, à l’endroit nommé Trichter, offrent une diversité infinie selon les différents effets de la lumière et des ombres, surtout quand ces grands objets sont éclairés par les rayons du soleil le malin et le soir. De quelque point que l’on contemple ce lac, on voit régner dans toutes ses parties un caractère majestueux, sublime et extraordinaire, qui excite la surprise et l’admiration. Aucun autre ne présente d’aussi fortes ombres, des teintes aussi sombres et des effets de lumière aussi singuliers.
Ce n’est pas sans quelque péril qu’on est surpris par une tempête dans le golfe de Brunnen, de Flüelen et aux environs de l’Ober-nase et de l'Unter-nase, où les rochers descendent verticalement dans le lac, de sorte qu’on ne trouve qu’un petit nombre d’endroits où il soit possible d’aborder ; mais partout ailleurs il n’y a nul danger à redouter.
Les bords du lac de Lucerne offrent deux sites classiques de la liberté : le Grütli, ce mont sacré des Suisses où fut prononcé, en 1307, le premier serment d’union, et le Rocher de Tell (Tells-platte) (Voir Canton d’Uri). C’est dans l’île d’AItsladt que l’abbé Raynal avait élevé à la mémoire des trois libérateurs, Walter Furst, Arnold Melchthal et Werner Stauffacher une pyramide de granit de 40 pieds de haut. On y lisait les noms de ces héros et celui du fondateur ; une barre de fer qui soutenait la pyramide formait, à son extrémité supérieure, une flèche dorée à laquelle était attachée la pomme de Tell. Raynal avait eu le dessein de placer ce monument dans la prairie même du Grütli ; mais les magistrats du canton d’Uri auxquels il s’adressa pour en obtenir la permission, la lui refusèrent : «Car, répondirent-ils, tant que les Suisses sauront être libres et sentir le prix de leur liberté, ils n’auront aucun besoin d’éterniser par un monument cette belle page de leur histoire ; et si jamais leur postérité venait à perdre ces sentiments, un semblable monument n’aurait pas plus d’utilité pour la Suisse que n’en eurent pour Rome, tombée dans l’esclavage, les nombreux marbres des temps où la vertu et la liberté régnaient dans ses murs.»

Plan en relief du général PfyfFer. — C’est une partie de. l’Helvétie en miniature. Ce travail, qu’on voit à Lucerne, a été exécuté d’après nature et représente une étendue de 180 lieues carrées ; savoir : les cantons de Lucerne et d’Unterwald, une grande partie de ceux d’Uri, de Schwytz et de Zug, indépendamment des contrées limitrophes des cantons de Berne, de Zurich et d’Argovie. Les plus hautes montagnes, de 9,700 pieds, ont ici 10 pouces au-dessus de la surface du lac des Waldstetten. L’ensemble a 22 pieds et demi de longueur sur 12 pieds de largeur. Ce plan est composé de 136 pièces carrées que l’on peut démonter, et forme incontestablement la meilleure carte qui existe de ces contrées.
On ne peut voir sans admiration la précision avec laquelle les formes des montagnes et des rochers ont été figurées, l’exactitude qui brille jusque dans les moindres détails, et la vérité frappante de l’imitation de la nature. Pas un sentier, pas une cabane, pas une croix n’ont été oubliés : le voyageur, avant de quitter Lucerne, peut y étudier la route qu’il se propose de parcourir dans les montagnes voisines, et à son retour, compléter, étendre, perfectionner les connaissances imparfaites qu’il a pu se procurer dans ses excursions. Quand on considère ce curieux ouvrage de haut en bas, il offre à peu près l’aspect d’une vaste carte de géographie. Mais pour jouir de l’illusion poussée au plus haut degré, il faut se baisser de manière que les regards effleurent la surface du relief placé horizontalement. Dans cette position, on voit toutes les collines, les montagnes et les rochers, et on en distingue la forme, la hauteur et les dimensions. On conçoit ce qu’il a fallu de talent et de persévérance pour élever ce pittoresque monument.

 

Lion de Thorwaldsen vers 1830 - reproduction © Norbert Pousseur
Le Lion de Thorwaldsen. L’inauguration de ce monument national a eu lieu le 10 août 1821. Le lion a 28 pieds depuis l’extrémité du museau jusqu’à l’origine de la queue, et sa hauteur est de 18 pieds. La grotte dans laquelle il est couché a 44 pieds de long sur 28 d’élévation, et est creusée dans un pan de rocher absolument vertical.

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Le mont Pilate vers 1830 - reproduction © Norbert Pousseur
Le mont Pilate. — De toutes les montagnes du canton, la plus remarquable est le mont Pilate qui lui sert de limite du côté du canton d’Unterwald. Ce mont colossal et majestueux, dont la base septentrionale se rapproche de la ville de Lucerne,est élevé de 6,906 pieds au-dessus de la mer. On le nomme en latin mons pileatus, à cause d’un petit nuage en forme de chapeau, qui couvre ordinairement sa cime, lorsque le temps est beau.

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Écho singulier. — Sur la Bründlen-alpe est un écho qui excite l’admiration de tous les voyageurs ; mais quelques uns seulement peuvent en obtenir des sons, il faut être doué à la fois d’une poitrine robuste et d’une voix forte. Les paysans accoutumés à le faire résonner, tournent en demi-cercle, jetant par intervalle des mots qui produisent une musique harmonieuse et qui retentissent dans toutes les anfractuosités du rocher. Rien de plus ravissant surtout, par une belle nuit et au clair de la lune, que les effets produits par cet écho bizarre.
La statue de saint Dominique. — Elle apparaît de loin sur le sommet du même pic, au milieu d'une vaste caverne. Est-ce un effet de perspective ? est-ce une œuvre de l’art? c’est ce dont on n’a pu s’assurer jusqu’à présent, car on ne saurait arriver à la statue. Elle semble haute de 30 pieds, et représente un homme dont le$ jambes sont croisées, et le corps appuyé sur une table. On dirait un géant qui garde les approches de la caverne.
Un certain Huber de Lucerne, forma le projet d'aller examiner cette statue. Dans ce dessein, il se fit attacher à une corde, et dévaler ainsi du haut de la montagne : une saillie formée par les rochers l’empêcha de parvenir jusqu’à l’entrée de la caverne, près de laquelle il était suspendu. S’étant fait remonter, il se pourvut d’une perche crochue et descendit une seconde fois ; mais, par malheur, la corde vint à se rompre, et l’infortuné trouva la mort au fond du précipice.
La pierre chancelante. — Le Knappstein, (pierre chancelante), l’un des pics voisins de l’Alpe de Bründlen est ainsi nommé à cause d’un quartier de rocher d’une dimension considérable qu’on voit sur le sommet du pic et qui semble toujours prêt à tomber, et chancelle même, selon l’expression des habitants (knappet) aussitôt qu’un homme veut le gravir.

 

HISTOIRE NATURELLE.

Géologie.— La chaîne du mont Pilate est composée de pierres calcaires mêlées de quartz. On trouve un grand nombre de pétrifications sur cette montagne, particulièrement près du Tomlishorn, à la Kasteln-Alp, et sur le Wildderfeld, dont la sommité, élevée de 6,858 pieds au-dessus de la mer, est composée d’un rocher calcaire rempli de nummulithes et autres coquillages brisés. On trouve aussi des empreintes de poissons dans les ardoises du mont l'Esel, on voit deux troncs pétrifiés à une hauteur où il ne croit point d’arbres aujourd’hui. Les montagnes de l’Entlibouch, formées de sable, d'argile et de pierres roulées, viennent s’appuyer contre la chaîne du mont Pilate. Toutes les autres montagnes et collines du canton appartiennent à la formation de grès et dé marne. On trouve beaucoup de brèches sur les bords du lac, entre Lucerne et Küsnacht, surtout près du Meckenhorn et dans l’île d’Altstadt, de même qu’entre Lucerne et Stanzstad, sur les collines de Viereck et de Schattenberg. Ces brèches sont situées dans la ligne des hautes montagnes de brèche du Rigi (1) et du Ruffiberg,
(i) Au mois de juillet 1795, le village du Weggis bâti au pied du Rigi fut inondé par un torrent d’une nature singulière, qui se précipita des parois de cette montagne. C’était comme une boue compacté rougeâtre, de plusieurs toises d'épaisseur et de plus de deux mille pieds de largeur.
dont la formation se prolongeait autrefois jusqu’au revers septentrional du mont Pilate. On voit épars sur toutes les collines dont le reste du canton est composé, un grand nombre de débris granitiques, parmi lesquels il se trouve des blocs d’une grandeur extraordinaire.
Régne animal. - Les pâturages du canton de Lucerne nourrissent de nombreux troupeaux de bêtes à cornes. On remarque toutefois que les vaches sont plus petites que dans le canton de Schwytz, mais elles ont cette belle robe couleur de montagnes dont les Milanais font tant de cas. La Suisse en général possède une grande variétés d’oiseaux, mais ici l’ornithologie n’offre aucune espèce particulière.
Le lac de Lucerne est poissonneux, surtout du côté du canton d’Uri. Les poissons les plus recherchés sont deux espèces de saumons, l’un qu’on appelle balle ou albocks, et l’autre rötele (salmo salvelinus). On y pêche aussi des truites, des carpes, des brochets, des tanches, des ombres, des anguilles. Aux environs d’Uri, on prend en automne de belles lamproies d’eau douce. Ce lac nourrit aussi des loutres et des castors.
Règne végétal. La flore lucernoise est extrêmement variée. Toutes les montagnes du canton sont riches en plantes.
On cueille sur le Pilate le pavot alpestre (papaver alpinum), la gentiane pourprée ( gentiana purpurea), l’astragale des montagnes, le chrysanthème des Alpes, le myosotis nain, le ciste à mille feuilles (cistus polifolus), le caret limoneux. Les Alpes de l’Entlibouch particulièrement le Nesselstock, abondent en belles espèces. Le rosage des Alpes et la gentiane jaune y croissent en abondance. La violette à éperons, la centaurée des montagnes, l’anthéric tardif, la crételle bleue, le muflier alpestre, jolie plante qu'Haller a célébrée dans son poème des Alpes, et l’arnica des montagnes qu’on reconnaît à sa haute tige et à ses fleurs d’un beau jaune doré.
Règne minéral — Le canton de Lucerne produit un grand nombre de minéraux. Malheureusement la minéralogie, dans ce pays, est encore dans l’enfance. Lang et Cappeller étaient tous deux des minéralogistes distingués pour leur siècle, mais ils n’ont rien laissé sur cette science. Non loin de Lucerne, on voit encore les traces d’une mine de fer dont les travaux ont été abandonnés depuis longtemps. Dans l’Entlibouch existait, dans le XVe et le XVIe siècles, une mine d’argent.
L’Emmen charrie de l’or ; malheureusement les parcelles n’en sont pas assez abondantes pour défrayer ceux qui voudraient les recueillir.
La pierre dont on se sert pour bâtir est une pierre calcaire facile à tailler, mais assez sujette aussi à s’altérer à l'air.
Il y a beaucoup de carrières. Le gypse, s’il était bien travaillé, serait aussi bon que le meilleur gypse de Schwytz.
C’est ici le lieu de remarquer que M. Nergaard,
Pareil aux laves qui descendent des volcans ce torrent s’avançait lentement en sorte que les habitants eurent le temps d’emporter leurs meubles et de quitter le village. dans une exploration qu’il fit en Suisse, ne fut pas très heureux dans ses investigations. Saussure s’est trompé quand il a dit avoir trouvé de la variolite dans l’Emmen.
Sources, bains, eaux thermales. — Il y a plusieurs sources périodiques dans le canton : l’une près Egollzwil, et deux autres près de Langnau. Quand elles coulent, les paysans croient que l’année sera stérile. Il y a des établissements de bains à Knoutwyl, à Ybenmoos, non loin de Hochdorf, à Augstholtz et à Farnbühl, dans l’Entlibouch, dont les eaux ont été analysées par M. Schneider.

 

CULTES.

Le canton de Lucerne professe la religion catholique romaine, et relève de l'évêché de Bâle et de Soleure. Le clergé est divisé en 4 chapitres, savoir : ceux de Waldstetten, de Hochdorf, de Sursée et de Willisau. Le chapitre de Lucerne a un prévôt mitré. Le canton renferme à peu près 60 paroisses et plusieurs monastères : L’abbaye de Saint-Urbain, fondée en 1148, et habitée par des moines de l’ordre de Citeaux ; deux abbayes de femmes, du même ordre, à Roth-Hausen et à Lochenbach, fondées en 1245 et 1485. Deux cloîtres de franciscains, l’un à Lucerne, et l’autre à Verstenstein, fondés en 1215 et 1630. Trois cloîtres de capucins, l’un sur le Vesemlin, à Lucerne, l’autre à Sursée, et le dernier à Schüpfheim, dans l’Entlibouch ; enfin un cloître d’ursulines, fondé en 1658, et un de sœurs de l’ordre de sainte Claire, fondé en 1619 à Lucerne. Depuis quelques années, les protestants ont dans cette ville une église et un pasteur.

 

BIOGRAPHIE.

Parmi les hommes illustres nés dans le canton de Lucerne, on distingue Joseph-Stalder, habile compositeur et maître de musique du prince de Conti ; Ignace Zimmermann, poète dramatique ; Lange, naturaliste ; l’historien Balthasar ; le lexicographe Stalder dont le Idioticon helvétique a obtenu dans le monde savant une réputation méritée ; Joseph Ritter, mort en 1809, auquel on doit le beau pont de Mellingen : il fut le rival d’Ulrich Grubenmann, dans l'art de construire avec solidité et élégance ; et le peintre Reinhard.
Parmi les hommes qui se sont distingués sur les champs de bataille, nous citerons cet avoyer Gondoldingen, mort si glorieusement à la bataille de Sempach ; Antoine Russ, qui trouva le trépas dans le cimetière de Saint-Jacques ou une poignée de Suisses soutint le choc de 18,000 Français ; Louis Pfyffer qui commanda la glorieuse retraite de Meaux en 1567 ; Joseph Suter qui combattit à Sempach ; et Jean Viol qui se trouva à la bataille de F. Bellinzone ; ces deux derniers, guerriers et poètes, ont célébré dans leurs vers les exploits de leurs compatriotes. Les titres de Lucerne à l’admiration du monde savant, les noms des grands hommes dont elle s’honore, ont été rappelés dans l’ouvrage de F. Balthazar (mort en 1810) que nous avons déjà cité, et qui a pour titre : Musœum virorum lucernatum fama et meritis illustrium.
Lucerne possède aujourd’hui un écrivain M. Hotlinger qui a continué avec beaucoup de talent L'histoire des Suisses de Müller ; on voudrait seulement dans l’œuvre de ce savant plus d’impartialité, mais sous le rapport de l’élégance du style et de la hauteur des vues, il ne laisse rien à désirer.

 

INSTRUCTION PUBLIQUE. - SCIENCES.

Le canton possède de nombreuses bibliothèques. Celle de la ville, riche en manuscrits nationaux, celle des franciscains, celle des jésuites, celle des capucins et celle de l’abbaye de Saint- Urbain. Cette dernière a en outre une collection de médailles et un cabinet d’objets d’histoire naturelle. Il y a à Lucerne un cabinet de lecture où on lit tous les journaux français.
C’est dans le couvent de Barcominoli, près de Lucerne, que le chanoine Elie de Laufen établit en 1470, la première imprimerie qui ait existé en Suisse. Ulrich Gering, religieux de ce couvent, y apprit à imprimer et se rendit à Paris, où il exerça son talent de 1472 à 1510. Long-temps il fit un mystère de son art. Les volumes sortis de ses presses sont au nombre des premiers livres imprimés en France. Gering amassa une grande fortune, qu’il légua aux étudiants et aux pauvres de Paris ; aussi la Sorbonne célébrait-elle tous les ans une fête solennelle en son honneur.
Les principaux établissements d’éducation du canton sont : un lycée établi à Lucerne pour la théologie et la philosophie, et un gymnase pour les beaux-arts, La ville a aussi une école gratuite de dessin et une société helvétique de musique. On a établi des écoles primaires dans toutes les communes rurales.
En ce moment, un homme d’un vaste savoir, le père Gérard, est venu porter à Lucerne sa méthode d’enseignement qui fit de si grand progrès à Fribourg.

 

INDUSTRIE. — COMMERCE.

Les habitants du canton de Lucerne font de l’éducation du bétail une de leurs principales occupations. Ils ont des bêtes à cornes d’une grande beauté et élèvent aussi des moutons, des chèvres, des porcs etc. Dans l'Entlibouch on achète des moutons au printemps, on les conduit sur les pâturages montagneux, qui seraient trop élevés pour des vaches, et on les abandonne à eux-mêmes pendant la plus grande partie de la belle saison. Chaque vache dans ce pays, donne deux quintaux de fromage gras pendant l’été. Sur quelques Alpes on fait du sucre de lait. Le Mont-Pilate nourrit de troupeaux nombreux.
Lucerne est aussi un pays à bled : il en fournit aux cantons voisns d’Uri, de. Schwytz et d’Unterwald : aussi chaque semaine son marché est très fréquenté. Les vignes sont peu abondantes dans cette contrée, et le vin est en général d’une qualité médiocre. Mais les Lucernois font du yin de fruit fort agréable, et qui devient quelquefois pour eux un objet de commerce. Parmi les autres produits qu’on exporte hors du canton, les fromages sont les plus nombreux. Il y a peu d’industrie dans le canton de Lucerne. Cependant les filatures de coton, de chanvre et de lin de l’Entlibouch, occupent un grand nombre d’ouvriers. C’est à Escholzmatt, et à Marpach ou Marbach qu’on fait le plus beau fil de lin.

 

POPULATION.

La population du canton de Lucerne d’après un recensement officiel n’est que de 86,700 âmes ; mais cette évaluation est évidemment trop faible. M. Bernouilli la porte à 116,000 âmes : un dénombrement fait en 1810 donnait déjà 101,904 âmes. En 1814 il naquit dans le canton 1,865 garçons et 1,652 filles ; la même année il mourut 2,910 individus et il se fit 558 mariages. En 1826, la population s’accrut de 1,129 individus ; il y eut 3,590 naissances, 2,461 décès et 519 mariages. La ville de Lucerne compte 7,000 habitants. La population de l’Entlibouch est d’environ 13,500 à 14,000 âmes.

 

BIBLIOGRAPHIE.

Descriptio montis Pilati, Tiguri 1555, par Conrad Gessner,
Histoire de l'Entlibouch, par Schnyder, in 8°, 2 part. 1781-1782.
Voyage dans les petits cantons, par L. Meister, 1782.
Description de quelques montagnes de l'Entlibouch, par Schnyder. Lucerne, 1783.
Fragments sur l'Entlibouch, par F. J. Stalder. in-8° deux part. ( en allemand). Zurich, 1797- 1798.
Les cinq siècles politiques de la république de Lucerne, par J. A. F. Balthasar. Lucerne, 1808.
Lucerne et ses environs considérés sous leurs rapports topographique, statistique et historique, traduit de l’Allemand, du chanoine Bussinger, par Henri de Crousaz. 1 vol. in-8° Lucerne, 1821.
Itinéraire du mont Rigi et du lac des Quatre-Cantons par les mêmes. Lucerne, 1821.
Panorama du mont Rigi, dessiné par H. Keller. Zurich, Füssli, 1825.
Le mont Rigi dessiné d’après nature, par H. Füssli et G. H. Meyer.
Goldau et ses environs. Lucerne, 1829.
Voyage pittoresque au lac des Quatre-Cantons, 10 vues dessinées d’après nature, par J. Wetzel, gravées par F. Hegi, avec un texte. 1 vol in-fol.
Mémoires historiques, topographiques et économiques sur le canton de Lucerney par J. A. F. Balthasar. 2 vol. in-8° (en allemand).
Le canton de Lucerne selon ses nouvelles frontières, par Seen.

ON SOUSCRIT CHEZ :
HIPPOLYTE SOUVERAIN, édit., 3, rue des Beaux-Arts.
Paris.— Imprimerie P. BAUDOUIN, rue Mignon, n. 2.

 

 

 

 

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