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Promenade dans Lucerne - Suisse

 

Lucerne et le lac des 4 quantons - © Norbert Pousseur

Lucerne et ses enseignes - © Norbert Pousseur

Lucerne, coins de rues - © Norbert Pousseur

Lucerne et le Pont de la Chapelle (Kapellbrücke) - © Norbert Pousseur

 

Autres pages sur Lucerne sur ce site :

 

Quelques sites pour compléter cette visite :

 

Lucerne in dictionnaire d'Ivigne - 1663

Une des principales villes des Cantons de Suisses, ainsi appelée à cause d'une tour où l'on mettait de la lumière la nuict. Elle est arrousée d'une rivière nommée Russi, qui sort d'un grand lac, par lequel sont portées toutes sortes de marchandises en Italie. Elle estoit jadis en la puissance de l'Abbé de Murbac par la donation de Pepin Roy de France : mais ayant esté depuis achestée par l'empereur Albert d'Autriche, elle secoüa le joug de la domination des Empereurs estant par eux oppressée, et se mit en l'alliance des Suisses l'an 1322. Mercart, en son Atlas.


Lucerne in "Géographie moderne" de l'abbé Nicolle de La Croix, édité en1777

sur le Russ, à l'endroit où cette rivière sort du lac de Lucerne. Cette ville est grande, peuplée et riche par le commerce des marchandises qu'on y apporte d'Italie. Les jésuites y avaient un beau collège. Il y a, outre ce collège, une collégiale célèbre, nommée Saint Léger, un couvent de cordeliers, et un autre d'ursulines. On garde dans l'Hôtel de ville la figure d'un géant, dont les os ayant été examinés par un habile anatomiste de Bâle, furent jugés avoir été les ossements d'un corps de dix-neuf pieds de hauteur (+- 3m ndt). La Tour de l'eau n'est remarquable que par son antiquité. Elle est située à l'endroit où le Russ sort du lac. On dit qu'elle servait anciennement de phare ; qu'on y allumait du feu la nuit pour éclairer les bateaux, et qu'elle a donné à la ville le nom de Lucerne, mais aujourd'hui elle sert à garder les archives. Lucerne est la résidence du nonce et de l'ambassadeur d'Espagne.

 

Lucerne in "Encyclopédie populaire" de Pierre Conil - 1880

(10 000 hab), v. de Suisse, ch.-l.du canton de Lucerne, bâtie à l'extrémité N.-O. du lac du même nom, à la sortie de la Reuss. Près de la ville, un lion colossal est sculpté dans le roc en mémoire des Suisses morts à Paris le 10 août 1792 en défendant Louis XVI. Le canton de Lucerne a 1.500 kil. car. de superficie et 133 900 hab., dont 131.300 catholiques. Il est situé au centre de la Suisse. Sol montueux et fertile, arrosé par l'Aar et la Reuss ; lacs nombreux. Riches pâturages; bétail; fromages. // Hist. Lucerne date du VIIIème siècle : vendue aux Habsbourg au XIIIème siècle, elle devint indépendante en 1332. Prise par les français en 1798, elle fut un moment capitale de toute l'Helvétie. Elle joua un rôle important dans la guerre du Sunderbund, et tomba, en 1847, au pouvoir de l'armée fédérale.

 

 

 

Reproduction partielle d'un livret de 1910 de l'office "de Renseignements" de Lucerne

Lucerne

le Lac des Quatre-Cantons

et leurs Environs

GUIDE PUBLIé PAR LA COMMISSION DU BUREAU OFFICIEL DE RENSEIGNEMENTS

Souvenir offic. de Renseignements

Texte élaboré par J. C. Heer

DIX-HUITIÈME éDITION
1909

AVEC PANORAMA, NOMBREUSES ILLUSTRATIONS PAR
WEHRLI FRÈRES, HIRSBRUNNER, GOETZ ETC.
PLAN DE LA VILLE, CARTE DU LAC DES QUATRE CANTONS
CARTE ROUTIÈRE ET TOPOGRAPHIQUE

Lucerne
IMPRIMERIE RAEBER & CIE.


Bureau officiel de Renseignements, Lucerne
Place de la Chapelle No. 2 à côté de l'église St-Pierre.


Service gratuit de renseignements concernant les institutions de la ville, curiosités, excursions et voyages en Suisse, correspondances par chemin de fer, bateaux à vapeur, diligences, hôtels, pensions, etc. : Le bureau organise des fêtes, concerts etc. et patronne toutes les mesures tendant à rendre le séjour à Lucerne et ses environs agréable à ses visiteurs et à faciliter les excursions dans la Suisse centrale.

On y trouve également un livre pour y consigner les désiderata ou les plaintes.

BUREAUX DE RENSEIGNEMENTS GRATUITS.

Appenzell :

Bâle :

Berne :

Bienne :

Coire :

Davos :

Fribourg :

Genève :

Glaris :

Interlaken :

Lausanne :

Lichtensteig :

Locarno :

Lugano :

Montreux :

Neuchâtel :

Ragaz :

Rapperswil :

Schaffhouse :

Soleure :

St. Gall :

St. Moritz :

Thoune :

Vevey :

Zoug :

Zurich :

Hauptplatz.

Falknerstrasse 2.

Gare, place Christofle.

Nidaugasse 62.

Grabenstrasse.

Kurproménade 23.

Romont 35.

Quai des Bergues, 3.

Hauptplatz.

Près du Kursaal.

Ancienne Poste, Grand Pont.

C. G. Würth.

Piazza Grande.

au Quai, vis-à-vis du Grand-Hôtel.

Grand' Rue 45bis

Place Numa Droz

Promenade.

Maison Schönegg.

Vordersteig 2.

Place du Marché.

Schützengasse 2.

Postplatz.

vis-à-vis du Thunerhof.

Quai Perdonnet 2.

Hôtel de ville.

Stadthausquai 1.

 


 

Vue 1909 de lucerne - reproduction © Norbert Pousseur

Lucerne

Lucerne est le joyau de la Suisse. Situé au centre de la célèbre terre des touristes, elle est aussi le rendez-vous de tous ceux qui traversent ce pays du nord au sud ou de l'est à l'ouest. Les voyageurs lui arrivent des lacs de Constance et de Zurich, de Baie et d'Olten, de Genève et de Berne par des voies ferrées distinctes» de l'Oberland bernois, par tous les trains du Brünig; de la Suisse primitive, par les vapeurs du lac des Quatre — Cantons. Et, comme si elle n'avait assez de l'animation qu'elle doit à ces moyens de communications, le chemin de fer du Gothard lui envoie du Midi ensoleillé, à travers les Alpes, de nouveaux hôtes, avides comme les autres de respirer l'air des montagnes. Lucerne forme le terminus de cette ligne d'une renommée universelle. De là vient que, à partir du moment où sur les quais s'épanouissent, au souffle du printemps, les corolles rosâtres des marronniers jusqu'à la danse des feuilles mortes sous la lumière mourante d'octobre, Lucerne est sans relâche d'un cosmopolitisme, d'une intensité de vie incroyable; et nul ne connaît la Suisse, s'il ne s'est délecté pendant la belle saison dans cette heureuse ville.

Lucerne n'a pas toujours été la métropole des voyageurs ; elle ne l'est devenue que depuis qu'on s'est senti épris des beautés grandioses de la nature.

A l'époque reculée où l'homme considérait les montagnes, les lacs et les cours d'eau comme des obstacles à l'existence, on ne trouvait sur les rives de la Reuss qu'un village de pêcheurs. La fondation du couvent de St-Léger, vers 735, eut pour cette bourgade une grande importance. Appelée Lucerne, du nom de Ludger, qui a la même signification que Léodégar (Léger), elle se transforma peu à peu en une ville où se concentra le commerce du lac des Quatre-Cantons. Lorsque fut conclue, entre les montagnards du centre du pays, cette alliance d'Etats d'où naquit la Suisse, Lucerne n'hésita point à se joindre aux alliés. Dès 1332, son histoire se confond avec celle de la Confédération, dont elle fut avec Zurich et Berne, jusqu'en 1848, un des vororts, c'est-à-dire le siège du directoire exécutif. Les bannières antiques de l'hôtel de ville et de l'église des Franciscains disent combien fut précieux le fidèle concours des citoyens de Lucerne dans les batailles où la Suisse fonda son indépendance. Le pays n'ayant plus à se détendre contre aucun ennemi, les Lucernois n'en continuèrent pas moins le métier des armes. Ils s'enrôlèrent comme mercenaires dans les armées de l'étranger. Qu'on pense ce qu'on voudra, de ce service à la solde des monarques, service pour lequel les Lucernois étaient les plus zélés de tous les confédérés, une étoile brille du plus pur éclat, celle de leur fidélité, à la mémoire de laquelle a été érigé ce monument d'un art si parfait: le «Lion de Lucerne».

Lucerne est vraiment dans un site merveilleux. Si Berne est le centre de la vie politique suisse, Zurich le siège des arts et des sciences, si Bâle est fière de ses manufactures et Genève de sa florissante industrie, Lucerne est unique par les mille et une beauté d'une nature grandiose. On peut y séjourner toute l'année sans jamais se lasser des promenades et des excursions, toutes plus belles les unes que les autres, qui s'offrent de tous les côtés de la ville. Bon gré mal gré, on devient à Lucerne un fanatique admirateur de la nature, un excursionniste passionné. En pourrait-il être autre

ment, d'ailleurs, lorsqu'on se trouve en présence du Pilate, du Righi, du lac miroitant, des éblouissants champs de neige des Hautes-Alpes, et que, partout où l'on porte ses pas, on ne rencontre dans cette charmante contrée que ravissement et bonheur de vivre ?

On pratique avec ardeur tous les sports à Lucerne. Des courses de chevaux internationales y ont lieu chaque année, au commencement de septembre. Elles sont accompagnées d'une série de réjouissances excessivement courues. Inutile d'ajouter que le lawn-tennis et le golf figurent au nombre des attractions permanentes de la belle saison. Des emplacements dotés des installations les plus modernes ont été aménagés en de nombreux endroits, à l'intention des amateurs de ces jeux hygiéniques.

Le sport d'hiver s'est également acclimaté dans les hauts plateaux de la Suisse centrale. Sur le Righi, à Andermatt et à Engelberg on s'adonne avec enthousiasme au sport du ski et du luge. Les amateurs de la pêche trouvent aussi dans ce sport une occupation divertissante dans la partie inférieure du lac et de la Reuss.

Ce n'est donc pas uniquement à sa situation au cœur de la Suisse que Lucerne doit l'avantage d'être devenue le rendez-vous d'été du monde des touristes: des 250,000 à 300.U00 voyageurs qui s'y rendent, bon an mal an, ceux qu'attire le charme du paysage sont tout aussi nombreux que ceux qui s'y arrêtent comme à un point vers lequel convergent de nombreuses voies de communication.

Il a déjà été publié sur Lucerne toute une collection de guides et d'itinéraires. Les touristes trouveront dans les librairies de la ville les multiples produits de cette littérature des voyages.

Le but de ces pages est de condenser dans un format commode les diverses monographies, les descriptions détachées, de manière à former un guide sûr et agréable, donnant aux hôtes de Lucerne tous les renseignements désirables sur la ville et sur ses environs

Promenade dans la ville.

Le voyageur qu'amène à Lucerne l'une des six lignes de chemins de fer qui y convergent, est déjà émerveillé au seul aspect de la nouvelle gare.

C'est d'abord le grand débarcadère, haut, clair et spacieux, à toiture vitrée; puis le quai long de 95 mètres avec les imposants bâtiments de la gare, les salles d'attente élégantes et un vestibule grandiose qui forme le point centrai de la gare; enfin la coupole, visible de fort loin, qui s'élève au-dessus du vestibule, à une hauteur de 42 mètres.

Tout l'édifice repose sur 3597 pilotis mesurant ensemble 36659 mètres de longueur.

De la grande place de la gare, on a devant soi le plus beau panorama qui se puisse imaginer: à droite. les pentes verdoyantes du Righi; en face, le lac et la ville avec ses tours; à gauche, le magnifique hôtel des postes et télégraphes. A droite de la gare s'élève le Musée international de la guerre et de la paix. Fondé par feu le conseiller d'Etat J. de Bloch de Varsovie, il a pour but de servir la propaganda pour la paix. Ses collections relatives à la technique des armes et à la stratégie à travers les âges, symbole du désarmement universel, comprennent les divisions suivantes :

1. Les armes et leur pouvoir destructif aux diverses époques; 2. L'organisation des armées; 3. L'art de la guerre; 4. La tactique; 5. Les écoles militaires de tir; 6. La fortification; 7. Les branches auxiliaires de l'art de la guerre; 8. Le service sanitaire; 9. Les branches auxiliaires de l'armée; 10. La guerre navale;

  1. L'influence de la guerre sur l'économie nationale;

  2. Souvenirs de guerre; 13. Panorama; 14. Projection cinématographiques.

A gauche de la gare, se trouve le bel hôtel des postes et télégraphes; devant nous, le pont du Lac.

Le pont du Lac a été construit à grands frais, en 1869 et 1870; il mesure 16 mètres de largeur et 150 de longueur. Nul ne s'y rend pour la première fois sans pousser un cri d'admiration. Il n'y a guère, en Musée de la guerre et de la paix, effet, que le célèbre pont du Mont-Blanc à Genève qui offre un panorama quelque peu digne de celui qui se présente ici.

Pardessus la surface scintillante du lac, apparaîssent des sommités tantôt riantes, tantôt majestueuses et mornes. A gauche, la base ceinte d'une guirlande de jardins à végétation luxuriante, surgit le Righi avec les blanches silhouettes de ses hôtels ; à droite, le sévère Pilate aux gigantesques crénelures, et, entre les deux un fouillis de hauts sommets neigeux et étincelants gracieusement flanqués de collines fleuries et de monta verdoyants. Cette partie de Lucerne, située au bord du lac, a tout le charme de la jeunesse. C'est aussi là que se trouvent, entourés de superbes jardins, les plus grands et les plus beaux hôtels, les villas et les maisons de campagne est plus coquelles, semblables à une brillante mosaïque. Tout l'aspect change dès qu'on suit le cours de la Reuss, dont les eaux limpides, d'un vert foncé, sortent du lac en passant sous les arches du pont La ville, de ce côté, a gardé le caractère sévère des siècles passés. Le vieux pont couvert, en bois, les murs d'enceinte de la Musegg, d'où se dressent neuf tours grisâtres, lui donne une physionomie tout historique, en dépit des constructions modernes, des villas qui émergent de tous côtés, jusqu'au sommet des collines.

En traversant le pont du lac, à l'extrémité septentrionale duquel se trouve une colonne météorologique comprenant baromètre, thermomètre et échelle d'eau, on arrive au quai, à ce «corso» universellement connu, rendez-vous du monde élégant de toutes les zones. Le long de ce quai aux belles allées ombragées, et le long du lac aux ondes jaseuses, s'alignent un certain nombre de grands hôtels internationaux, à propos desquels nous nous bornerons à dire que, parmi la cinquantaine d'hôtels que possède Lucerne, chacun en trouvera un à son goût : il en est pour l'homme du monde habitué au luxe le plus raffiné, pour l'homme d'affaires, pour le simple bourgeois cher, chant un gîte semblable à son chez-soi, de même que pour l'étudiant dont l'escarcelle est légèrement garnie.

Quelle vie, quelle gaîté sur ce quai ! Dans la soirée, on y a l'impression d'un kaléidoscope où défilent les représentants du monde entier. Promenons-nous un peu sous les arbres, le long des grands hôtels. Devant ces édifices aux gigantesques façades s'étendent des jardins d'une végétation méridionale de toute beauté. Tout sourit, tout resplendit. Comment s'appellent les montagnes qui captivent le regard? Rien de plus aisé à savoir. Voici, sur le quai, un toposcope ou table d'orientation. En quelques instants cet utile instrument vous donnera avec toute l'exactitude possible, les noms de tous les sommets que vous voyez s'élancer dans l'éther, de même que ceux des villages et des châteaux disséminés sur les rives du lac.

 

Vue 1909 du Kurplatz avec le pavillon de musique - reproduction © Norbert Pousseur
Le Kurplatz avec le pavillon de musique.

Le Kurplatz est l'emplacement qui se trouve à la jonction du quai du Schweizerhof et du quai National. Par un vote d'avril 1907, la commune décida de conserver ce magnifique terrain pour en faire une promenade publique. Et voilà comment, grâce à d'importantes subventions des propriétaires bordiers et d'autres citoyens, le Conseil municipal et le « Kurcomité » ont créé le Kurplatz et son pavillon de musique, d'après les plans de l'architecte Bruno Schmitz de Charlotten-bourg. C'est là que se donne rendez-vous le monde élégant pour entendre l'orchestre italien du Kursaal. Les concerts de cette excellente musique ont lieu tous les jours de beau temps, le matin de 11 heures à midi; le soir, de 4 à 4 3/4 heures.

Le Kursaal est situé à une faible distance du Kurplatz, entre le quai National et la Haldenstrasse (ligne du Tramway). Administré par la Société du Kursaal de Lucerne, qui le possède depuis 1896, cet établissement comprend un théâtre, des salles de conversation, de lecture et de jeu, ainsi qu'un café-restaurant avec des vérandas, des terrasses et un vaste jardin.

L'orchestre du Kursaal se fait entendre journellement dans ce lieu, de Pâques jusqu'en octobre, de 5 1/4 à 6 heures de l'après-midi, et le soir à partir de 8 1/2 heures. En cas de mauvais temps il joue en outre de 11 heures à midi et de 41/2 à 6 heures du soir. Cet orchestre se compose de 56 musiciens italiens, que dirige le maëstro Angelo Fumagalli, du Théâtrede la Scala de Milan.

Des comédiens de premier ordre donnent chaquesoir des représentations au Théâtre des Variétés du Kursaal, de mai en octobre.

Sur la même scène ont lieu en outre, tous les soirs de juillet en octobre, des divertissements choréo-graphiques exécutés par un corps de ballet italienavec le concours d'étoiles de première grandeur. Le lundi soir en juillet, août et septembre, grands concerts classiques, où se font entendre les solistes les plus réputés. En août et septembre représentations par les meilleures tournées dramatiques. Enfin, illumination du jardin, les jours de fête nationale et de courses de chevaux.

Le «Kurheft» délivré par le Kurcomité donne le droit d'entrer librement dans le Kursaal durant le jour et d'assister aux concerts sans bourse délier. Il permet de plus d'obtenir une réduction du 25°/o à toutes les places, pour les spectacles du soir, de même que pour les ballets.

A côté du Kursaal, dans la ligne même des grands hôtels du quai et au centre d'un paysage merveilleux, des Jeux de tennis aménagés selon toutes les exigences sont à la disposition des amateurs.

Sur le quai se trouvent aussi les établissements des bains du lac pour dames et messieurs. Il est superflu de dire qu'un bain dans ces ondes fraîches pour qui le supporte, est des plus salutaires.

En revenant du Kursaal, on a, à droite, la nouvelle -Eglise anglaise» au style gothique, construite en 1898/1899 et à une centaine de pas à gauche, l'hôtel de l'administration du chemin de fer du Got-hard, édifice non dépourvu de grandeur, et, vis-à-vis, la belle maison des «Quatre saisons».

A l'est du quai du Schweizerhof (Hôtel Suisse), sur lequel est située l'Eglise protestante, s'élève la collégiale de Saint-Léger ou Hofkirche, la principale église de Lucerne. Aux artistes, aux amateurs d'art, nous signalerons cependant les superbes stalles sculptées du chœur, la grille du chœur et du baptistère, en fer forgé, d'un travail si remarquable enfin l'autel latéral du nord, orné d'un admirable relief en bois. Cette œuvre date du XVème siècle, époque où la Suisse a produit des artistes de premier ordre.

Aimez-vous la musique ? Si oui, ne manquez pas d'assister à un des concerts d'orgue qui ont lieu à l'église tous les soirs de la semaine de 6 à 7 h., ainsi que les lundis et jeudis matin à 11 h. depuis le 1er juillet jusqu'au 15 sept. Entrée fr. 1.50, pour porteurs de la Kurkarte fr. 1.—. Le grand orgue est un des plus anciens et des plus importants instruments de ce genre. Monté en,1650 par Geisler de Salzbourg, il fut transformé par Haas en 1862. C'est à ce dernier qu'il doit sa merveilleuse « voix des anges », qui jusqu'ici n'a pu être surpassée. Lors de sa dernière restauration en 1898/99, M. Goll, constructeur d'orgues, à Lucerne, le dota d'un nouveau jeu comprenant entre autres une « voix céleste ». L'instrument compte aujourd'hui 95 registres et 4950 tuyaux. L'organiste est M. Breitenbach, directeur de musique, un virtuose qui a à sa disposition un immense répertoire d'œuvres classiques ou modernes. Pour ceux qui aiment l'aspect austère du champ des morts, un pas hors de la cathédrale, et ils se trouvent sous les silencieuses arcades du cimetière de Saint-Léger, qui certes n'est pas sans intérêt Les rêveurs n'y seront pas distraits par les bruits du monde.

La rue des Alpes, bordée de superbes magasins, conduit dans la partie de Lucerne où se trouvent les curiosités les plus remarquables.

Dans la rue voisinera Löwenstrasse, où une nouvelle Lucerne est en train de se créer, se trouve le grand panorama. On y admire principalement un tableau de dimensions colossales de Castres, représentant l'entrée en Suisse de l'armée de Bourbaki, en février 1871. Il est visible à partir de 7 h. du matin, durant la saison entière. (Entrée 1 franc.)

De là, en se dirigeant au nord, on arrive dans un petit parc naturel aux frais ombrages. C'est là que se trouve lagrande attraction de Le grand orgue de la cathédrale. la ville, le Lion deLucerne. Les rois de France, avant la Révolution enrôlaient des Suisses dont ils faisaient leur garde du palais.

Ce service-là n'était guère périlleux; mais il devint lorsque, le 10 août 1792, les Jacobins irrités de ce qu'une armée austro-prussienne s'avançait pour protéger le roi, envahirent les Tuileries. Deux bataillons de la garde royale composés uniquement de Suisses succombèrent, après une lutte héroïque, sous les coups des assaillants, dont le nombre allait croissant. Le 2 et 3 septembre, tombèrent ceux qui avaient survécu.

C'est à la mémoire de ces malheureux soldats qu'a été érigé, en 1821, à l'instigation du colonel de Pfyffer de cette ville, le monument ci-dessus. La conception en est due au génie de Thorwaldsen. Il a été taillé par le sculpteur Ahorn, de Constance, dans une paroi de rocher de vingt mètres de haut. L'impression qu'on en emporte est inoubliable. Au bas, un petit bois touffu et un étang d'une mélancolique poésie; creusée dans le roc vertical, une grotte au centre de laquelle est couché un lion blessé à mort, défendant de sa griffe les armes des Bourbons. Sur le monument, on lit ces mots: Hel-vetiorum fidei ac virtuti et les noms des officiers morts. Cette œuvre remarquable est visible gratis; on ne paie ni billet d'entrée ni pourboire.

A l'entrée du jardin du monument, s'élève la Chapelle expiatoire, portant cette inscription: Invictis pax.

A gauche, se trouve l'Alpinéum, un grand diorama des Alpes et des glaciers, complètement installé à neuf par son propriétaire actuel, le peintre Ernest Hodel, et dans lequel se trouvent cinq toiles immenses représentant les hautes Alpes suisses, avec un premier plan plastique, d'un effet grandiose et d'une scrupuleuse fidélité. (Entrée 1 franc.) Quelques pas plus loin, à l'est, est situé le Jardin du glacier, immédiatement à côté du monument du Lion.

Le Jardin du Glacier est une curiosité unique dans son genre. On y voit les vestiges d'un des laboratoires du monde en formation, vestiges dont la découverte est due à un pur hasard. En fouillant le sol en cet endroit en 1872, pour la construction d'une maison, on rencontra, sous la couche d'humus, neuf entonnoirs d'un ancien glacier. La plus grosse de ces gigantesques cuvettes mesure huit mètres de diamètre et neuf mètres et demie de profondeur. Elles furent creusées à l'époque préhistorique par les eaux d'un glacier qui du Gothard s'avançait pardessus la contrée de Lucerne.

Le jardin du glacier.

Jusqu'au nord de la Suisse. Ces eaux, en s'écoulant par lescrevasses du glacier entraînaient avec elles dans un mouvement tournant les pierres charriés par les glaces. On voit encore ces pierres au fond des cuvettes aux parois polies qu'elles ont contribué, avec les eaux, à creuser peu à peu dans le rocher sur lequel se trouvait le glacier. Elles y sont demeurées après la fonte des glaces. Elles sont en gneissou granit du Gothard, ou en calcaire des Alpes. Le jardin du glacier donne ainsi une explication compréhensible pour tous d'un bien curieux phénomène géologique. Le visiteur trouve dans la partie supérieure du jardin des glaciers, où le parc a été considérablement agrandi, l'explication de la formation énigmatique des marmites gigantesques.

Dans différents édifices de ce jardin, se trouvent d'autres curiosités telles que le célèbre plan en relief de la Suisse centrale, du Lucernois Louis Pfyffer. Il est à l'échelle de 1 : 12,500 et mesure 7 mètres de long sur 4 de large. Son auteur, qui était lieutenant-général du roi de France, l'exécuta dans la seconde moitié du XVIIIème siècle. Il consacra dix années à ce travail qui, s'il a été dépassé par les reliefs modernes, a cependant une grande valeur, parce qu'il est le premier essai réussi de la reproduction fidèle d'une contrée montagneuse. En 1799, le général français Lecourbe, qui séjourna quelque temps à Lucerne, l'étudia pour combiner sa fameuse défense du passage du Gothard et de la Suisse centrale contre les Russes, qui venaient d'Italie et que commandait Souwaroff.

Un autre relief est une illustration de la bataille du pont de Souwaroff, entre les Français et les Russes, dans la vallée de la Muotta. Les armées sont représentées par des figures plastiques. Un troisième grand relief nous montre la ligne du Gothard. C'est le tracé tout entier de la voie, et l'on peut très bien s'y rendre compte de toutes les difficultés qu'il a fallu vaincre pour la construire. De plus, nous remarquons un village lacustre, d'après un modèle du Dr. J. Keller, avec les collections d'objets de l'âge de la pierre qui s'y rapportent.

Le célèbre Musée zoologique des Alpes, de Stauffer, vient d'être installé dans une élégante construction toute neuve. Il est ouvert gratuitement aux visiteurs du jardin des glaciers, de même que l'exposition permanente de photographies coloriées qui y est jointe.

Le jardin demeure ouvert jusqu'au soir. Eclairage électrique. Entrée 1 franc. Notice scientifique du professeur Heim, avec l'explication de chaque numéro, 20 centimes.

A côté du jardin des glaciers, se trouve le Labyrinthe oriental, installé en 1899, d'après le plan du fameux palais de l'Alhambra de Grenade. On y voit d'intéressants groupes d'Orient, un jardin de palmiers, des bosquets de rosiers, ainsi qu'un grand kaléidoscope à agencement de télescope. Entrée 1 franc.

Les guichets du jardin des glaciers délivrent pour la commodité du public des billets doubles, valables pour le Jardin des glaciers et pour le Labyrinthe oriental.

Du Jardin des glaciers dirigeons-nous du côté de l'ancienne ville. Le contraste qu'elle offre avec ce que nous venons de voir, paraîtra grand; mais on pourra s'y faire une idée exacte de ce qu'est une vieille cité suisse. Beaucoup de maisons y attirent l'attention par leurs façades peintes, ou par des travaux en fer forgé qui imitent d'une façon heureuse les anciens styles.

Pour cela, retournons à la place de la Chapelle (Kapellplatz). Là se trouve, à côté de l'église St-Pierre, Nr. 2, le Bureau officiel de renseignements ou Verkehrs-bureau, institution fort utile, créée par la Société lucernoise du commerce et de l'industrie. Les voyageurs y obtiendront gratis tous les renseignements désirables sur Lucerne et ses environs, voire même surle reste de la Suisse.

De là nous allons voir le pont couvert, appelé Kapellbrücke (pont de la Chapelle), qui franchit la Reuss en ligne brisée. Il date de 1333, époque où le bois n'avait pas encore fait place à la pierre dans les constructions, ainsi que le montre sa massive charpente. En ce temps-là, la ville ne possédait aucune maison qui ne fût de bois, ce qui faisait que le peuple l'avait plaisamment surnommée «le petit nid de bois des cigognes». Que de changements se sont produits dès lors! Sur les 121 panneaux de la toiture du pont sont peints les hauts faits des héros lucernois et les épisodes de la vie de saint Léger et de saint Maurice, les patrons de la ville.

Au milieu de la Kapellbrücke s'élève une tour octogonale, appelée Wasserturm. C'était jadis la trésorerie. Aujourd'hui, elle sert de dépôt pour les archives de la ville et les titres. Cette tour, lit-on dans plus d'un ouvrage, existait déjà à l'époque romaine et servait alors de phare. Et l'on a fait dériver de lucena (phare) le nom de la ville. Lucerne signifierait ainsi la «ville de la lumière». Il y a malheureusement dans cette étymologie plus de poésie que de vérité. Le Wasserturm n'est, en effet, comme la Musegg, qu'un reste de murs d'enceinte construits dans la première moitié du XIIIème siècle.

En traversant ce pont, on arrive dans la «petite ville», ainsi qu'on a coutume d'appeler les quartiers de la rive gauche, par opposition à ceux de la rive droite, qui portent le nom de «grand ville». Mais maintenant, la «petite» Lucerne est devenue la «grande», car la configuration de la rive gauche se prête bien mieux que celle de la rive opposée à l'extension de la ville. On bâtit beaucoup, aujourd'hui, de ce côté.

Le long du quai de la rive gauche, se trouve, dans la Reuss, la colonie des cygnes, dont les membres contribuent à égayer le paysage. La rivière est animée en outre par de nombreuses bandes de poules d'eau, oiseaux plongeurs au plumage noir, appelés «Bucheli» (fulica atra) et qui, fort aimés de la population, sont devenus à moitié domestiques, malgré leur nature plus que timide. Ils ne vivent ordinairement que dans le Nord, aussi leur présence sur la Reuss et sur le lac des Quatre-Cantons est-elle un fait curieux.

Sur le quai ombragé, qui s'étend depuis la gare et qui est flanqué de magnifiques hôtels, se trouvent l'Eglise St-Xavier et le Théâtre. Ce dernier, étant remplacé par le Kursaal, demeure fermé en été. En revanche, l'hiver, saison des vacances pour les Lucernois, il devient leur rendez-vous favori. L'église St. Xavier est une construction de style rococo, comprenant huit chapelles. On y remarque un jubé de grandes dimensions et quelqes retables dignes d'être vus. A une faible distance en aval, est situé le palais du gouvernement. Il captive le regard par la belle façade de son corps central, de style florentin, et plus encore par son arrière-cour, appelée le petit château (Schlösschen). Des colonnes élancées y supportent trois étages que surmonte un plafond cintré d'un grand art. Oeuvre de l'architecte Hans von Lyn de Trente, le palais du gouvernement constitue un remarquable spécimen de l'architecture du XVIéme siècle.

L'édifice vis-à-vis, avec arcades, contient les archives de l'Etat. On a aussi réuni là une importante collection de documents sur les institutions politiques et autres de la Suisse, collection qui, au point de vue historique, est d'une valeur inappréciable. Enfin, il s'y trouve, outre un beau médailler, le cachet en or du duc Charles-le-Téméraire, provenant du butin de la bataille de Grandson (1476). Derrière le palais du gouvernement, au Hirschengraben, s'élève le nouveau bâtiment de l'école cantonale, où se trouvent les établissements d'instruction supérieure, le collège, le lycée, l'école réale et l'école professionnelle. On y trouve en outre un Musée d'histoire naturelle, contenant des collections botaniques, géologiques et zoologiques riches. Entrée gratuite le dimanche de 10 à 12 h., les mardis, jeudis et samedis de 2 à 4 h., les autres jours les visiteurs payent 50 centimes; les enfants la moitié. Fermé les samedis matin. S'annoncer auprès du concierge ; conservateur : le professeur Dr.H. Bachmann.

Tout près de l'église des Franciscains est le Musée.

Le premier de ces édifices est en style gothiquesimple. On y remarque une belle chapelle latéraleRenaissance, des stalles artistement sculptées (dans le chœur) et des reproductions des drapeaux conquisdans les guerres d'indépendance.

Le Musée renferme la Bibliothèque cantonale, l'une des plus importantes de la Suisse par le nombre (90,000) de ses volumes. (Ouverte de 10 à 12 h., le dimanche excepté.) La Bibliothèque communale, située sur la Reuss, présente un intérêt tout particulier pour les amateurs de littérature suisse. Elle est ouverte tous les jours, excepté les dimanches, de 2 à 4 heures de l'après-midi. C'est la seule en Suisse qui ait pour but exclusif de réunir tout ce qui a rapport à l'histoire helvétique avant 1848. On y trouve également une collection complète des monnaies lucernoises.

Du Musée on arrive, par la Pfistergasse, à l'arsenal, qui n'offre plus rien de fort intéressant, depuis que les précieux trophées guerriers qui s'y trouvaient, ont été réunis aux collections de l'hôtel de ville, place du marché au blé (Kornmarkt). Pour regagner de là la rive droite, on s'engage, près de la caserne, sur le pont des Moulins (Spreuerbrücke).

Ce pont des Moulins, Spreuerbrücke ou Mühle-brucke, est le pendant de la Kapellbrücke. Comme celle-ci, il est tout en bois et a une toiture. Il n'en diffère que par l'âge, étant d'un siècle plus jeune. La charpente en est décorée d'une intéressante danse des morts du peintre Gaspar Meglinger, qui vivait à Lucerne au XVIème siècle. Entre ces deux vieux ponts de bois, on a jeté un pont moderne non couvert, la Reussbrücke. En outre, au-dessous de la Spreuerbrücke, un cinquième pont relie depuis quelques années le faubourg St-Jacques à la rive droite.

Un peu plus bas, il y a un grand viaduc en fer du chemin de fer du Gothard. La Reuss, qui roule sous les ponts supérieurs ses eaux limpides avec une vitesse moyenne, comme si elle s'éloignait à regret de Lucerne, coule ici avec une extrême rapidité.

Par le Mühlenplatz, où est situé le récent et bel établissement des Arts et Métiers, on arrive à la fontaine du Weinmarkt. Cette vieille fontaine monumentale, surmontée de la statue de St-Maurice, armé de pied en cap et portant le bouclier, est une des plus belles de la Suisse. Les connaisseurs en admirent surtout les guerriers cuirassés, à l'allure si vive, qui ornent les niches des solides colonnes gothiques.

La Kornmarkt-gasse conduit à l'ancien hôtel de ville, place du Kornmarkt ou du marché au blé. De style Renaissance pur, l'ancien hôtel de ville a une cage d'escalier gothique. Les salles sont ornées de remarquables lambris, d'anciennes sculptures sur bois, des portraits des avoyers ou maires de Lucerne et de peintures murales de Reinhard et de Wyrsch. Au rez-de-chaussée, se trouvent une Exposition permanente des beaux-arts et le Musée historique des beaux-arts appliqués à l'industrie, avec une collection d'antiquités de la Société des cinq villes. On voit là des objets trouvés dans des tombeaux, d'autres provenant de constructions lacustres, soit de l'époque préhistorique; de nombreuses armes et des trophées remportés par les Suisses dans leurs expéditions guerrières; une banderole turque emportée en 1571 par les Lucernois; la cotte de mailles du duc Léopold d'Autriche, prise à la bataille de Sempach; dix-neuf boucliers italiens de la bataille de Giornico; d'anciens vitraux peints superbes, dont un certain nombre à armoiries n'ont pas leurs pareils. Le tout forme réellement une petite Delphes lucernoise, évoquant en foule les souvenirs historiques. (Ouvert du 1er juin au 15 oct. de 9 à 6 heures Entrée 1 Fr.) En montant aux murs grisâtres de la Musegg, on verra, dans l'ancien couvent de Sainte-Marie-du-Secours (Mariahilf) l'Ecole des jeunes filles; à côté, l'Ecole des garçons, installée dans une édifice ayant un air de palais. Tout près, s'élève l'Eglise du Christ, genre basilique, destinée aux cultes des «vieux catholique lucernois et de l'Eglise épiscopale américaine. De la tour, on a une très belle vue (Entrée 50 centimes; s'adresser au concierge). De ces régions, divers chemins conduisent rapidement à la place du Cygne et au Quai, qui est l'endroit où l'on revient toujours et où se retrouvent avec plaisir les hôtes de Lucerne.

Mais nous voilà surprise dans notre intéressante promenade dans la ville, par le soir, par un de ces soirs d'été qui valent un poème. Du lac nous arrive une brise légère, qui caresse les eaux nacrées et fait bruire mystérieusement le feuillage des marronniers. Sur les montagnes dont les pics élancés incendient le ciel, la nature dans sa splendeur a l'air d'offrir son âme au Créateur. Ils flamboient, tous ces sommets neigeux de l'arrière-horizon ; ils ne sont plus inanimés; un feu intérieure semble les embraser. Plus bas, sur les monts moins éloignés, les ombres du soir sont déjà descendues. Plus la nuit vient ! Sur la verdure des arbres, sur les massifs des fleurs tombent les nappes lumineuses des lampes électriques, tandis que sur le lac à demi noyé dans l'obscurité miroitent les fanaux multicolores des bateaux, et que s'élève dans la nuit le chant de quelque couple heureux glissant loin du bord sur les eaux. Avec sa foule cosmopolite, ses hôtes aux costumes variés, hommes en tenue de voyage et femmes en robes de soirée, Lucerne offre en ces moments-là un tableau comparable à celui de n'importe quelle grande cité maritime. On y rencontre des représentants du monde entier, venus tous dans une même but: se reposer tout en jouissant des incomparables beautés du paysage et des ressources qu'offrent les multiples promenades autour de la ville.

Le funiculaire du Gütsch.

Lucerne est par excellence la ville des promenades. Connaissant la vue qu'on a de la ville elle-même, vous vous dites que, sur les hauteurs qui l'entourent, le paysage doit être plus pittoresque encore. En vous mettant en route, vous constatez avec ravissement que votre attente est dépassée et qu'à chaque pas de nouvelles splendeurs se dévoilent

Il se peut aussi que vous ne sachiez de quel côté commencer vos promenades. Dans ce cas, faites-moi l'honneur de me suivre. Vous voyez là-haut, à l'extrémité ouest de Lucerne, cette tour élancée semblable à quelque minaret, qui domine les maisons du coteau et la forêt de l'arrière plan. C'est le Gütsch (Hôtel-Restaurant), le célèbre point de vue de Lucerne, l'endroit le plus propre à se pénétrer des magnificences de la contrée. Par la Pfistergasse et en passant devant la caserne, on arrive en dix minutes à la gare du petit chemin de fer funiculaire qui vous transporte en 21/2 minutes sur la hauteur entre la Pfistergasse et le Gütsch, le plus court chemin est celui-ci: prendre à l'Orphelinat à gauche et suivre le chemin passant l'Hôtel-Pension-Restaurant Château Wilhelmshöhe et puis devant une ancienne tour fortifiée. Une route carrossable conduit en outre à l'Hôtel Restaurant Quoique le Gütsch ne soit en réalité qu'une colline, on y jouit d'un panorama d'une rare étendue. Au premier plan, la ville et son vieux mur d'enceinte flanqué de tours, la Reuss rapide, le lac étincelant; plus loin, les flancs du Righi et du Bürgenstock parsemés de gigantesques hôtels et dominés par les Alpes d'Unterwald, où se distingue surtout, sur l'azur d'un ciel méridional, la neigeuse coupole du Titlis. En aval de la Reuss, se montre le charmant lac appelé Rotsee; le regard peut même se porter jusqu'à l'Utliberg, près de Zurich, Veut-on voir plus d'espace encore, on monte au haut du belvédère. Enfin une promenade dans la belle forêt située derrière l'hôtel et la pension du Gütsch et aux hauteurs du Sonnenberg (voir au chapître suivant) procurera également de vives jouissances, grâce aux échappées sur Lucerne et sur les Alpes.

Le chemin de fer du Sonnenberg.

Un chemin de fer électrique relie Lucerne à Kriens, grand et beau village à trois kilomètres de distance. Entouré de jardins et de vergers, Kriens est assis à la base occidentale du Pilate, qui le domine de sa haute masse. Ses filatures de soie et ses ateliers mécaniques en font l'endroit le plus industriel du canton de Lucerne. On a en s'y rendant une vue ravissante sur le Righi.

De Kriens, on monte en vingt minutes à l'hôtel ou Kurhaus du Sonnenberg, grâce à la ligne électrique ouverte l'été de 1902. C'est un petit voyage qui permet de jouir d'un merveilleux coup d'oeil sur la verte vallée de Kriens aux belles prairies, ainsi que sur les environs du village. Le Kurhaus est dans un site délicieux, au milieu d'une forêt de sapins et en face du panorama du lac et des Alpes. Un parc de 150 hectares, le Gollplatz de Lucerne, se déploie sous l'hôtel. Sa position idéale en fait le lieu de prédilection des sportsmen. Il possède un établissement propre à leurs rendez-vous. «Basler Ruhe», «Victoria-Platz» et «Wolfsschlucht» sont les noms de trois points ravissant du grand parc boisé dépendant du Kurhaus; mais le plus célèbre est la Kreuzhöhe auf der langen Furen, soit la longue arête du sommet, haute de 780 mètres. De la pension, on y arrive en dix minutes. On a de là-haut une vue superbe sur les baies de Lucerne et Stans avec leurs cadres de collines dominées par les montagnes boisées ou neigeuses, et, dans la direction opposée, sur la vallée de la Reuss et sur l'entrée de l'Entlebuch, cette belle contrée alpestre.

Une façon agréable de regagner Lucerne est de descendre par le restaurant «Schwyzerhüsli», la forêt de Kriens et le Gütsch. C'est une promenade d'environ trois quarts d'heure et qui est riche en beaux points de vue. (Voir au chapître précédant.)

Les parties en petit bateau.

Les hauteurs qui encadrent si pittoresquement la ville ne sont pas seules à offrir de charmants buts d'excursion : le lac des Quatre-Cantons, dont le golfe de Lucerne est une des plus belles baies qu'on puisse imaginer, permet lui aussi de faire des promenades non moins variées et non moins agréables. Légers canots à rames ou à voiles et bateaux à moteurs sont amarrés le long du quai. Ces dernières embarcations sont particulièrement appréciées, car elles permettent de jouir des beautés de la nature en nombreuse compagnie. Si l'on ne veut pas entreprendre une longue traversée, on se rend de préférence à Tribschen, à Stutz, à St. Niklausen ou à Kastanienbaum, sur la rive gauche, et à Seeburg, à Altstad ou à Neuhabsburg, sur la rive droite. En raison de la liberté qu'elles laissent au promeneur quant à leur but et à leur durée, ces parties sur le lac comptent au nombre des distractions favorites. (Pour les tarifs des bateaux, voir l'annexe.)

 

 

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