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Département des Bouches du Rhône en 1883

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Carte du département des Bouches du Rhone en 1883 - Vuillemin - Reproduction Norbert Pousseur
L'Atlas de Vuillemin


POPULATION      558,379 hab                                                                   SUPERFICIE   510,487 hect.
Chef-lieu : MARSEILLE, à 813 k. S.-E. de Paris

DIVISION   ADMINISTRATIVE

Avant 1790, ce dép. faisait partie de la Provence. — Cour d'Appel et Académie d'Aix. — 15e Corps d'armée (Marseille). — 5e arr. maritime (Toulon); 8 ports de mer. — 28e arr. forestier. — Diocèse de l'archevêché d'Aix et de l'évêché de Marseille; église des rites grecs; église consist. calviniste et anglicane, et synagogue, à Marseille.

3 ARRONDISS
 
27 CANTONS.
108 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

MARSEILLE
318,868 h
9
Aubagne, La Ciotat, Marseille (6), Roquevaire.
17
359,074
AIX
28, 693 h
10
Aix (2) Berre, Gardanne, Istres, Lambesc, Martigues, Peyrolles, Salon, Trets.
59
111,719
ARLES
25,095 h
8

Arles (2), Château-Renard, Eyguières, Orgon, Saintes-Maries, Saint-Remy, Tarascon.

32
85,586


ABRÉGÉ HISTORIQUE

Les Salii, tribu de la Confédération des Volcœ, occupaient la Provence lorsque les Phéniciens d'abord (1000 ans av. J.-C.), et 400 ans plus tard, les Phocéens y vinrent fonder et renouveler la colonie de Massilia (Marseille). Cette ville prospéra bientôt, s'embellit, devint métropole, et fonda à son tour Nicea, Antipolis, Citharista, Agatha (Nice, Antibes, La Ciotat, Agde), etc. Deux de ses citoyens, Pythéas et Euthymènes, accrurent sa réputation par leurs expéditions maritimes. Au IIIe S. av. J.-C, cette république était l'Athènes des Gaules; elle s'allia avec Rome et combattit Carthage, les Cimbres et César. Le christianisme s'y établit dès le principe.
La Provence, conquise l'an 123 av. J.-C. par Sextius, le fondateur d'Aquœ Sextiœ (Aix), devint la 2e Narbonnaise. Elle resta sous la domination romaine jusqu'aux invasions des peuples du Nord. Au ve s., les Wisigoths, les Burgundes et les Franks s'en rendirent successivement les maîtres. Ces derniers en conservèrent la possession définitive par l'abandon que leur en fit, en 563, l'empereur Justinien. Ajoutons que les Wisigoths, vaincus à Vouglé et réduits à se concentrer en Espagne, avaient tout à fait cédé le territoire aux successeurs de Clovis. — Ce pays subit de nouvelles révolutions dans le moyen âge; après avoir été appelé royaume d'Arles, de 829 à 933, il fut confié par un empereur d'Allemagne, duquel il relevait, au gouvernement des comtes qui, d'abord électifs, s'emparèrent des attributions souveraines et se divisèrent en comtes d'Arles et comtes de Forcalquier.
Au XIIIe s., les deux comtés se trouvèrent réunis entre les mains de Raimond Bérenger V, qui tint sa cour à Aix. Ce règne fut l'âge d'or de la galanterie, des troubadours, des tournois et des cours d'amour. Marseille, Nice et Arles, qui s'étaient érigées en républiques, furent annexées à la Provence. La fille de Bérenger, Béatrix, lui succéda et apporta ses domaines en dot à Charles d'Anjou, frère de Saint-Louis (1246). Cette race occupa quelque temps le trône de Naples, et compta parmi ses princes Charles le Boiteux, qui fit la conquête du Piémont (1306), la fameuse Jeanne de Naples, qui vendit au pape la ville et la seigneurie d'Avignon pour 80,000 florins d'or; Louis 1er, qui perdit la couronne d'Italie; Louis II et Louis III, qui se consumèrent en vains efforts pour la regagner; enfin, René le Bon, dont les Provençaux gardent encore un souvenir reconnaissant. Charles III fut le dernier comte; il mourut en 1481. Louis XI fit valoir le testament de ce prince pour s'emparer de son domaine, et, malgré les prétentions du duc de Lorraine, il fut réuni définitivement à l'état sous Charles VIII (1486).

 

BIOGRAPHIE

Le satirique latin Pétrone; le généalogiste d'Hozier; l'ingénieur Adam de Craponne, auquel on doit la canalisation des cours d'eau de la Provence; Nostradamus, le fameux astrologue du XVIe s. et l'inventeur des almanachs ; les botanistes Adanson et Tournefort ; l'abbé Barthélémy, auteur du Voyage d'Anacharsis ; les littérateurs Lantier, Mignet; le prédicateur Mascaron; le grammairien Dumarsais; le moraliste Vauvenargues; le géographe Eyriès; les poètes Pellegrin, Barthélémy et Méry, qui ont écrit ensemble la Némésis ; Puget, surnommé le Michel-Ange français; le peintre Vanloo ; le compositeur Della Maria; l'introducteur en France des chèvres du Thibet, Jourert; les marins Forbin, Suffren, Gantheaume, d'Entrecasteaux; les généraux Miollis et Gardanne; le conventionnel Barbaroux; les comédiens d'Azincourt et Gavaudan; le ministre Portalis; l'éminnent historien de la Révolution, du Consulat et de l'Empire, Ad. Thiers, etc.


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. —Le dép. des Bouches-du-Rhône est maritime; il est situé au S.-E., entre 43° 8' et 43° 55' de lat. N. Bornes : Gard, Vaucluse, Var, et mer Méditerr. Il tire son nom des bouches ou embouch. par lesq. le Rhône se jette dans le golfe du Lion. — Pays montagneux dans une très-gr. part. de son étendue à l'E., où les ramific. des Alpes forment des plateaux stériles; point culmin. : le m. Ste-Victoire, 1,042 m. Vastes plaines alluviales le long du Rhône et entre ses branches; côtes basses et déchirées en un gr. nombre d'endroits. Plus. îlots, la plup. inhabit. : Riou, Ratoneau, Pomègue, etc. — Bassin du Rhône. Riv. princip. : Rhône, Petit-Rhône (navig.) ; Durance, Huveaune, Jaret, Arc, Touloubre, 14 étangs ou lagunes dont quelq.-uns sont considérab.).; ceux de Marthe et de Valcares. — Climat très-chaud, insalubre dans les parties marécag.; étés secs, hiv. doux. — Canal de Bouc à Arles; nombr. canaux d'irrigat. et de dessèchement. — 5 Routes nat., 16 départ. ; 1,000 ch. vicin. Chemins de fer (Voir la carte).

PRODUCTIONS. — Sols dominants : pierreux, sablonneux, craie ou calcaire, marécageux, bon terreau, gravier. Sol en gén. fert.; riches terres d'alluvion dans les îles de la Camargue et du Plan-du-Bourg, entre les bouches du Rhône; la vaste plaine caillouteuse de la Crau, qui s'ét. d'Arles à la mer, entre le Rhône et l'étang de Berre, n'offre que des pâtur. pour l'hiver. — Pays agricole et manufact. Céréales suffis.; olivier, mûrier, arbres fruit. (amandier, figuier, câprier, noiset., grenadier, oranger, etc.); chêne-liège, melon, garance, truffes, tabac. Les vignobles donnent les bons vins blancs liquor. fins de Cassis, les très-bons muscats de Roquevaire, Cassis et la Ciotat, et les excell. rouges d'ordin. de Séon-S.-Henri, S.-Louis, etc. De bons vins de liqueur dits « vins cuits » sont récoltés presque partout. élève de bétail peu consid., exc. celle des moutons, qui transhument en été; chevaux peu nombr. Industrie séricicole très-répandue. Pêche considér., surtout en thon, anchois et corail. Bois, 63,702 h.; vignes, 39,490 h. — Exploitation minérale : lignite, sel marin, pierre à chaux, moellons, quelq. beaux marbres, terre à creusets et à poterie. Eaux miner. à Aix.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — Industrie import. : savons, prod. chimiques, parfums, lainages bonneterie pour l'Orient, ouvrages en sparterie, bouch. de liège, poterie, verre, bijoux de corail; gr. usines métallurg.; distilleries d'eaux-de-vie, de liqueurs et d'essences. — Le Commerce exporte huile d'olive, vins, eaux-de-vie, vinaigres, liqueurs, essences, savons, sels, laines, lainages, corail et poisson. Commerce avec l'Algérie, l'Espagne, le Levant et les colonies.. — 60 foires.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 Faculté de théologie. 1 Faculté de droit. 1 Faculté des sciences. 1 Faculté des lettres. 1 école de méd. et de pharm. 1 école de notariat. 1 Cours libre d'enseig. sup. 1 Lycée. 3 Col. 41 établ. second. lib. 1 école norm. d'Inst. 1 école norm. d'Institutr. 11 Pension. prim. écoles prim.: 182 de garçons, 147 de filles, 35 mixtes. 3 Sém. 3 Bibl. pub. Conserv. de musique, à Marseille. 4 écoles d'hydrograph. 10 Sociétés savantes.



VILLES   PRINCIPALES

MARSEILLE, ch.-l., belle et gr. ville sur la Méditerranée. Entourée de manufactures, assise sur le pench. d'une colline qui s'étend jusqu'au rivage, elle offre un coup d'œil dont aucune ville de France ne peut donner l'idée. Ses env., jadis pierreux et arides, sont aujourd'hui partout arrosés, plantés d'arbres et divisés en jardins et en parcs. Les bastides ont fait place à d'élég. villas dont le nombre ne s'élève pas à moins de 4,000. La vieille ville a presque entièrem. disparu par le percement de la rue de la République, et la construct. des nouv. ports qui, après entier achèvement, offriront au commerce marit. une surface d'eau plus considérable que celle de tous les autres ports de France réunis. Le développ. des quais a atteint dès aujourd'hui, une longueur de plus. lieues. Dans ces dernières années on a construit à Marseille des monum. et des rues dignes de la 2e ville de France. Les rues de la République et Noailles, le Prado, la Promenade de la Corniche, le parc Borely, le Jardin zoologique ; la Préfecture, l'Hôtel-Dieu, la Bourse, le palais de Long-Champ, la Cathédrale, l'Arc de Triomphe, la bibliothèque, l'Hôtel de ville, le grand théâtre, les églises des Prêcheurs, St-Joseph, des Chartreux, St-Victor, la chapelle de Notre-Dame de la Garde, sont remarquables. Marseille a 3 th., 5 salles de conc.-sp., 7 hôp. ou hosp., une fac. des sc. une éc. de médec, un trib. civ., un trib. de com., un trib. de prud'hom., 80 égl. ou chap., 80 cercles, 300 cafés, 335 éc. comm. ou libres, 4 musées, observatoire, etc. Commerce immense avec toutes les parties du monde.
Voir aussi, sur ce même site : Marseille en 1761 - Marseille en 1830 - l'Histoire de Marseille - Les gravures sur Marseille
et sur un de mes autres sites : Marseille actuelle - la rayonnante
AIX, anc. v., siège d'un archevêché, près de l'Arc. Rues bien pavées; quelques-unes sont tirées au cordeau et garnies de jolies maisons. On y a découvert plusieurs objets d'antiquité, dont la plupart sont rassemblés dans les galeries de l'Hôtel de ville. On remarque la Cathédrale, qui a un baptistaire construit avec les débris d'un temple romain; la curieuse Tour de l'Horloge; la promenade appelée Orbitelle. — Ancienne capitale de Provence.
ARLES, une des métropoles de la Gaule, sur le Rhône. Peu peuplée, mal bâtie, les souvenirs et les ruines de son antique magnificence la mettent seuls au rang des villes les plus curieuses de notre pays. On y voit encore quelques arcades et deux colonnes de son théâtre, des restes bien conservés d'un cirque à triple rang d'arcades, une tour du palais de Constantin, un obélisque en granit, des tombeaux, des autels, des statues et d'autres ruines qui enrichissent le musée. Le seul monument moderne est le bel Hôtel de ville dessiné par Mansard. Commerce de vins, de blé, de fruits, d'huile et de saucissons renommés. — Siège de nombreux conciles.
Cit. encore : Tarascon, avec château du moyen âge, sit. s. le Rhône, qui la sép. de Beaucaire. — S.-Chamas, av. une poudrière import. Aux environs, un pont triomphal antique, orné de 2 arcs de triomphe. — Les Martigues, petit port de commerce et de pêche. — Salon, s. le canal de Craponne. — Istres, dont le nom vient, dit-on, du grand nombre d'huîtres fossiles qui se trouvent dans les couches calcaires de son territoire. Ce bourg se compose de rues étroites et mal percées, environnées par d'étroits remparts qui tombent en ruines. — S.-Remy, où l'on voit un arc de triomphe et un mausolée romain de la plus belle conservation.

 

 

Gravure de la ville de Marseille, en 1883
Gravure de Marseille en 1883

 

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