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Les villes à travers les documents anciens

 

La topographie et la description de Bordeaux

Publiée en 1835 par Abel Hugo, frère de Victor Hugo

 

Port de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur
Le port de Bordeaux vers 1830
(gravure des frères Rouargue, publié par Malte-Brun en 1842)

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SITUATION


Bordeaux est situé à 22 lieues de l’embouchure de la Gironde dans l’Océan, au milieu d’une vaste plaine presque de niveau avec les hautes eaux. La Garonne décrit devant la ville un demi-cercle vaste et régulier; le milieu de la courbe correspond exactement au centre de la ville qui, s’élevant tout entière sur la rive gauche et s’appuyant sur la convexité de la courbe, couvre un vaste espace de la forme d’un croissant, dont l’une des pointes est formée par le quartier des Chartrons, et dont l’autre, vers le haut de la rivière, est renfermée par les chantiers de constructions ; c’est vers cette extrémité que se trouve le pont, nécessairement situé ainsi pour laisser au port le plus d’étendue possible, mais hors du centre de communication et de toute ligne symétrique. Sa place naturelle et désirable sous tous les rapports, hors le seul qui l’a emporté de rigueur sur les autres, était le centre de la ville et de la demi-circonférence où se trouve la place Royale. Là où il est, il ôte toute régularité dans ses parties à la ville, qui manque également de variété de terrain, de perspective et de pittoresque. Sur la rive droite de la Garonne, Bordeaux ne possède que le petit faubourg de la Bastide ; cette rive est plate aussi, mais une chaîne de riants coteaux la borde à une demi-lieue de distance et offre des points de vue agréables ; c’est aussi du haut de ces collines que Bordeaux paraît avec le plus d’avantage. Il s’y montre tout entier, déployant son arc immense, bordé d’une forêt de mâts et couronné de ses hauts clochers. Au-delà, malheureusement, l’horizon insipide n’offre que des dunes basses et pelées, où commencent les Landes.

 

Panorama de Bordeaux vers 1840 - reproduction © Norbert Pousseur
Panorama de Bordeaux vers 1840 par Léon Drouyn
(Le Magasin pittoresque - 1844)

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ORIGINE ET ACCROISSEMENTS

Il est impossible de déterminer d’une manière précise l’époque de la fondation de Bordeaux, ni la signification de son premier nom Burdegala. — On croit que cette ville fut bâtie par les Bituriges-Vivisques, habitants de l’ancien Berri ; chassés de leur province par César, ils vinrent s’établir au bord de la Garonne, dans un lieu entouré et défendu par de vastes marécages ; site convenable à une peuplade qui fuit et cherche un refuge, mais fort peu propre en apparence à l’établissement d’une ville destinée à devenir puissante. — De sombres forêts couvraient alors les alentours.
— Vers l’an 260 les Romains s’emparèrent de la ville nouvellement bâtie et la détruisirent ; puis ils la réédifièrent sur un plan régulier. Elle eut une enceinte de forme oblongue qui fut armée de tours et d’autres fortifications. Ses quatre angles répondaient à la tour du Canon, à la chapelle de la Bourse, au Palais de Justice et à l’église Saint-André. Elle avait environ 750 mètres de longueur sur 500 mètres de largeur.
— En 402 les Wisigoths s’en rendirent maîtres. Alaric y tint sa cour en 405 ; Clovis vint l’en chasser en 409.
— En 730 les Sarrasins d’Abdérame la prirent et la dévastèrent.
— Elle fut ravagée de nouveau en 840 par les Normands; puis par les Gascons, les Anglais, etc.
— Le Prince Noir, fils d’Édouard III, roi d’Angleterre, maître de toute la Guyenne, conduisit prisonnier à Bordeaux le roi de France Jean.
— Richard II, d’Angleterre, y naquit en 1366.
— Enfin en 1461 Bordeaux et la Guyenne rentrèrent, et pour toujours, au pouvoir de Charles VII et de ses successeurs.

— La première enceinte romaine avait été détruite par les barbares, et reconstruite en 911, sur l’ancien plan, par les ducs de Guyenne. La ville reçut depuis deux notables accroissements : le premier fut en 1172, par ordre de Henri II, roi d’Angleterre, qui fit renfermer dans les murs de Bordeaux l’espace compris entre les fossés des Tanneurs, ceux de l’hôtel de ville et ceux des Salinières.
— Au commencement du XIIe siècle un nouvel accroissement eut lieu. Bordeaux s’enrichit de tout le quartier du Chapeau- Rouge. Cette ville était alors et fut jusqu’au XVIIe siècle une ville négligée, ignoble, triste, infecte ; la plupart des rues étaient hideuses ; ses quais étaient presque inabordables ; une forte enceinte de murailles garnies de tours achevait de l’assombrir et de lui donner une apparence totalement différente de celle que nous lui voyons maintenant. Cependant son commerce et sa population étaient déjà considérables. L'espace manquait surtout ; l’eau, l’air et les constructions étaient également malsains ; les faubourgs, isolés en dehors des murs, ressemblaient à des villages.
— Une nouvelle ère commença en 1743. M. de Tourny fut nommé intendant de la généralité de Guienne, et conçut dès lors, pour Bordeaux, un plan général d'améliorations qui dut rencontrer beaucoup d’obstacles dans les intérêts privés, dans les passions rivales, dans les localités elles-mêmes, mais dont triompha son génie. Pour régulariser la distribution intérieure, il traça, en dehors de l’ancienne enceinte, une enceinte nouvelle dont les grandes lignes devenaient les lignes normales des embellissements futurs ; il enveloppa la ville d’un immense trapèze, ayant pour base la rivière, pour sommet le cours d’Albret, et pour côtés les lignes qui, de ce cours, se prolongent à la rue Lagrange et aux terres de Bordes. Trois grands cours, six places publiques, la façade uniforme qui s’étend de la Bourse au quai de la Monnaie ; le Jardin public, dont la terrasse, les bosquets et les allées remplacèrent des terrains vagues et des marais putrides, décorèrent le nouveau périmètre de Bordeaux; des ports, d’un style simple et majestueux, en marquèrent les entrées principales ; d’élégants édifices bordèrent bientôt les développements extérieurs.
— Le génie régénérateur de M. de Tourny sut vaincre toutes les difficultés, et fit des prodiges pour l’embellissement et l’assainissement de la ville ; ce qu’il ne put exécuter, faute de temps, il l’indiqua et en prépara l’accomplissement ; enfin Bordeaux lui doit presque tout ce qui le rend remarquable. Depuis lui, mais par lui prévues et recommandées, trois améliorations immenses ont été menées à fin : la construction du grand théâtre, celle du pont et le déblaiement du terrain du château Trompette. Ces embellissements font de Bordeaux le Paris de la France occidentale et méridionale.

TOPOGRAPHIE

Quais. — La Garonne, sur la rive gauche, est bordée de quais sur environ une lieue de longueur, étendue de la ville au bord de la rivière ; ces quais sont larges, sans parapets, et descendent par une pente douce jusque dans l’eau ; les barques peuvent en tout temps s’y décharger. Des cales ou jetées en bois, qui s’avancent dans la rivière, facilitent le débarquement des gros navires.
— Les quais de Bordeaux sont une des beautés de cette ville; à leur immense développement, à la variété et la quantité de navires qui viennent y débarquer, des marchandises qui les couvrent, à l’aspect de la foule variée qui les peuple, se joint l’effet imposant d’une bordure de beaux édifices, dont les façades les décorent.

 

Rade de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur
Rade de Bordeaux et la façade des Chartrons
(Le Magasin pittoresque - 1844)

Voir ci-dessous la même gravure, zoomable



Quai des Chartrons
. — Son nom lui vient d’un petit couvent de Chartreux, qui y existait au XIVe siècle. Il offre une superbe chaussée, où l’on compte, entre autres constructions, près de trois cents grandes maisons, habitées par le haut commerce. Parmi les celliers (ou chais) nombreux qui les a voisinent, il en est qui contiennent jusqu'à mille tonneaux de vin. A l’extrémité inférieure du quai on trouve l’ancien moulin des Chartrons. Ce vaste et remarquable établissement avait été construit pour moudre mille quintaux de grain en vingt-quatre heures, au moyen de vingt-quatre meules, mues, sans interruption, par le flux et le reflux des eaux de la Garonne, à l’aide d’un mécanisme aussi simple qu’ingénieux. Le succès de l’établissement ne paraissait susceptible d’aucun obstacle ; mais on avait mal apprécié la qualité de l’eau motrice. Au bout de trois années, le dépôt journalier de cette eau limoneuse obstrua complètement les canaux et le moulin fut abandonne. Teynac, qui en était l’inventeur et y avait sacrifié une fortune considérable, en mourut de chagrin Depuis lors, le moulin des Chartrons a eu diverses destinations : il à servi d’entrepôt de denrées coloniales, puis de magasins pour les tabacs du gouvernement, etc. Cependant l’heureuse conception de Teynac n’est peut-être pas perdue pour la ville : on songe à rendre à ce moulin son premier emploi, en substituant des machines à vapeur aux machines hydrauliques.

Pont de Bordeaux
. — La construction de ce grand ouvrage parut longtemps un problème. On doutait de la possibilité d’exécution. Le maréchal Richelieu, gouverneur, auquel on proposait d’attacher son nom à un pont sur la Garonne, répondit spirituellement à l’offre qu’on lui faisait de lui laisser la gloire de poser la première pierre de l’édifice : « J’aimerais mieux en voir poser la dernière.» Longtemps avant d’oser aborder les véritables difficultés de l’entreprise, on était partagé sur le choix de l’emplacement. Dans le cours du XVIIIe siècle, on fit nombre de projets : on dressa des plans de ponts en bois ou sur bateaux, qui furent successivement abandonnés. En 1808, Napoléon décida que les convois militaires traverseraient la Garonne, à Bordeaux, sur un pont de bois. L’intérêt du commerce exigea que le pont fût situé vers l’extrémité supérieure de la ville, afin de laisser au port toute sa longueur. Les travaux furent commencés en 1810 ; le pont devait avoir 530 mètres de longueur, et être porté par 52 palées en charpente. En 1811 on projeta de remplacer ces palées par 19 voûtes en charpente, élevées sur 20 massifs en pierre, et la première pile, dans ce but, fut fondée cette année.
— En 1814, le pont ne possédait encore que six piles commencées vers le bord de la rivière. L’impôt extraordinaire frappé sur la ville pour la construction du pont se percevait difficilement, et son produit était détourné de sa destination.
— La paix ramena un meilleur état de choses. L’entreprise du pont prit une marche plus assurée.
— En 1815, on convint que les arches seraient construites en fer; et, en 1819, on arrêta définitivement que le pont serait entièrement construit en pierres de taille et en briques
— La compagnie qui régissait l’entreprise reçut une nouvelle organisation; transaction remarquable en ce qu'elle est la première, ayant pour but un objet d’utilité publique, qui ait été soumise aux chambres. La loi avait fixé au 1er janvier 1822 la fin des travaux du pont; mais, dès le 29 septembre 1821, un pont de service fut ouvert pour les piétons, et le lendemain, 30 septembre, la compagnie entra en jouissance du péage qui lui est concédé pour 99 années. Enfin le pont de pierre fut terminé le 1er octobre suivant. Il avait coûté 6,500,000 francs et nécessité d’immenses travaux.
— Ce pont se compose de 17 arches en maçonnerie de pierre de taille et briques, reposant sur 18 piles et 2 culées en pierre. Les sept arches centrales sont d’égale dimension. Elles ont 26 mètres 50 cent, d’ouverture ; l’ouverture de la première arche de chaque côté n’est que de 21 m., les autres sont de dimensions qui varient progressivement
— Les voûtes forment des arcs de cercle, dont la flèche est égale au. tiers de la corde.
— L’épaisseur des piles est de 4,20 m.. Elles sont élevées à une hauteur égale au-dessus des naissances, et couronnées d’un cordon et d’un chaperon. La pierre et la brique sont distribuées sous les voûtes, de manière à simuler l’appareil de caissons d’architecture, au moyen de chaînes transversales et longitudinales. Le parapet du pont à 1 m. de haut, et chaque trottoir 2,50 m de large. La largeur totale du pont est 14,86 m, et sa longueur, entré les deux coulées, est de 487 m,, c’est-à-dire 46 mètres de plus que le pont de Dresde sur l’Elbe ; 53 mètres de plus que celui de Tours, sur la Loire ; 110 mètres de plus que le pont de Waterloo sur la Tamise, à Londres ; et seulement 83 m. de moins que celui de la Guillotière sur le Rhône, à Lyon, qu’il surpasse d’ailleurs sous tous les rapports de majesté et de grandeur. Une pente légère, partant de la cinquième arche, de chaque côté, et descendant vers les rives, facilite le raccordement du pont avec les quais, et favorise l’écoulement des eaux pluviales. Deux pavillons décorés de portiques, avec colonnes d’ordre dorique, s’élèvent à chaque extrémité du pont. Cette masse imposante de voûtes contiguës, en apparence si lourde, est allégée intérieurement par une suite de galeries, qui se communiquent d’un bout du pont à l'autre ; par leur moyen on peut explorer l’état des arches sous la chaussée, et les réparer sans interrompre la circulation des voitures. — Il existe même sous chaque trottoir une galerie, par laquelle on pourrait amener les eaux des coteaux de la rive droite de la Garonne, et les distribuer dans la ville.
— Le pont de Bordeaux peut être comparé à tout ce que l’art a achevé de plus beau en ce genre ; mais il est sans comparaison sous le rapport des difficultés qu’ont présenté la rapidité des courants, la profondeur de l’eau et la mobilité du lit de la rivière. — C’est un monument unique par la grandeur et la difficulté de l’entreprise, le style général de la construction, ses détails et surtout la célérité de l’exécution.
— Une porte formant arc de triomphe se trouve sur la place des Salinières, où aboutit le pont ; de l'autre côté de la Garonne la route forme une magnifique avenue.

Port. — Le port de Bordeaux a pour limites, au nord, le magasin des vivres de la marine, et au sud les chantiers de construction ; il offre une courbe de 5,700 m. de développement. La largeur de la rivière devant la place royale est de 660 m. Sa profondeur, sans y comprendre la vase, est de 9 m. à mer haute, et de 5 m. à mer basse ; en tout temps les navires de 500 à 600 tonneaux y peuvent arriver ; ceux d’un tonnage plus élevé sont souvent obligés de laisser une partie de leur cargaison à Blaye ou à Pauillac.
— Le port peut contenir 1,200 navires.
—Situé à 22 lieues de l’Océan, il communique avec la Méditerranée par la Garonne et par le canal du Midi.
— Des quais superbes bordent la rivière et mêlent l’aspect imposant des façades de grands édifices à celui de la forêt de mâts dont le port est toujours peuplé.
— Le beau pont, merveille de l’art, comme le port en est une de la nature, ajoute encore à la majesté du spectacle.

 

Rue de Chapeau Rouge de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur
Rue du Chapeau Rouge - Théâtre, Préfecture et maison Fonfrède
(dessin de Léon Drouyn - Le Magasin pittoresque - 1844)

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Rues. — On compte à Bordeaux 630 rues et 90 impasses. La plus belle et la plus grande rue de la ville est celle du Chapeau- Rouge. Elle commence à la rue Richelieu, sur le Port ; de là, jusqu’au Grand-Théâtre, qu’elle longe, sa largeur en fait plutôt une vaste place oblongue qu’une rue ; au-delà du théâtre, elle se rétrécit, traverse la place Dauphiné, et son prolongement s’étend jusqu’à l’autre extrémité de la ville, qu’elle divise en deux parties égales, l’ancienne ville se trouvant ainsi au sud, et la nouvelle ville au nord. Cette rue est aussi remarquable par les constructions qui la forment, que par son étendue.

Places — Il y en a 43. On remarque celles des Quinconces, Royale, de Richelieu, des Grands-Hommes, de Tourny et Dauphine. Nous en décrirons quelques-unes.
— La Place-Richelieu présente, du côté de la rivière, un très beau massif de maisons, non moins remarquables par leur élévation que par la beauté et l’uniformité de leur architecture.
— La Place-Dauphine, commencée en 1601, reçut son nom, à l’occasion de la naissance du Dauphin, depuis Louis XIII. Sa forme est circulaire ; la grandeur et la régularité des édifices qui l’entourent la mettent au rang des plus belles places de Bordeaux, Le Cours de Tourny, la rue Dauphine et les fossés de l'Intendance y aboutissent.
— La Place des Grands-Hommes, circulaire mais beaucoup plus petite, sert de marché.
— On peut encore citer la Place de l'Entrepôt et celle du Débarcadour.

Cours et promenades. — La plupart ont remplacé les anciens remparts et les fossés de la ville ; ils forment une enceinte ombragée, large et très bien entretenue, présentant une scène perpétuelle d’activité et d’amusement. Ils se déploient sur une vaste étendue.
— Les principaux cours sont ceux de Saint-Louis, de Saint-André, du Jardin-Royal, de Tourny, d'Albret, d’Aquitaine t et des Tanneurs.

 

Jardin public de Bordeaux vers 1860 - reproduction © Norbert Pousseur
Jardin public de Bordeaux (Champ-de-Mars), dessiné par Lancelot ver 1860
(Le Magasin pittoresque - 1866)
Voir ci-dessous la même gravure, zoomable


Jardin-Royal. L’ouverture s’en fit en 1756: après quelques années d’existence, il était un des mieux ornés de l’Europe ; mais il fut dévasté à la révolution et transformé en Champ-de-Mars : on lui a rendu sa destination première, mais non ses ornements. En général, il est triste et peu fréquenté, ce qu’il doit en partie à son éloignement du centre de la ville (il est situé dans le quartier des Chartrons ). Il offre pourtant, sur une surface considérable, de beaux massifs de hauts arbres, de longues allées et de riches pelouses de verdure.
— En général, les promenades à Bordeaux sont inférieures aux autres agréments de la ville, ce qu’on doit attribuer surtout à la monotonie du terrain, partout horizontal.

 

Quai de Bordeaux devant les Qinconces vers 1840- reproduction © Norbert Pousseur
Quai devant les Quinconces, sur l'emplacement du château Trompette
(Le Magasin pittoresque - 1844)

Voir ci-dessous la même gravure, zoomable

 


Terrain du château Trompette. — Ce terrain présente une superficie de 79,183 toises carrées ou 31 hectares. Il était occupé par un château nommé Tropeite, qu’en 1453 Charles VII avait fait construire pour contenir les Bordelais, excités à la sédition par la faction anglaise. Des millions furent dépensés à diverses époques pour agrandir ce château. Vauban en fit une place forte de premier ordre; Cependant les motifs qui en avaient déterminé la construction n’existaient plus depuis longtemps.
— La ville souhaitait ardemment sa démolition : elle lui fut accordée en 1817 par le gouvernement. Au bout de deux années, il ne restait plus aucun vestige de cette vieille forteresse. Sur son emplacement s’exécutent des plans qui contribueront considérablement à l’embellissement de Bordeaux. La plus grande partie du terrain est occupée par la vaste et superbe Place des Quinconces, qui a la forme d’un cirque antique, dont l’extrémité rectiligne borde le quai; ce côté est orné de deux phares qui font le meilleur effet : ce sont de hautes colonnes rostrales, entourées d’attributs et d’inscriptions relatifs au commerce, et surmontées de statues allégoriques. Les côtés latéraux de la place sont bordés de belles allées d’arbres, qui présentent des promenades agréables, et offriront bientôt d’épais ombrages. Par sa partie arrondie, cette place communique avec la Place de Tourny. — Celle-ci est circulaire. Au centre, s’élève la statue en pied et de marbre blanc de l’ancien bienfaiteur de Bordeaux, intendant de la ville, de 1743 à 1757. — A cette place aboutit aussi le Cours de Tourny, spacieux, toujours animé, et qui commence devant le Grand-Théâtre. — D’autres places avoisinent celle des Quinconces, que doivent entourer des maisons hautes et régulières, et les façades de divers établissements publics ; enfin onze rues sont percées dans l’immense étendue du terrain du château Trompette, et ce terrain, au lieu d’affliger la vue et l’imagination par l'aspect sinistre d’une citadelle, offre un magnifique ensemble de constructions et de plantations.

 

Port de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur   Rade de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur   Quai de Bordeaux devant les Qinconces vers 1840- reproduction © Norbert Pousseur

Panorama de Bordeaux vers 1840 - reproduction © Norbert Pousseur   Rue de Chapeau Rouge de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur   Jardin public de Bordeaux vers 1860 - reproduction © Norbert Pousseur

 

 

 

 

 

 

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