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Les villes à travers les documents anciens

 

Les monuments de Bordeaux

Publiée en 1835 par Abel Hugo, frère de Victor Hugo

 

Incendie de la cathédrale de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur
Incendie de la cathédrale St André en 1787, par Sellier
(Le Magasin pittoresque - 1880)
Voir ci-dessous la même gravure, zoomable


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Article extrait de La France pittoresque, publiée en 1835 par Abel Hugo

MONUMENTS


Palais-Royal. — Construit en 1778. Ce palais fut la résidence de l’archevêque jusqu’en 1791. —- Alors l’administration départementale s’en empara et y tint ses bureaux. — Bientôt après s'y établit le tribunal révolutionnaire. —- L’empereur Napoléon en fit, en 1808, un palais impérial. — Le plan de cet édifice est un vaste quadrilatère ; sa principale façade est sur la place de la Cathédrale, place qui est malheureusement fort petite. La porte d’entrée du palais s’ouvre entre deux péristyles uniformes et d’une noble architecture. La façade se compose de deux ordres ioniques et d’une belle balustrade. Une grande cour, ayant à droite et à gauche deux bâtiments symétriques, conduit au perron intérieur. L’édifice impose d’abord par son élévation et son développement. — L’intérieur est distribué avec beaucoup de goût ; le mobilier et les décorations répondent à sa destination. Sur le côté opposé à la façade se trouve un beau jardin. — On regrette que les côtés latéraux soient défigurés par des arceaux où sont établis des arceaux de tout genre.

Place Royale. — Cette place est bordée d’un quai spacieux, flanquée de deux beaux édifices, symétriques et parallèles (la Bourse et la Douane) ; elle est admirablement bien située au centre de l’arc que décrit la Garonne dans la ville. Les édifices qui la décorent sont une des conceptions de l’intendant Tourny. Elle forme un demi-cercle au centre duquel s'élève une jolie fontaine surmontée d’une colonne corinthienne de marbre rouge, la seule des fontaines de Bordeaux qui soit digne d’être remarquée. — Sur le quai, devant la place, sont les deux magasins de dépôt et la plus grande calle des quais (la calle est une jetée en bois qui facilite le déchargement des navires) ; tout est propre, régulier, symétrique autour de cette belle place. — La Bourse forme l’aile gauche. C’est dans la cour intérieure que se rassemblent les négociants. Elle est abritée par une voûte de 20 mètres de largeur sur 30 de longueur et dont le sommet est à 24 mètres du rez-de-chaussée. Cette voûte, construite en planches, est divisée par quatorze lanternes vitrées qui répandent dans la Salle une clarté égale au jour le plus brillant. Cette vaste et superbe salle offre encore pour les fêtes publiques un local unique à Bordeaux. — Sa décoration se composé d’un double rang d’arcades, dont chaque pilier porte le nom d’une des villes commerçantes de l’Europe et qui est couronné par un entablement dorique qui en embrasse toutes les faces. Un balcon règne dans son pourtour; enfin la Bourse est environnée d’un péristyle au rez-de-chaussée où se tiennent les agents de change et les courtiers. Au premier étage du bâtiment de grandes salles sont disposées avec art et destinées aux ventes publiques; d’autres salles, au même étagé (celles du conseil et du tribunal de commerce ), sont décorées avec goût et se recommandent surtout par les peintures de leurs plafonds. Tout l’édifice est éclairé avec le gaz. — La Douane, dont l’aspect extérieur est entièrement semblable à celui de la Bourse, est située sur le côté droit de la place. Elle est, intérieurement, parfaitement distribuée pour sa destination. Sa façade est grande et noble, et comme tous les bâtiments qui entourent la place, elle est décorée d’arcades, de pilastres, couronnée d’une frise et ornée de diverses sculptures de beau style.


Tour de l’Horloge. — Cette tour est l’unique reste de l’ancien hôtel-de-ville, dont la construction n’offrait d’ailleurs rien de remarquable ; mais les quatre tours qui existaient jadis présentaient un ensemble très imposant. Elles avaient été construites en 1246 et étaient hautes de 90 mètres. L’élévation de celle qui reste n’est pas changée, mais le terrain s’est tellement exhaussé que la partie de la voûte sous la cloche se trouve réduite à la moitié de sa hauteur. — La cloche et surtout l’horloge ont passé dans leur temps pour des merveilles. La cloche, fondue au milieu du XVIIIe siècle, et posée en 1775, pèse 15,500 kg, sa hauteur est de 6 pieds et sa circonférence de 17 pieds. — La tour de l'horloge est ovale, surmontée d’un petit dôme et flanquée de deux tourelles.

Hôtel de ville de Bordeaux vers 1840 - reproduction © Norbert Pousseur
Les tours de l'ancien Hôtel-de-ville, vers 1840,
dessiné par Philippe
(in 'La Guienne historique et monumentale' par Alix Ducourneau - 1844)
Voir ci-dessous la même gravure, zoomable

 

L’Hôtel-de-ville et le Palais-de-justice qui l’avoisine, n’offrent rien de remarquable.

Fort du Ha. — Son vrai nom était fort du Far (phare), parce qu’il portait une lanterne qui servait de phare aux navigateurs de la rivière. — Construit par Charles VII en même temps que le château Tropeite (Trompette) ; il ne fut jamais ni beau ni grand. — Il n’en resté qu'une partie laide et délabrée, qui sert de prison et s’élève en face de l’hôpital, sur une place qui porte son nom.

 

 

ÉDIFICES CONSACRÉS AUX CULTES


Églises. — Les églises de Bordeaux, eu égard à l’importance et à l’étendue de la ville, ne sont ni assez nombreuses ni assez belles. La plupart vieilles, noires, tristes, sont incomplètes, soit parce qu’originairement elles n’ont pas été achevées, soit à cause des dévastations qu’elles ont subies. Quelques-unes cependant offrent de curieux échantillons de la belle architecture gothique.
— La plus ancienne de ces églises est celle de Sainte-Croix : l’époque de sa première construction est incertaine, mais des documents authentiques prouvent qu’elle existait en 653. Dévastée par les Normands en 848, elle fut réédifiée trois ans après par Guillaume-le-Bon, duc d’Aquitaine. Sainte-Croix, depuis quelques années, a été l’objet d’embellissements bien entendus. On y remarque entre autres décorations modernes deux chapelles armées de peintures à fresque.

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Cathédrale. — Elle est dédiée à saint André. C’est une antique basilique, vaste, très belle dans plusieurs de ses parties, mais dont l’ensemble, œuvre de divers siècles et de plusieurs architectes, manque d’harmonie et de régularité. Elle n’a point été terminée, elle est mal réparée et reste à demi enclavée dans les constructions qui l’environnent ; elle manque surtout d’un porche et d’une place. On y entre par un des bras de la croisée ; ce bras est flanqué de deux clochers que surmontent deux flèches aériennes de la plus grande hardiesse, et de 150 pieds d’élévation; elles dominent toute la ville. Deux clochers semblables devaient s’élever au bras de la croisée opposée ; on doit les regretter. La nef du chœur est admirable par sa hauteur et par sa symétrie ; c’est ce que l’église offre de plus remarquable. L’édifice, enrichi de superbes détails gothiques, est du XIe siècle; il a 126 mètres de longueur totale. Son clocher, isolé et distant de 25 pas de l’église, fut construit en 1440, et nommé Peyberland, du nom de Pierre Berland, fils d’un paysan de Médoc, qui devint archevêque de Bordeaux. Il avait autrefois, avec sa flèche, 300 pieds de haut et était de style gothique et d’une grande beauté. La flèche fut abattue en 1793, et le clocher, haut encore de 100 pieds, devenu informe à force de dégradations, est aujourd’hui une fabrique de plomb de chasse.
Saint-Seurin est aussi une église antique ; elle renferme plusieurs tombeaux de différentes époques. C’est une coutume fort ancienne, chez les mères et les nourrices du Bordelais, de se rendre chaque année, au mois de mai, dans la chapelle souterraine de l’église Saint-Seurin, où sont renfermées les reliques de saint Fort, pour faire baiser son tombeau à leurs nourrissons. Ce saint a la réputation d’être favorable à la santé des petits enfants ; un nombre considérable de femmes y viennent donc faire dire les évangiles sur la tête de leurs nourrissons. L’efficacité de cette lecture n’est pas bien démontrée ; il est plus certain que l’extrême fraîcheur de l’église, opposée à l’extrême chaleur et à l’air étouffé du caveau, où la foule entasse, nuit aux faibles créatures qu’on y transporte.
Eglise Saint-Michel. —- Construite en 1160, d’un style d’architecture plus pur que celui de l’église Saint-André, elle est plus petite que celle-ci et plus noire, plus lugubre encore ; son clocher, également isolé, énorme, mutilé, fut construit en 1480, et avait ( avec la flèche ) 300 pieds d’élévation. On ne peut trop regretter la perte de cette flèche, une des hautes et des plus hardies de l’Europe, et qui s’écroula en 1768 sous l’effort d’une tempête. Le clocher, fort haut encore, mais défiguré, porte un télégraphe qui fait partie de la ligne de Bayonne et Paris. Sous ce clocher est un caveau circulaire, qu’on nomme le charnier de Saint-André, où l’on a jeté les ossements provenant d’un cimetière voisin, et qui forment une couche de 17 pieds d’épaisseur sur 20 pieds de diamètre et sont recouverts d’une couche de terre ; ce nouveau plancher s’élève jusqu'à la courbe de la voûte; autour de cette voûte sont rangées et soutenues debout 90 momies fort curieuses, et la plupart très bien conservées. La chaleur du climat et surtout la nature dessiccative du terrain du cimetière, ont empêché toute putréfaction : la chair des momies est donc transformée en une substance semblable à l’amadou ; la peau est une basane parfaitement tannée ; les dents, les ongles, les poils, les cheveux de l’épiderme sont intacts ; l’apparence de ces spectres est celle de mulâtres d’une grande maigreur. Il est facile de reconnaître en eux, non-seulement le sexe et l’âge, mais le genre de physionomie, les accidents et presque les habitudes du corps. Parmi les momies de femmes on en distingue plusieurs qui furent fort belles dans leur temps, et parmi les cadavres masculins on en remarque un d’une taille gigantesque et un autre dont la poitrine percée d’un coup d’épée offre encore la trace de la blessure mortelle. Ce charnier, qui n’a d’ailleurs aucune odeur, est rendu beaucoup plus romantique encore par la lumière blafarde et incertaine des flambeaux à l’aide desquels il est journellement visité par les étrangers.
Église Saint-Paul. — C’est une des plus modernes et des mieux construites de Bordeaux. On admire au maître-autel une statue colossale de saint François-Xavier, accompagnée d’ornements allégoriques, le tout en marbre blanc et d’un travail exquis. C’est le premier chef-d’œuvre du célèbre Coustou, qui l’exécuta à l’âge de 27 ans.
Église du collège royal. — Elle possède plusieurs bons tableaux; mais ce qui la rend insigne entre toutes, c’est le tombeau de Michel Montaigne, érigé en 1614 par Françoise de Chassaigne, son épouse. Ce monument est simple, en marbre blanc, et n’offre d’autres décorations que deux inscriptions, l’une grecque, très emphatique, l’autre latine, fort longue et à peu près inintelligible. Quoi qu’il en soit, le luxe des mots inutiles ne peut étouffer le grand nom de Montaigne.
Eglise Saint-Bruno, autrefois celle de la Chartreuse. — Le style en est purement italien. L’intérieur se compose d’une nef et de deux réduits latéraux. La voûte de la nef a été entièrement peinte à fresque, en 1771, par le célèbre décorateur Berinzago et par son élève Gonzague. Cette église présente de beaux détails d’architecture et de curieux effets de perspective ; mais le coloris des peintures est fané. — Le chœur est revêtu de mosaïques précieuses ; six belles statues décorent la nef. — Parmi les édifices de l'ancienne Chartreuse qui restent sur la place de l’église, on remarque à gauche une chambre assez vaste, dite l'oreille de Caligula, dont la disposition est telle que le son d’une voix articulée très bas s’y répercute distinctement à l’angle opposé.
Temples. — Les protestants de Bordeaux ont deux temples qui, sous le rapport monumental, n’ont droit à aucune distinction.
Synagogue. — Reconstruit il y a peu d’années, cet édifice est un beau monument, d’un style original, et qu’on pourrait dire purement biblique.

 

HOPITAUX, ETC


Bordeaux vient de s’enrichir d’un édifice auquel peu d’autres peuvent se comparer : le grand hôpital, à peine terminé, est situé au haut de la ville et dans son quartier le plus sain; sa façade est sur la place du fort du Ha. Les trois autres côtés du vaste carré que couvre l’établissement sont isolés. La façade est décorée à son centre d’un frontispice de quatre colonnes doriques, un dôme s’élève au-dessus du fronton ; en général l’édifice n’est pas remarquable par la somptuosité de son architecture, mais par la sagesse de sa distribution ; un puits immense lui procure en abondance une eau excellente, la circulation de l’air est prompte et facile : cinq cours d’eau et huit jardins contribuent, ainsi que l’élévation du terrain, à un parfait assainissement. — Cet hôpital, où rien n’a été oublié, offre aux malades 710 lits ordinaires et 18 chambres particulières pour les malades qui peuvent payer ; l’édifice n’a qu’un premier étage et un séchoir. La chapelle, propre et de bon goût, est située au centre de la façade principale qui en reçoit sa principale décoration.
L'hôpital Saint-André, le plus ancien de la ville, avait été construit en 1390. Il menace ruine, c’est pour le remplacer qu’on a construit le grand hôpital.
Hospice des aliénés. C’est le premier de ce genre (prétendent les Bordelais) qu’on ait élevé en France; il ne date cependant que de l’an XII de la République: le style en est simple et modeste, convenable à sa destination, et produit un effet moral qu’on a su apprécier ; le plan en est bien entendu et régulier.
La maison des enfants trouvés fut fondée par madame de Gourgues, dont ainsi le nom s’associe à celui du saint par excellence, de Vincent de Paule. La maison est vaste, elle renferme une belle cour et de grandes dépendances.
Les hospices des incurables, celui de la maternité et des incurables, les bureaux de charité, etc., peuvent être encore cités avec éloge.

Cimetière. — Il est situé dans l’ancien vignoble des Chartreux et fut établi lors de l’utile suppression des cimetières de paroisse. C’est un vaste espace carré, entouré et traversé par une allée de sycomores que bordent un grand nombre de tombes dont plusieurs sont fort belles. Celle qui réveille le plus de souvenirs est la tombe de Madame Moreau, veuve de l’illustre général, si longtemps renommé par ses talents militaires, ses vertus civiques et son républicanisme désintéressé ; Moreau tombé sur un champ de bataille avant d’avoir pu faire connaître aux Français les motifs qui le ramenaient en Europe, méritait de mourir ailleurs que dans les rangs étrangers. On a depuis 1814 voulu exploiter sa gloire républicaine au profit de la restauration ; nous avons quelques raisons d’affirmer que Moreau, en 18l2, ne songeait pas aux Bourbons, et que le seul motif de son retour était l’affranchissement de la France de ce qu’il appelait la tyrannie impériale.
Les Juifs ont un cimetière à Bordeaux; les protestants en ont deux.

 

ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES

Bibliothèque. La Bibliothèque publique occupe un vaste local et contient maintenant 110,000 volumes ; elle fut fondée en 1738 et s’accrut surtout lors de la destruction des couvents dans le département, leurs bibliothèques ayant été réunies à celle de la ville. Outre une vaste collection de livres relatifs à toutes les branches des connaissances humaines, on y trouve un assez grand nombre de livres rares et curieux, des éditions du XVe siècle et plusieurs manuscrits précieux. Le gouvernement a enrichi cette bibliothèque de plusieurs ouvrages d’un grand prix.
Musée d’histoire naturelle et des antiques (dans le même local que la bibliothèque). L’ornithologie et la minéralogie y sont les deux parties les plus riches de la collection d’histoire naturelle. — L’insuffisance des fonds destinés à l’entretien et à l’augmentation des collections diverses qui composent ce cabinet explique la pénurie du reste. — Le dépôt d’antiques n’est pas riche non plus; il n’offre que des fragments d’un intérêt secondaire. Il est vrai de dire que toutes ces collections ne sont commencées que depuis peu d’années. On en trouve dans la ville d’autres du même genre qui sont des propriétés particulières, mais très accessibles aux amateurs.
Musée de tableaux. Formé aussi depuis peu d’années, il possède cependant un assez grand nombre de bons ouvrages, surtout de l’ancienne école française ; l’école moderne l’a orné aussi de plusieurs tableaux tels que le Baptême de Clorinde, Bajatet et le Berger, les Adieux d’Hector, Jésus guérissant un possédé ; et les écoles flamandes et italiennes y ont aussi fourni des peintures de grand prix. Les tableaux occupent deux jolies salles rondes, éclairées par la coupole ; entre les deux salles se trouve celle des plâtres où l’on remarque deux belles statues modernes, en marbre blanc, et une statue de femme antique d’un excellent travail.
Jardin des plantes. Ce jardin contient une collection considérable de plantes indigènes et exotiques, qui, tous les jours, continue à s’enrichir des plus belles espèces. Le jardin est ouvert aux étrangers seulement. — On y fait un cours de botanique qui commence ordinairement dans le courant d’avril.
Pépinière départementale. Elle couvre une superficie de cinq hectares et contient des arbres de toute espèce. — On y voit une salle d’instruments et d’outils aratoires, où se trouvent réunis des modèles de tout genre. — Les faubourgs et la banlieue de Bordeaux offrent une grande quantité de pépinières dont les propriétaires rivalisent entre eux pour le nombre et le choix des espèces. — Une belle plantation d’oliviers existe dans le jardin dit Jardin de Flore.

 

THEATRES

Le Grand théâtre de Bordeaux est, ainsi que le pont de cette ville, un monument sans égal en Europe. Paris, Londres, l’Italie, possèdent des salles plus vastes, divers théâtres, en quelques pays, sont plus somptueux, mais dans l’ensemble le théâtre de Bordeaux les surpasse tous. Vastes dimensions, isolement, style excellent, situation avantageuse à la jonction de l’ancienne et de la nouvelle ville et au centre des deux parties réunies, façade magnifique sur une grande place ( les trois autres côtés bordés d’arcades et sur trois belles rues ), plan symétrique, intérieur parfaitement distribué, surtout sous le rapport de l’optique et de l’acoustique, tout contribue au mérite de ce superbe monument. — Le fameux Louis, architecte du duc d’Orléans, en fut l’architecte. Il eut à lutter contre l’opposition opiniâtre du parlement de Bordeaux, et s’il n’avait pas été soutenu de la protection du duc de Richelieu, gouverneur de la ville, le théâtre dont Bordeaux s’honore à juste titre n’aurait pas été construit. —Trois années et 3,000,000 fr. furent employés à sa construction ; l’ouverture s’en fit le 8 août 1780. — On y représente la tragédie, la comédie, l’opéra avec tous ses accessoires de décorations, de machines, de musique et de danse. — La salle, moins spacieuse qu’on ne s’y attendrait, à en juger par l’extérieur de l'édifice, peut néanmoins contenir 4,000 spectateurs : elle a deux amphithéâtres et deux rangs de loges séparées par des colonnes d’ordre composite.
— Une machine aussi simple qu’ingénieuse sert au besoin à élever le parterre au niveau de la scène, et à changer le théâtre en salle de bal. On doit des éloges à la grande galerie d’été, au foyer, et surtout on admire le vestibule ainsi que l’escalier double et le superbe péristyle de la façade qu’ornent douze colonnes corinthiennes et les statues des Grâces et des Muses.
Théâtre français. — Il tient le second rang à Bordeaux. On y représente les pièces de second ordre, les vaudevilles principalement, quelquefois aussi la haute comédie et le mélodrame. L’édifice est de construction moderne et de tout point médiocre. Les décors ne sont pas de meilleur goût, etc. — Une façade faisant pignon à l’angle de deux rues, et décorée d’un péristyle, est ce que ce théâtre offre de mieux.

 

ÉTABLISSEMENTS DIVERS

Entrepôt. Ce vaste édifice, situé sur le terrain du château Trompette, est très moderne; mais à son style lourd et sévère, à son apparence générale on le croirait quelque ouvrage antique.
Il se compose d’un rez-de-chaussée, d’un premier et d’un second étage, une grande salle en occupe le centre : les arcs de cette salle forment des murs de refend et supportent les comble ; les appartements sur la façade sont affectés aux logements et aux bureaux ; les magasins sont isolés de tout endroit où l’on puisse faire du feu. — Toutes les fenêtres sont en ogives, ce qui contribue à donner à l’édifice un aspect fort singulier.
Manufacture des tabacs. Elle occupe ordinairement de 400 à 500 ouvriers des deux sexes, et approvisionne huit départements voisins. Elle expédie en outre à d’autres entrepôts des tabacs de haut prix et de qualités supérieures, dont la fabrication a atteint dans ses ateliers une grande perfection. — Les bâtiments de la manufacture forment un groupe qui enclôt une cour spéciale, autour de laquelle règne un péristyle, soutenu par des piliers de pierre. Les constructions sont d’un style imposant et simple à la fois ; la cour est ornée de deux rangs de beaux platanes. Au fond de la cour se trouve l’atelier du râpage, dans lequel 200 ouvriers sont journellement employés. Derrière une seconde cour est un magasin remarquable par sa solidité et son étendue, destiné à recevoir l’approvisionnement du tabac en feuilles. Il peut contenir 1,500,000 kilog. de tabac. Un grand puits et le ruisseau de Peugue procurent à la manufacture une quantité d’eau plus que suffisante à tous ses besoins.
Abattoir général. Cet édifice, à peine terminé, s’élève sur l’emplacement qu’occupait le fort Louis, ancienne forteresse, depuis longtemps ruinée et inutile. L’abattoir de Bordeaux fut commencé en 1827, et s’est exécuté (avec une dépense de 700,000 fr. ) sur un plan aussi vaste que bien entendu ; il offre de grandes salles, bien aérées, arrosées de manière à faciliter l’abattage des bestiaux et les manipulations diverses auxquelles cet abattage peut donner lieu.
Chantiers de construction. Divers établissements de ce genre sont situés le long du port, dans les parties nord et sud.— Outre les bâtiments ordinaires, diverses prames et frégates y ont été successivement construites depuis 1759. La construction est loin d’y être aussi active que jadis ; mais elle est toujours renommée pour la solidité et la marche des navires.
Bains publics. Les premiers qui furent établis à Bordeaux ne datent que de 1763. Comme ils obstruaient les quais, ils viennent d’être remplacés par deux beaux bâtiments, dont l'un est près de la Bourse, et l’autre, à la droite de la place Lainé. Ces deux édifices quadrilatères ont 33 mètres de façade sur chaque côté ; ils se composent d’un rez-de-chaussée élevé de 4 pieds au- dessus du sol, d’un premier étage et d’un attique surmonté d’une terrasse décorée de vases et d’orangers. — Du haut de cette terrasse les promeneurs découvrent le port, le cours de la Garonne et les coteaux pittoresques qui, de Lormont à Bouillac, bordent la rive droite de la Garonne ; des parterres et des bosquets, défendus par une grille de fer, entourent les deux hôtels. La distribution intérieure est bien entendue, et chaque édifice renferme, outre les bains ordinaires et leurs dépendances, un réservoir contenant environ 1000 barriques d’eau amenée de la Garonne, des bains médicinaux de toute espèce, des caisses fumigatoires, des étuves, des appareils de douches et des eaux minérales factices pour bains et pour boissons.

 

LES ENVIRONS DE BORDEAUX.


Hippodrome. Il est situé à 2 lieues de Bordeaux, et occupe un emplacement de 2,000 mètres sur chaque côté. Les courses de chevaux y ont lieu du 1er au 10 juillet de chaque année. — Trois sortes de prix y sont distribués : quatre prix locaux, quatre d’arrondissement, et un prix principal. — Le lendemain des courses il se tient, sur le même emplacement, une foire aux chevaux qui donne lieu à de nombreuses transactions commerciales.
Ferme expérimentale. — Elle est située à Arlac, près de Pessac, et a été fondée en 1823. On y fait de nombreux essais en tout genre. Le bétail est l’objet de la principale sollicitude du directeur. — Aussi y voit-on de beaux troupeaux, et même des chèvres du Tibet, qui y réussissent à merveille. Les plantations et toutes les espèces de culture y reçoivent les soins les plus éclairés.
Talence. — Des communes qui composent la banlieue de Bordeaux, c’est la plus saine et la plus riante, — Son territoire est un grand plateau, que décorent nombre de belles maisons de campagne. — L’une d’elles passe pour le petit Chantilly du pays : la décoration des jardins, et surtout celle des bosquets, la rend très remarquable aux yeux des Bordelais. Diverses allées ont reçu les noms des statues ou des monuments qu’elles présentent : telles sont les allées du Cénotaphe, de Nina, de l’Enfant prodigue, etc. ; des allégories qu’on veut trouver ingénieuses donnent un caractère particulier à chaque partie du parc ; des bustes, des groupes, qui imitent le plus servilement possible la nature, des statues de plâtre, peintes avec des couleurs variées et accompagnées d’inscriptions en vers qui en expliquent les sujets s'offrent partout à la vue. C’est le triomphe du mauvais goût.
Un beau vivier, une volière animée, un bois parsemé d’arbres exotiques, sont des beautés réelles, qui fout oublier un peu ces décorations ridicules. — La maison principale est d’ailleurs d’une construction simple et convenable ; elle ne manque ni de noblesse ni d’élégance.
Cauderan. — Cette commune est située à une demi-lieue (à l’ouest) de Bordeaux. Un grand nombre de maisons de campagne l’embellissent. C’est un lieu qui est visité habituellement par les Bordelais, et qui en outre deux fois par an, le mercredi des Cendres et le lundi de Pâques devient le rendez-vous de la population. Le mercredi des Cendres on y va manger des escargots à un sou pièce, c’est le mot d’usage. Cette joyeuse fête n’est qu’une dernière explosion des joies du carnaval. Pendant plusieurs heures la route de la ville au village est couverte de masques grotesques et de piétons en belle humeur. L’affluence est la même le lundi de Pâques, mais les mascarades ont cessé ; c’est l’agneau pascal qu’on va y chercher. Cauderan fournit la majeure partie du lait qui se consomme à Bordeaux.
Le Bouscat et Bruges sont les deux communes les moins agréables de la banlieue ; cependant elles renferment de jolies maisons de campagne, qui, malgré le voisinage des marais, sont toujours, dans la belle saison, visitées par les promeneurs.
Bègles fournit presque tous les légumes qui se consomment à Bordeaux. On les y apporte sur des ânes de petite espèce, ce qui a donné lieu à cette locution : Aze de Bègles, pour désigner un imbécile.

 


Article extrait du Magasin pittoresque de 1844

 

La cathédrale de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur
La Cathédrale vers 1850, dessiné par F. A. Pernot
(in 'les Beautés de la France' de Girault de Saint-Fargeau - 1855)
Voir ci-dessous la même gravure, zoomable

 

ÉGLISE CATHÉDRALE.
Ce n’est pas seulement par son titre de cathédrale que Saint-André est la première église de Bordeaux ; elle l’est encore par ses dimensions et par la beauté de son architecture. Sa longueur totale n’est pas moindre de 140 mètres; celle de son transept est de 44m,26 ; la nef, longue de 72 mètres, large de 18 mètres, dont la voûte est soutenue par sept piliers, est remarquable et par sa hardiesse et par le mélange des divers styles d’architecture ; on y retrouve le style roman du douzième siècle dans la partie inférieure des murs de l’ouest, décorée d’arcades cintrées dont les chapiteaux présentent les feuilles à crochets, les animaux symboliques de cette époque; le style du dix-huitième siècle dans les fenêtres ogivales, avec colonnettes élancées ; le style du quinzième siècle dans les nombreuses arêtes de la partie de la voûte à l’ouest, dans les sculptures si coquettes de ses clefs. Le chœur de l’église, son transept, ses portails nord et sud, appartiennent au quatorzième siècle. L’archevêque Bertrand de Got, plus tard le célèbre Clément V, qui prononça la condamnation des Templiers, contribua beaucoup à l’achèvement de cette partie de l’édifice, et l’on voit sa statue sur le pilier isolé du portail nord; sur les côtés de ce portail sont figurés les six cardinaux, presque tous de sa famille, qu’il nomma peu après sa nomination à la chaire de Saint-Pierre. Entre les contreforts sont percées les fenêtres qui éclairent les chapelles autour du chœur; ces contreforts soutiennent des arcs rampants qui vont contrebuter la poussée des voûtes du chœur. Des détails seuls pourraient reproduire la finesse et en même temps la richesse des sculptures qui ornent cette partie. Chaque contrefort est décoré de plusieurs niches surmontées de clochetons; des pyramides ornées de crochets dissimulent les nombreuses retraites du mur.


Derrière le chevet apparaissent les flèches qui couronnent les tours entre lesquelles s’ouvre le portail nord. Les tours seules ont 45 mètres d’élévation, les flèches 40 mètres; ainsi c’est à une hauteur de 85 mètres au-dessus du sol que s’élèvent les sommets de ces gracieuses pyramides si légères, si brillantes. Vers 1824, leur mauvais état avait fait concevoir le projet de les démolir, et c’est à un architecte de Bordeaux, M. Poitevin, que l’on doit leur conservation. Voici quelques détails que nous avons déjà donnés sur ce sujet dans les actes de l’Académie de Bordeaux : Quelques dégradations dans les flèches et la crainte d’un accident qu’augmentait sans doute le souvenir de l’écroulement de 1820, causèrent en 1824 de nouvelles alarmes qui firent une impression assez vive sur l’esprit de la population pour éloigner du service religieux un grand nombre de personnes. Le clergé, qui partageait ces craintes, en entretint le préfet, M. de Breteuil, il n’hésita pas à demander de faire disparaître ces dangereux obélisques suspendus sur sa tête comme le glaive de Damoclès. Le préfet, dans l’intérêt de la sûreté publique, avait adopté l’idée de démolition qu’on venait de lui suggérer, lorsqu’il trouva dans M. Poitevin, qui avait succédé à M. Combes dans le poste d’architecte du département, une résistance d’autant plus énergique à exécuter cette volonté, que cet artiste appréciait ces flèches à leur véritable valeur, et qu’il était assuré de trouver un moyen de rendre leur chute presque impossible. Des études furent dès lors autorisées et aussitôt entreprises. Rendre ces flèches solidaires d’un autre système plus élastique que la pierre, qui leur communique sa propriété, telle fut l’idée de M. Poitevin, idée qu’il réalisa en établissant à l’intérieur un système ingénieux de charpente auquel ces flèches sont liées, et qui en facilite l’entretien et l’examen journalier. Ce projet reçut en 1824 l’approbation du conseil des bâtiments civils, et fut exécuté quelques années plus tard.

 

Pey-Berland et cathédrale de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur
Clocher de Pey-Berland et église cathédralede St André
(Léo Drouyn - Le Magasin pittoresque - 1844)
Voir ci-dessous la même gravure, zoomable

On voit dans cette seconde gravure une forte tour carrée et découronnée : c’est la tour de Pey-Berland, que l’on avait vainement tenté d’abattre en 1793. Aujourd’hui, comme la tour de Saint-Jacques-la-Boucherie, à Paris, c’est une fabrique de plomb de chasse.
Une inscription incrustée sur l’une des faces apprend que les fondements de cette tour furent jetés en 1440 sur l’emplacement d’une ancienne fontaine, supposée pendant longtemps, probablement à tort, être la fontaine chantée par Ausone, fons divina, et dont on ignore aujourd’hui la position. Ce monument gigantesque fut érigé par les soins du vénérable Pey-Berland (Pey, en gascon, veut dire Pierre), un des prélats les plus vertueux et les plus éclairés dont le diocèse de Bordeaux puisse s’enorgueillir. De nombreuses fondations attestent son goût pour les arts, son amour pour la science et son zèle pour la religion. Il établit à Bordeaux une université ; le pape Eugène IV lui en accorda l’autorisation. Il fonda le collège Saint-Raphaël, destiné à élever à l’état ecclésiastique douze écoliers pauvres ; il dota un hospice pour les pauvres dans le faubourg Saint-Sevrin. Son corps fut déposé dans l’église Saint-André contre le chœur; on y voit encore sa statue : au-dessous était autrefois renfermé dans une cage grillée le bréviaire de l’illustre prélat ; mais ce livre a disparu pendant la révolution, et la place où il se trouvait a été occupée, il y a peu d’années, par une inscription en latin, dont les caractères imitent la forme des lettres gothiques. Au-dessous se trouve un médaillon de la même époque que la statue ; il porte en légende les mots : Imaginent parvam venerabilis Pétri aspice supra : Voyez ci-dessus la petite statue du vénérable Pierre.

 

Église Sainte Eulalie

Sainte Eulalie de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur
Bordeaux. — A droite, l’église Sainte-Eulalie. A gauche, la caserne Saint-Raphaël.
Au fond, les deux flèches de la cathédrale Saint-André (Le Magasin pittoresque - 1844)
Voir ci-dessous la même gravure, zoomable

Sur de moindres dimensions, le clocher de l’église Sainte-Eulalie offre quelque ressemblance avec celui de Pey-Berland. Tous deux ont perdu leur pointe ; mais le renversement de la flèche du clocher Sainte-Eulalie fut l’œuvre de la foudre, qui l’abattit au commencement du dix-neuvième siècle. Ce clocher n’est pas tout entier de la même époque ; la base peut être du douzième siècle ou du commencement du treizième ; le dernier étage de la tour est seul du quinzième. Cette surélévation est aisément reconnaissable à la richesse des ornements, aux arcs en doucine, aux crosses végétales qui se font remarquer dans cette addition, et aussi à la forme des contreforts qui cessent de s’élever sur des bases carrées pour prendre la forme de pyramides engagées. La petite tour qui renferme l’escalier cesse d’avoir pour base un carré ; les angles sont coupés, le carré s’est transformé en octogone.

Comme son clocher, l’église Sainte-Eulalie appartientà diverses époques. La partie la plus ancienne paraît être du douzième siècle ; c’est le style de quelques chapiteaux qui ont survécu aux restaurations; c’est aussi le style de quelques travées, de quelques fenêtres des nefs latérales. Au quatorzième siècle, on refit la plus grande partie des voûtes ; enfin au quinzième, en même temps que l’on élevait le clocher, on construisit l’abside sur laquelle sont répandus tous les ornements de cette époque. Une inscription placée contre cette abside apprend que cette partie de l’église fut exécutée aux frais de Ives de Campanle, un de ses bénéficiers.
Mais si, en interrogeant le style architectural de l’église Sainte-Eulalie , il n'est pas permis de la faire remonter au-delà du douzième siècle, les documents historiques attestent l’existence d’une ancienne église sous l’invocation de la même sainte, et qui remontait au cinquième siècle. Dans la vie de saint Waning, on trouve mentionnée l’existence d’un monastère de filles, dont Hildemarche était abbesse à cette époque. Les chroniques rapportent aussi que Charlemagne revenant de Lectoure déposa dans cette église les reliques de saint Clair, saint Justin, saint Géronce, saint Babyle, saint Jean, saint Polycarpe, saint Sévère. Ces restes existent encore et donnent lieu, tous les ans, à une procession, qui remonte au cardinal de Sourdis. Cet archevêque, voulant reconnaître l’existence de reliques que la tradition seule assurait être déposées dans l’église Sainte-Eulalie, fit ouvrir les lieux où elles étaient renfermées. De nombreux témoins pris parmi les plus élevés de la cité furent appelés à cette cérémonie qui se termina par une procession solennelle. Plus d’une fois le calme religieux fut troublé par les querelles des chapitres de Saint-André et de Saint-Sevrin, qui faillirent en venir aux mains au sujet de la question de prérogatives et de places d’honneur.

Le côté gauche de la gravure présente un bâtiment couronné d’un fronton, et dont les dimensions semblent annoncer un monument public : c’est la caserne Saint-Raphaël . Ce bâtiment n’a reçu cette destination que bien postérieurement à sa construction. D’après un arrêt du conseil d’état du 19 mars 1754, qui autorisa les maire et jurats à démolir la porte dite de Sainte-Eulalie, et l’ancien mur de cette ville qui s’y liait, on avait conçu alors le projet de construire sur ce terrain un hôpital des enfants-trouvés, un petit séminaire, et «autres maisons servant à loger des particuliers.» Trois ans après, des lettres-patentes de décembre 1757 autorisèrent la construction sur ce lieu d’une maison destinée à servir de prison et d’hospice. Ce local n’a pas reçu la destination pour laquelle il fut érigé. Il servit d’abord d’usine, en 1775, pour la fonte du clocher de l’Hôtel-de-ville ; quelque temps après le séminaire ou collège de Saint-Raphael, dont nous avons déjà mentionné la fondation par Saint Bernard, archevêque de Bordeaux, fut transféré dans ce local, où il resta jusqu’au moment de la Révolution, époque où la besoin de nouvelles et vastes prisons le fit adopter pour cet usage. Enfin l’an IV, il fut affecté au service de la guerre comme caserne d’infanterie ; et un décret impérial du 25 août 1810 remit ce bâtiment en propriété à la ville de Bordeaux pour être affecté au casernement. Tel est l’historique de cet édifice où aujourd’hui il est question de placer l’école secondaire de médecine.

 


 

Incendie de la cathédrale de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur    Sainte Eulalie de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur

Hôtel de ville de Bordeaux vers 1840 - reproduction © Norbert Pousseur      La cathédrale de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur      Pey-Berland et cathédrale de Bordeaux - reproduction © Norbert Pousseur

 

 

 

 

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